La Dépêche

Corpus:
Chambers-Rostand (E)
Nom de fichier:
La Dépêche
Contact:
Angela Chambers, Séverine Rostand, Université de Limerick, Irlande
Niveaux d'annotation:
Annotation automatique
Statut de l'annotation:
automatique
Type:
presse écrite
Sous-type de texte:
presse quotidienne régionale
Modalité:
écrit
Sample address:
/annis-sample/chambers-rostand/1_D_N_200702.html
Texte:
FRANCE - SYNDROME : UNE INFORMATION A ÉTÉ OUVERTE POUR « HOMICIDES ET BLESSURES INVOLONTAIRES » La guerre du Golfe rebondit en justice Ils se sont plaints de douleurs musculaires , de fatigue chronique , de pertes de mémoire ou du sommeil . Certains ont développé des cancers , ou souffrent de lymphomes et d' atteintes du système nerveux central . Tous ont un point commun , ils participèrent , comme 25.000 autres soldats français à la guerre du Golfe . Ils ne sont pas les seuls . De nombreux militaires américains et britanniques , déployés dans la région , ont fait état des mêmes symptômes . Des symptômes que l' on a appelé , depuis , le « syndrome du Golfe » . Or , voilà que plus de dix ans après cette guerre , la justice française va se pencher , pour la première fois , sur les maladies contractées par les soldats ayant participé au conflit . En effet , on apprenait hier que le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire pour « homicides et blessures involontaires » à la suite de 12 plaintes avec constitution de partie civile . Sur ces douze personnes , deux sont décédées . Le mystère reste entier sur les causes précises de ces maladies , car de nombreuses interrogations subsistent , y compris dans les milieux scientifiques . Ont été incriminés , tour à tour ou en même temps : l' utilisation de munitions à l' uranium appauvri , l' exposition aux fumées des puits de pétrole en feu , ou l' administration , aux soldats , de certaines substances cumulées , comme des vaccins ou antidotes contre les armes chimiques , notamment la « pyrodostigmine » . Pour les victimes , bien que leurs maladies soient multiples , elles ont un seul fil conducteur : la participation à la guerre du Golfe . Une affirmation corroborée par le professeur Roger Salamon , auteur d' un rapport sur le sujet : « Nous avons constaté que les vétérans de la guerre du Golfe présentaient des symptômes divers apparaissant avec une fréquence supérieure à la moyenne » . L' Assemblée nationale s' est également penchée sur le dossier . Un premier rapport parlementaire d' information sur les risques sanitaires auxquels auraient pu être exposés les soldats pendant la guerre du Golfe a été publié le 15 mai 2001 . Ce rapport conclut que « les responsabilités relèvent davantage d' impréparations , d' imprécisions voire de dysfonctionnements au sein de la chaîne de commandement , que d' erreurs ou de fautes dans la prévention des risques » . Il estime également , et surtout , que des soldats français ont bien été exposés à des gaz toxiques . Une seule certitude : depuis dix ans , une trentaine de vétérans français de la guerre du Golfe sont morts de maladies qui pourraient être liées à ce « syndrome » .