La Dépêche

Corpus:
Chambers-Rostand (E)
Nom de fichier:
La Dépêche
Contact:
Angela Chambers, Séverine Rostand, Université de Limerick, Irlande
Niveaux d'annotation:
Annotation automatique
Statut de l'annotation:
automatique
Type:
presse écrite
Sous-type de texte:
presse quotidienne régionale
Modalité:
écrit
Sample address:
/annis-sample/chambers-rostand/1_D_C_120402.html
Texte:
TOULOUSE - OPERA . LA PREMIÈRE DES « MAÎTRES CHANTEURS » OVATIONNÉE Steinberg et Joël allègent Wagner Il est près de minuit lorsque le rideau tombe ce mercredi soir au Théâtre du Capitole sur la dernière scène de l' opéra de Richard Wagner , « Les maîtres chanteurs de Nuremberg » . Le spectacle a duré six heures , avec deux longs entractes . Le public libère spontanément une ovation . Malgré l' heure tardive et le dernier métro prévu à minuit quinze , les applaudissements durent . Nicolas Joël , le metteur en scène , et les décorateurs de la production , Jean-Marc Stehlé et André Fontaine , sont eux aussi acclamés : leur reconstitution minutieuse d' une ville de Nuremberg populaire et heureuse a visiblement rallié tous les suffrages . Servie par un décor à la fois monumental et astucieux , cette représentation d' une Allemagne idéale , utopique , se regarde , il est vrai , comme un beau livre d' images et permet à la musique de conserver tous ses droits . En phase avec le plateau , la direction musicale alerte , claire , sans boursouflure , de Pinchas Steinberg , allège le discours orchestral , y compris dans l' exposé du thème pompeux des maîtres , souligne avec raffinement les détails instrumentaux au pupitre d' un Orchestre national du Capitole souple et techniquement sûr . Dominée par le Hans Sachs de Wolfgang Brendel , accueilli triomphalement mercredi , la distribution masculine nous vaut d' entendre une brochette de belles voix chez la corporation des maîtres chanteurs . Wolfgang Brendel , présent à la répétition générale et le soir de la première , campe avec naturel un Sachs vrai , capable d' emportement , habile à exprimer toutes les facettes du personnage . Vocalement , il domine sans faiblir et , toujours avec intelligence , les longs monologues qui accompagnent le rôle écrasant du cordonnier-poète . La voix est riche sur toute la tessiture , le chanteur sait donner du sens aux mots , varier les couleurs . A ses côtés , Guido Jentjens est un Pogner au chant soutenu et Ralf Lukas campe un Beckmesser presque sympathique , bien chantant et excellent comédien . Autre ( très ) bonne surprise de la distribution , le ténor finlandais Jorma Silvasti interprète un Walther juvénile , ardent , amoureux , assumant jusqu'au bout avec vaillance ce rôle héroïque , pendant que Gert Henning-Jensen s' impose comme un excellent comédien en David . Dommage que Miranda van Kralingen peine à trouver ses marques dans le rôle d' Eva , tant vocalement que scéniquement , et que Cornelia Wulkopf frôle la caricature dans sa manière de jouer Magdalena . Aucune réserve , en revanche , en ce qui concerne le Choeur du Capitole , renforcé de chanteurs allemands : au dernier acte , les interventions chantées de la foule ont l' ampleur qui convient à ces moments de liesse . Au Théâtre du Capitole ( place du Capitole ) les 17 et 24 avril à 18 heures , les 14 et 21 avril à 15 heures . Le spectacle est surtitré en français . Tél . 05.61.63 . 13.13 . Au Capitole , l' ouvrage de Wagner est servi par d' excellents chanteurs et une réalisation grandiose . - Photo DDM , Xavier de Fenoyl