L'Humanité

Corpus:
Chambers-Rostand (E)
Nom de fichier:
L'Humanité
Contact:
Angela Chambers, Séverine Rostand, Université de Limerick, Irlande
Niveaux d'annotation:
Annotation automatique
Statut de l'annotation:
automatique
Type:
presse écrite
Sous-type de texte:
presse quotidienne nationale
Modalité:
écrit
Sample address:
/annis-sample/chambers-rostand/1_H_C_120602.html
Texte:
Animation . La 26e édition du Festival international d' Annecy s' est close samedi . Panorama de la création . Il n' y a décidément pas que les p'tits Mickey ... 500 films projetés pour 1 292 inscrits , 100 000 entrées , 950 sociétés de 55 pays , 5 500 professionnels , des expositions , des conférences , ainsi qu' un carrefour de l' emploi et de la création permettant aux jeunes professionnels de rencontrer la crème du milieu . Le retour d' Annecy se fait toujours l' oeil émoustillé . Une semaine de perles image par image et de rencontres entre passionnés et créateurs , ça vous ravigote son homme . Annecy 2002 aura été l' occasion de constater un boum dans la production des longs métrages d' animation . Une quinzaine sont en cours de réalisation , plusieurs sortiront en France d' ici la fin de l' année et il semble que les producteurs ou distributeurs prennent enfin conscience des attentes d' autres publics que celui des enfants . Un même phénomène s' observe du côté de la télévision qui proposera de plus en plus de programmes pour ados et jeunes adultes . Moins réjouissante est la déconfiture totale de l' animation pour le Web , qui se voyait il y a deux ans des jours heureux . Elle a vite déchanté avec le krach des start up et l' absence de construction d' un modèle économique viable . Paradoxalement , quand les investisseurs jouent les filles de l' air , le contenu atteint enfin une certaine maturité . Heureusement pour quelques sociétés " webanimées " , un débouché semble s' ouvrir du côté du petit écran , attentif à de nouveaux créateurs pour de nouveaux publics . Le palmarès 2002 témoigne de l' inventivité de l' animation mondiale , entre humour , expérimentation et gravité . Revue en six exemples parmi les 27 oeuvres primées sur 201 en compétition . Barecode , d' Adriaan Lokman ( Pays-Bas ) , grand prix du court métrage , est une belle surprise . Non narratif , le film met en scène un dispositif très simple , dérivé du cadran solaire : une surface plane infinie , des petits bâtons plantés dedans et des sources lumineuses mouvantes . Cette variation en noir et blanc commence avec un bâton et un " soleil " qui se lève et se couche simplement , sur fond musical de piano classique , en cadre fixe . Elle finit avec des milliers de bâtons et de lumières , chacune produisant sa propre ombre , en rupture avec les lois de la physique . La caméra se déplace alors frénétiquement dans ce qui prend des allures de titanopole nocturne sur rythme techno . Graphiquement magnifique , cette oeuvre exploite intelligemment les possibilités offertes par l' image de synthèse à l' animation expérimentale figurative traditionnelle . De tels jeux de lumière ont été tentés par le passé mais jamais avec une telle latitude de mouvement , d' éclairage , de décor , et une telle licence poétique avec les lois physiques . Roof Sex , de PES ( USA ) , prix de la première oeuvre , amène piquant et drôlerie . Deux fauteuils y font l' amour sauvagement sur un toit new-yorkais grâce à la pixellisation , technique consistant à animer image par image des humains ou des objets dans un décor réel . L' animation flirte alors avec l' effet spécial . La soif de sexe qu' elle parvient à insuffler dans les deux meubles est hilarante . Home Road Movies , de Robert Bradbrook ( Grande-Bretagne ) , prix spécial du jury , mélange personnages réels et 3D avec un rendu reprenant l' iconographie des années soixante . Une voix off raconte les grandeurs et décadences des voyages familiaux à bord d' une Peugeot , objet de toutes les attentions paternelles et fierté des enfants jusqu'à ce qu' ils grandissent et qu' elle se démode . Dans la même veine aux allures autobiographiques Looking for Horses , d' Anthony Lawrence ( Australie ) , mention spéciale , relate les vacances de deux fillettes alors que leurs parents sont au bord du divorce . Un regard enfantin mi-drôle mi-tragique , servi par des marionnettes pour lesquelles il faudrait plus parler d' interprétation que d' animation , tant l' émotion est juste et admirablement mise en scène dans son humanité . Bookashky , dessin animé de Mikhail Aldashin ( Russie ) , est un prix du public mérité . On y suit les tribulations désopilantes d' une bande d' insectes de cuisine persécutés par l' homme , qui tentent de partir vers un monde meilleur dans une fusée en tube de mayonnaise et allumettes après avoir été visités par leurs homologues d' une civilisation extraterrestre ... Le grand prix du long métrage revient à Mari Iyagi , de Sung-gang Lee ( Corée du Sud ) et confirme à quel point l' animation asiatique est capable de produire des chefs-d'oeuvre dans ce format . Tout le monde connaît maintenant Miyasaki , sa Princesse Mononoke ou son Voyage de Chihiro ( ours d' argent à Berlin ) . Espérons que Sung-gang Lee aura droit à une telle reconnaissance et que son film , sublime dérive adolescente dans un monde imaginaire , trouvera un distributeur en France . Hors palmarès et pour finir , on saluera un choix courageux de la part des sélectionneurs : Icebergclub , de Jean Pierre Princiaux ( France ) en 3D. Courageux parce qu' il n' était pas évident d' accepter dans la compétition internationale un plan séquence expérimental d' une demi-heure prenant le point de vue d' un iceberg dans l' océan Arctique , sans autre " action " que le passage , vers la moitié du film , d' un paquebot tristement célèbre . Cette programmation a alimenté nombre de polémiques dans le public . Il reste qu' Icebergclub propose une véritable expérience spectatorielle touchant au métaphysique , aux antipodes de la " prise d' otage " ou de la " provocation " décriées par certains . Le cinéma d' animation , après tout , n' est pas que les p'tits Mickey . Note : Où s' animer la rétine ? Le palmarès d' Annecy 2002 ainsi qu' une partie de sa programmation seront projetés au centre Beaubourg du 19 au 23 juin . Pour connaître les autres films primés : www.annecy.org . On ne saurait trop recommander l' excellente émission d' Arte , La nuit s' anime , les 1er et 3e mardis du mois à minuit , ainsi que la très impressionnante exposition sur le couple Svankmajer , réalisateurs et peintres surréalistes qui se tiendra jusqu'au 30 septembre au musée-château d' Annecy . Le catalogue est sorti aux éditions L' Oeil . A noter aussi l' ouvrage Paul Driessen , images et réflexions édité récemment par le Holland Animation Film Festival et le Centre international du cinéma d' animation . A noter encore deux sorties de longs métrages projetés à Annecy : Metropolis ( depuis le 5 juin ) et l' âge de glace ( 26 juin ) . Et puis , la première Journée mondiale du cinéma d' animation , le 28 octobre 2002 , renseignements sur www.afca.asso.fr . Enfin sur Internet , parmi les présents à Annecy , on citera visiodrome.com , nocopy.com , banja.com , flashcan.com et le site de référence mondial des courts métrages de technologie Flash : shokwave.com , avec des oeuvres de Tim Burton et David Lynch , entre autres .