L'Humanité

Corpus:
Chambers-Rostand (E)
Nom de fichier:
L'Humanité
Contact:
Angela Chambers, Séverine Rostand, Université de Limerick, Irlande
Niveaux d'annotation:
Annotation automatique
Statut de l'annotation:
automatique
Type:
presse écrite
Sous-type de texte:
presse quotidienne nationale
Modalité:
écrit
Sample address:
/annis-sample/chambers-rostand/1_H_E_200103.html
Texte:
Le veto de l' opinion Mauvais week-end pour George Bush , qui a pu contempler l' ampleur du refus de la guerre dans le monde et aux États-Unis . La vague de manifestations qui a parcouru la planète tout au long du week-end inaugure une phase nouvelle de l' opposition des peuples aux plans de guerre contre l' Irak , élaborés par le clan qui campe à la Maison-Blanche et dans les conseils d' administration des compagnies pétrolières . Le problème auquel est confronté le président américain est plus compliqué que ne le laissent croire ses habituelles imprécations bellicistes et ses coups de menton suivis de l' afflux de nouveaux renforts dans la région du Golfe . Cette guerre , au relent d' or noir , est de plus en plus difficile à " vendre " , non seulement dans le monde , mais au coeur même de l' empire . Bush avait cru pouvoir enrôler l' émotion populaire après les attentats du 11 septembre 2001 dans sa croisade contre " l' axe du mal " et son incarnation idéale en la personne de Saddam Hussein . Le doute s' est vite instillé dans l' opinion américaine , avant de céder le pas à un large refus . Les derniers sondages sont sans appel : moins de 30 % des Américains sont favorables à une intervention unilatérale des États-Unis en Irak . L' affluence massive aux manifestations qui ont animé samedi le centre de Washington et de San Francisco , en ce jour anniversaire de l' assassinat de Martin Luther King , traduit l' essor d' un mouvement anti-guerre aux États-Unis . Et qui rassemble bien au-delà des courants pacifistes traditionnels ou des secteurs de l' opinion les plus critiques . S' y côtoient les églises , les artistes parmi les plus en vue , des figures du Parti démocrate . Le seul argument , dont disposent désormais les faucons de la Bush Oil Connection , serait de pouvoir se parer d' un aval onusien , d' un consensus de la communauté internationale , car ce n' est qu' à cette condition qu' une majorité d' Américains semblerait encore prête à accepter une aventure militaire . Réussir un passage devant le Conseil de sécurité avant de lancer les F16 à l' assaut de l' Irak est donc d' une extrême importance . Colin Powell , le chef de la diplomatie américaine , qui n' est pas classé parmi les ultras de la guerre à outrance , est chargé quant à lui de mettre la pression auprès des pays membres du Conseil de sécurité , menaçant , dans l' interview qu' il a accordée à plusieurs journaux étrangers , d' une intervention unilatérale US si l' ONU refusait de se coucher . Mais il prend soin d' ajouter que le président américain " n' a pas pris encore sa décision " . George Bush est obligé de jouer serré . Cette situation souligne comme jamais le rôle que le monde , et singulièrement la France et l' Europe , peuvent jouer pour empêcher la guerre . Recevant en fin de semaine Hans Blix , le chef des inspecteurs en désarmement , Jacques Chirac a affirmé qu' il ne soutiendrait pas une action unilatérale des États-Unis . De son côté , le chancelier allemand Gerhard Schröder , dont le pays s' apprête après la France à présider le Conseil de sécurité en février , demande qu' aucune action militaire ne puisse être décidée sans une autre résolution du Conseil de sécurité . Le respect de la légalité internationale est légitime , mais celle -ci inclut , si besoin , l' usage du droit de veto dont dispose la France en tant que membre permanent du Conseil de sécurité . On peut souhaiter qu' un tel recours ne sera pas nécessaire pour empêcher la guerre . Mais si les dirigeants français l' écartaient d' emblée , les paroles les plus fermes ne seraient en définitive que des rodomontades . L' opinion attend autre chose . Le sondage CSA -l'Humanité a révélé que 75 % des Français , de droite comme de gauche , souhaitent que la France ose dire non au Conseil de sécurité . Après le veto populaire est déjà émis . Reste le veto officiel ...