L'Humanité

Corpus:
Chambers-Rostand (E)
Nom de fichier:
L'Humanité
Contact:
Angela Chambers, Séverine Rostand, Université de Limerick, Irlande
Niveaux d'annotation:
Annotation automatique
Statut de l'annotation:
automatique
Type:
presse écrite
Sous-type de texte:
presse quotidienne nationale
Modalité:
écrit
Sample address:
/annis-sample/chambers-rostand/1_H_F_040302.html
Texte:
Les difficultés du premier groupe industriel italien Fiat passe au rouge Le groupe turinois a enregistré en 2001 une perte nette consolidée de 445 millions d' euros , due au déficit de sa branche automobile , où 6 000 suppressions d' emplois sont programmées . Alors que le salon de Genève s' ouvre cette semaine dans un environnement marqué par une baisse du marché automobile français en février ( - 2 , 7 % par rapport en février 2001 , avec une poussée des marques françaises et une chute spectaculaire des étrangères , dont Fiat : - 16 , 7 % ) , certains experts se demandent si Fiat ne va pas prochainement céder sa branche automobile au géant américain General Motors ( GM ) , qui , depuis mars 2000 , détient 20 % de Fiat Auto . Les mauvais comptes enregistrés en 2001 par le groupe italien viennent en tout cas raviver la rumeur . Mais chez Fiat on dément catégoriquement . Et Giovanni Agnelli , le charismatique président honoraire du conglomérat turinois , estime qu' il n' y a rien de préoccupant dans les comptes de Fiat . Cependant , les chiffres sont impitoyables . L' ensemble du groupe turinois , qui est présent non seulement dans l' automobile mais également les poids lourds , l' aéronautique , le matériel agricole , les assurances et les services , a annoncé jeudi dernier une perte nette pour 2001 de 445 millions d' euros ( contre 664 millions d' euros de bénéfice en 2000 ) , dont une perte nette consolidée de 791 millions d' euros pour sa branche automobile ( Fiat , Alfa Romeo , Lancia , Ferrari ) . En clair , plombé par ses activités de constructeur automobile , qui représentent 42 % de son chiffre d' affaires , Fiat est pour la première fois dans le rouge depuis 1993 . Pour expliquer ce résultat , les dirigeants du groupe accusent la faiblesse de la demande automobile , estimant que les marchés européen et italien devraient chuter respectivement de 4 % et 8 % cette année . Cependant le marché n' explique pas tout , car d' autres constructeurs , c' est le cas des français , ne broient pas du noir . En fait , c' est surtout en Pologne et en Amérique du Sud que Fiat a perdu des parts de marché . Au total , malgré l' arrivée de la Stilo , qui va être déclinée en break cet automne , Fiat a vu ses ventes chuter de 10 , 8 % l' an dernier . Mais le constructeur aurait également dépensé plus que prévu en coût de recherche-développement . En réalité , le groupe a surtout opéré d' importantes provisions pour restructuration ( 800 millions d' euros ) . Ce plan prévoit la suppression de 6 000 emplois , soit 2 , 4 % de l' effectif , la cession pour 3 milliards d' euros d' actifs et une émission d' actions et d' obligations pour lever 3 , 1 milliards afin de réduire de moitié sa dette à 3 milliards d' euros . Selon les dirigeants du groupe , cette restructuration devrait permettre de porter en 2003 à 90 % le taux d' utilisation de ses sites industriels . On fera aussi remarquer que si la coopération industrielle avec General Motor a progressé - une 156 Alfa Romeo est désormais fabriquée dans l' usine thaïlandaise de GM à Rayong , alors que jusque -là la coopération se limitait aux achats , les moteurs et les services financiers , elle consacre le rôle grandissant de GM dans les choix de l' italien . Cette nouvelle étape industrielle doit -elle être interprétée comme le signe de la volonté du géant américain de voir Fiat passer sous sa coupe ? Certains le pensent . Mais , dans le monde de l' automobile , et surtout dans l' empire Fiat , qui symbolise un pan entier de l' histoire de la Botte , mais également de l' Europe , on n' est jamais à l' abri de surprises . On rappellera simplement que , dans le contrat passé entre Fiat et GM en 2000 , Fiat a l' option de vendre à l' Américain en 2004 ses 80 % de parts . Mais cette perspective , qui provoquerait un véritable séisme en Italie , n' est , bien sûr , pas officiellement envisagée . Cependant , comme en témoigne l' évolution des rapports entre Nissan et Renault Depuis le 1er mars , Renault a porté sa participation dans le capital de son partenaire japonais Nissan de 36 , 8 % à 44 , 4 % pour 1 , 85 milliard d' euros , " première étape du renforcement des liens entre les deux groupes annoncé en octobre dernier " , ont expliqué les deux constructeurs jeudi dernier dans un communiqué commun. , les situations changent très rapidement dans le cercle des constructeurs mondiaux . Et on peut s' interroger sur les motivations qui viennent de conduire les dirigeants de Fiat à séparer le sort du champion du monde des constructeurs Ferrari de celui des autres marques du groupe .