La Dépêche

Corpus:
Chambers-Rostand (E)
Nom de fichier:
La Dépêche
Contact:
Angela Chambers, Séverine Rostand, Université de Limerick, Irlande
Niveaux d'annotation:
Annotation automatique
Statut de l'annotation:
automatique
Type:
presse écrite
Sous-type de texte:
presse quotidienne régionale
Modalité:
écrit
Sample address:
/annis-sample/chambers-rostand/1_D_C_140103.html
Texte:
FIGEAC ( 46 ) - UN MILLIER DE SPECTATEURS ENVOÛTÉ PAR « L' ENLÈVEMENT AU SÉRAIL » Un opéra pour une leçon de tolérance Composée par un Mozart qui n' avait pas encore 26 ans , cette oeuvre reflète à la fois les valeurs et le tempérament ardent du musicien . « L' Enlèvement au Sérail » fut créé à Vienne en 1782 et devait être le premier opéra écrit en langue allemande . A cette époque , l' Orient fascine déjà les Européens . Outre le charme de l' exotisme , il permet aux artistes de critiquer les régimes autoritaires en place . L' aspiration à la tolérance politique et religieuse monte partout . Mozart , après Molière , Montesquieu et Voltaire , n' y échappe pas . Sa « turquerie » va faire se confronter deux mondes , confrontation qui s' achèvera par une fin pacifique ... Cette rencontre de deux mondes ne pouvait que séduire Olivier Desbordes , qui décrit ainsi son travail sur l' oeuvre de Mozart : « '' L' Enlèvement au Sérail '' est un singspiel , c' est-à-dire une comédie musicale alternant chant et textes parlés . Nous avons choisi la traduction de 1859 réalisée pour l' Opéra de Paris . Ce choix exprime notre volonté de faciliter la compréhension du récit et de suivre le vrai sens de la fable contée par Mozart qui n' est autre qu' une belle leçon de tolérance . J' ai donc choisi un univers oriental , réaliste , fidèle , avec son thé à la menthe , son sens de l' accueil ... C' est une farce , on peut rire , mais on ne rit que du défaut de chacun , des situations , pas de la différence culturelle . Car le vrai sujet est , comme toujours chez Mozart , l' amour . Comment s' aimer ? » TRIOMPHE D' UNE OEUVRE DEPOUSSIEREE La salle de l' espace François-Mitterrand a été entièrement métamorphosée pour l' occasion . La scène habituelle était masquée par une somptueuse teinture semée d' étoiles . En contrebas , une tente de bédouins abritait des musiciens en djellaba et chaussés de babouches . Des nattes et des tapis colorés constituaient la scène au beau milieu de la salle . Cette configuration évoquait les théâtres italiens d' autrefois . Ainsi placés , les spectateurs se retrouvent plus que jamais à l' intérieur de l' histoire , face aux personnages et aux instruments de musique . Constance , fiancée à Belmonte , jeune noble espagnol , sa servante , Blonde , et Pedrillo , serviteur de Belmonte , après leur capture par les pirates barbaresques , ont été livrés au pacha Selim . Celui -ci s' éprend follement , mais en vain , de la belle Constance . Et Osmin , le redoutable cerbère du sérail aimerait , lui , bien séduire Blonde . L' arrivée , sous une fausse identité , de Belmonte , va impêcher ces deux projets ... Réflexion tour à tour souriante et profonde sur les problèmes de coeur , « L' Enlèvement au Sérail » est à voir , de préférence avec une personne très proche de soi . En effet , toutes les phases d' un attachement durable s' y trouvent : patience , opiniâtreté , mises à l' épreuve , ouverture d' esprit , etc . Les interprètes , qu' il était plaisant de voir arriver sur scène par les quatre coins , ont remporté tous les suffrages . L' acoustique de la salle , pourtant récente , les servait à la perfection . Pas un qui ne fut moins apprécié ni moins applaudi par le public . L' oeuvre dépoussiérée , la mise en scène audacieuse , les musiciens et les chanteurs produiront une impression durable pour les spectateurs de ce soir -là .