La Dépêche

Corpus:
Chambers-Rostand (E)
Nom de fichier:
La Dépêche
Contact:
Angela Chambers, Séverine Rostand, Université de Limerick, Irlande
Niveaux d'annotation:
Annotation automatique
Statut de l'annotation:
automatique
Type:
presse écrite
Sous-type de texte:
presse quotidienne régionale
Modalité:
écrit
Sample address:
/annis-sample/chambers-rostand/1_D_N_280102.html
Texte:
RESIDENTIELLES : IL A FAIT UN PAS SUPPLÉMENTAIRE VERS SA DÉCLARATION OFFICIELLE Le Premier ministre endosse les habits du candidat « disponible » Pour briguer l' Elysée , il ne suffit pas de faire de la politique . Encore faut- il avoir du vocabulaire . Lionel Jospin en fait la démonstration . Il était un candidat « probable » ; il est devenu un candidat « disponible » . Hier , devant les secrétaires de section du PS réunis à la Mutualité à Paris , il a fait un pas supplémentaire vers sa déclaration officielle de candidature . D' abord , pour la première fois , il a appelé sans ambages à un changement de Président à l' occasion de la prochaine élection « dans moins de trois mois et demi , il y aura un président élu , et je ne crois pas que cela doive être le même. » Il a ironisé sur les consultations politiques de Jacques Chirac menées ce week-end : « Rive droite , dans un palais se tiennent des réunions discrètes mais très médiatisées et dont on ne sait rien . Ici , à la Mutualité , c' est au grand jour , selon nos formes et nos méthodes , que tous les responsables du PS sont rassemblés devant les médias pour préparer des rendez -vous qui viennent. » Très applaudi , il a confirmé qu' il se préparait à la présidentielle : « Je m' efforce de pressentir ce que sont les attentes des Français , je réfléchis , j' échange , j' écris . Personnellement , je me rends disponible pour les rendez -vous politique à venir. » UN TON COMBATIF Lionel Jospin s' est montré combatif : « Je m' y prépare , je suis au travail , je suis déterminé car c' est une grande bataille politique qui s' annonce. » Cependant , il n' a pas décidé d' avancer la date de la déclaration officielle de sa candidature : « Le temps de la campagne n' est pas encore venu. » Il a évoqué cet « entre-deux » durant lequel il affirme ne vouloir se concentrer que sur son travail de chef de gouvernement , tout au moins juqu'à la fin de la session parlementaire , le 22 février . Il a refusé de céder à ceux qui le « sommerait de commencer » dès maintenant , excluant de consacrer « tout le premier semestre de 2002 au débat électoral » et d' ajouter : « Au gouvernement , nous ne le pouvons pas et ne le devons pas » . Il a invité les militants socialistes à dénoncer le bilan de l' opposition de 1993 à 1997 et plus particulièrement son « reniement des promesses , la hausse des impôts , le gigantesque blocage social » , l' absence « d' actions d' envergure contre l' insécurité » , les querelles permanentes entre les chefs , la résignation face au chômage. » Il a fait valoir que si la droite venait à l' emporter en 2002 , « on pourrait craindre un quinquennat et une législature très à droite pour notre pays et très directement inspiré par le MEDEF » . Jospin a estimé que les votes des Français seront « très importants pour la conception de la République et de son éthique. » Une manière de marquer le clivage entre lui et Chirac . Bref , bien que Jospin se défende d' être entré en campagne , il a déjà laissé percer quelques thèmes qu' il reprendra sans doute quand il sera sur les estrades dans quelques semaines . Mais , il a mis en garde les militants socialistes contre tout optimisme : « Rien n' est fait . Il faudra traiter tout cela sans emballement. » C' est ce qu' on s' efforce de faire à Matignon et rue de Solférino ...