La Dépêche

Corpus:
Chambers-Rostand (E)
Nom de fichier:
La Dépêche
Contact:
Angela Chambers, Séverine Rostand, Université de Limerick, Irlande
Niveaux d'annotation:
Annotation automatique
Statut de l'annotation:
automatique
Type:
presse écrite
Sous-type de texte:
presse quotidienne régionale
Modalité:
écrit
Sample address:
/annis-sample/chambers-rostand/1_D_I_041102.html
Texte:
ITALIE : SAN GIULIANO A ENTERRÉ LES VICTIMES DU SÉISME QUI A FAIT 29 MORTS DONT 26 ENFANTS « Nous sommes dignes , mais la rage est en nous » La photographie d' un visage souriant , posée sur un petit cercueil blanc couvert de fleurs , illustrait hier la tragédie vécue par les habitants de San Giuliano di Puglia , petit village du Molise . Ils ont enterré , dans la douleur , les 26 enfants et les trois adultes tués dans le séisme meurtrier de jeudi . Tous les enfants avaient moins de dix ans . Ils représentaient le futur d' une localité médiévale de 1.500 habitants dont la seule richesse sont les oliviers . Toute l' Italie s' est associée à cette cérémonie par la présence du chef de l' Etat , Carlo Azeglio Ciampi , auquel l' évêque du diocèse , dans son homélie , a demandé de ne pas oublier ce coin d' Italie meurtri . En cette fin de matinée automnale , l' entrée du premier petit cercueil blanc sous une tente , qui fait office d' église , est saluée par une salve d' applaudissements . « C' est notre manière de montrer notre peine lors de deuils exceptionnels » , explique une choriste . Le rituel se répète à l' arrivée de chacun des 26 cercueils d' enfants , puis de ceux , marrons , de leur institutrice , Carmella , et de deux femmes plus âgées décédées dans l' écroulement de leurs maisons . Les familles sont aux premiers rangs . Les pères et mères se tiennent par la main , la tête de l' un appuyée sur l' épaule de l' autre . D' autres préférent dissimuler leurs visages dans leurs paumes . Le premier chant , entonné par la chorale de Colletorto , un village voisin également touché par le séisme et où vivait l' institutrice disparue , ouvre la cérémonie . Don Ulisse , curé de la paroisse depuis le 20 octobre et son prédécesseur , Don Fernando , qui avait baptisé tous les enfants décédés , énumèrent ensuite les prénoms des petites victimes : Paolo , Luigi , Michaela , Antonio , Luca , Valentina ( la fille du maire ) , Martina ... au total 14 garçons et 12 filles . Des sanglots , retenus , montent de l' assistance . Leurs camarades de classe encore hospitalisés ont envoyé un message aux victimes : « Vous étiez avec nous quand la maîtresse faisait la leçon . Vous serez toujours dans nos coeurs . Nous ne vous oublierons jamais » . « FAITES QUE NOS ECOLES SOIENT PLUS SURES » S' avance alors la maman de Luigi qui , en quelques secondes , résume le sentiment de tous . « Faites que nos écoles soient plus sûres . Que plus jamais aucun père , aucune mère ne pleure son enfant » , dit -elle , la voix étranglée , à l' attention des hommes politiques . « Nous sommes dignes , mais la rage est en nous . Toutes nos écoles sont en mauvais état » , explique une enseignante . Le président Ciampi et sa femme , originaire du village voisin de Santa Croce Di Magliano , présentent leurs condoléances aux familles . Luca , l' un des deux enfants de l' institutrice Carmella Ciniglio , lui demande en pleurant : « Où est ma maman ? » . Puis le cortège des cercueils , portés par des militaires , des pompiers , des volontaires , se met en route pour le cimetière voisin . Les lamentations et les prières se font plus fortes . Des dragées sont lancées sur les cercueils des enfants , comme le veut la tradition .