La Dépêche

Corpus:
Chambers-Rostand (E)
Nom de fichier:
La Dépêche
Contact:
Angela Chambers, Séverine Rostand, Université de Limerick, Irlande
Niveaux d'annotation:
Annotation automatique
Statut de l'annotation:
automatique
Type:
presse écrite
Sous-type de texte:
presse quotidienne régionale
Modalité:
écrit
Sample address:
/annis-sample/chambers-rostand/1_D_E_260202.html
Texte:
PRESIDENTIELLE 2002 - EDITORIAL : PAR JEAN-CHRISTOPHE GIESBERT . Bonnets blancs Après les secrets de polichinelle et les suspens à deux sous entretenus par les deux principaux protagonistes , tous les candidats ont désormais pris place dans l' arène présidentielle . Le temps serait enfin venu du débat , du grand débat politique tant attendu ... L' ennui , c' est qu' au terme d' une première semaine de confrontation à distance , les Français n' y voient goutte . Ainsi , selon un sondage publié hier par notre confrère « Libération » , 74 % des électeurs ne verraient pas de différence fondamentale entre Chirac et Jospin . Il se trouvera bien quelque docte éminence pour nous expliquer que les Français n' ont pas encore discerné les subtilités sémantiques majeures qui opposent les credo du Président-candidat et du Premier ministre-candidat . Voire ... La vérité est plus cruelle . Plus préoccupante aussi pour la vitalité du débat politique à une encablure d' une échéance aussi déterminante qu' une présidentielle . Les deux favoris n' ont , à ce jour , d' autre dessein que de protéger leurs flancs des traits de leur adversaire . L' oeil dans le rétro , on stigmatise à l' envi le « dépôt de bilan » de Jospin , comme le dit le jeune loup du RPR Jean- François Copé , et la « présidence infidèle , contestée et passive » de Chirac , comme le disait dimanche le candidat socialiste . Obnubilés par la chasse au centriste qui fait l' élection , dit -on , Chirac et Jospin donnent encore à penser à trois Français sur quatre qu' ils sont à peu près d' accord sur tout . D' accord pour condamner les excès de la mondialisation , d' accord pour consolider la maison Europe , d' accord pour changer dans la continuité les régimes des retraites et le système de santé . D' accord enfin pour ériger la lutte contre l' insécurité en grande cause nationale . On rendra grâce à Robert Hue de s' ébrouer dans cette morne plaine en exhortant Lionel Jospin à ne pas avoir honte de la gauche et on compatirait presqu'au désarroi d' Alain Madelin qui implore Chirac de ne pas trahir son électorat libéral . D' où viendra donc le salut ? Peut-être de ceux qu' on désigne , avec un brin de commisération , sous le vocable de « petits candidats » . Madelin et Hue mais aussi Bayrou et Pasqua à droite , Mamère et Taubira à gauche . Assurés de devoir tirer leur révérence le dimanche 21 avril au soir , ils ont deux mois pour engager le débat sur le terrain des idées en aiguillonnant sans relâche les deux éléphants auxquels ils porteront leurs voix , en les contraignant , avec les Français pour témoins , à fendre l' armure pour faire jaillir deux visions bien distinctes de la gestion du pays . C' est à ce prix qu' on réconciliera les Français avec ce rendez -vous solennel que constitue la présidentielle et qu' on renverra aux rayons de l' histoire la célèbre formule du communiste Jacques Duclos « bonnet blanc et blanc bonnet » , jetée à la face de Pompidou et Poher en 1969 .