La Dépêche

Corpus:
Chambers-Rostand (E)
Nom de fichier:
La Dépêche
Contact:
Angela Chambers, Séverine Rostand, Université de Limerick, Irlande
Niveaux d'annotation:
Annotation automatique
Statut de l'annotation:
automatique
Type:
presse écrite
Sous-type de texte:
presse quotidienne régionale
Modalité:
écrit
Sample address:
/annis-sample/chambers-rostand/1_D_E_120902.html
Texte:
Engrenage La commémoration de la tragédie du 11 septembre a prolongé l' impact planétaire qu' avaient connu les attentats contre le World Trade Center . Le traumatisme reste toujours aussi vivace dans les esprits aux quatre coins du monde . Car face au terrorisme , « nous sommes tous Américains » , c' est-à-dire solidaires d' un peuple cruellement endeuillé . Et le temps n' a pas étanché cette compassion . Mais cela n' implique pas pour autant que le reste du monde occidental suive Bush dans sa croisade contre Saddam Hussein . Aujourd'hui , le président américain doit préciser ses positions vis-à-vis de l' Irak , lors d' un discours aux Nations-Unies . Modèrera -t-il son bellicisme outrancier ? C' est souhaitable . Car un coup de force unilatéral contre l' Irak , enjambant allègrement la diplomatie et le droit international de l' Onu , constituerait une agression totalement irresponsable qui pourrait conduire à un embrasement du Proche-Orient , un recul de l' islam modéré sur la planète et un regain de terrorisme . Ben Laden serait alors à son affaire . Déjà , tout le battage médiatique fait autour de la commémoration du 11 septembre doit réjouir le richissime terroriste . Quelle jubilation secrète doit -il ressentir de se voir à nouveau au centre des préoccupations du monde ! Si , en outre , Bush lui sert sur un plateau des raisons de poursuivre ses sanglantes activités , il aura doublement gagné la partie . Rien ne serait donc pire que de faire de Saddam Hussein , l' agresseur du Koweit en 1991 , l' agressé d' une opération militaire américaine en 2002 . C' est pourquoi la communauté internationale doit épuiser toutes les voies pacifiques possibles pour imposer le retour des inspecteurs de l' Onu en Irak , avant d' envisager toute intervention armée . En outre , malgré tout le dégoût qu' inspire le régime du cynique dictateur de Bagdad , les Etats-Unis n' ont aucun droit de le renverser , sauf à légitimer toute violation ouverte du droit international . Si Bush se lançait dans cette « action préventive » qu' il agite comme un chiffon rouge depuis plusieurs semaines , on voit bien dans quelle spirale il pourrait entraîner le reste du monde . Cette version inacceptable du « droit d' ingérence » risquerait de tourner rapidement aux règlements de compte entre nations . L' Europe a compris le danger d' une tel engrenage . Certes , elle se montre divisée sur la conduite à suivre . Mais ses deux principales puissances , la France et l' Allemagne , s' opposent au président américain . Aujourd'hui , à l' Onu , Bush joue gros . Soit il annonce qu' il entre en guerre , au risque d' apparaître isolé et d' accentuer le désordre mondial ; soit il décide plus sagement de se soumettre au Conseil de sécurité de l' Onu , préférant s' inscrire dans un cadre collectif . Cette deuxième hypothèse lui confèrerait davantage de légitimité si toute cette affaire devait se terminer par une guerre contre l' Irak . Il tient à Bush que le 12 septembre ne soit pas une date aussi sinistre que le 11 .