L'Humanité

Corpus:
Chambers-Rostand (E)
Nom de fichier:
L'Humanité
Contact:
Angela Chambers, Séverine Rostand, Université de Limerick, Irlande
Niveaux d'annotation:
Annotation automatique
Statut de l'annotation:
automatique
Type:
presse écrite
Sous-type de texte:
presse quotidienne nationale
Modalité:
écrit
Sample address:
/annis-sample/chambers-rostand/1_H_F_040702.html
Texte:
BOURSE . Vivendi : le beurre et l' argent du beurre Les conditions de la chute de Vivendi Universal sèment la panique dans le capitalisme français . Sauve qui peut ! C' est la débandade dans le capitalisme français . A la Bourse , le cours de l' action Vivendi continue sa dégringolade : moins 15 % - le titre a perdu plus de 100 euros en deux ans , plafonnant aujourd'hui aux alentours de 15 euros . Les représentants des plus grands groupes français ( Alcatel , Saint-Gobain , Accor , BNP Paribas , Société générale , etc. ) , qui siègent au conseil d' administration de Vivendi Universal , tentent désespérément de sauver les meubles , enfin , les leurs d' abord . La semaine dernière , Bernard Arnault , PDG du groupe LVMH , considéré comme un proche de Jean-Marie Messier , avait démissionné de ses fonctions d' administrateur , afin , murmure -t-on dans les milieux d' affaires , d' échapper aux poursuites potentielles liées à la gestion de la multinationale des médias et de l' environnement . Hier , en fin d' après-midi , un conseil d' administration devait se réunir pour entériner la démission de Jean-Marie Messier , fixer les conditions financières et juridiques de son départ , et nommer Jean-René Fourtou à la tête de Vivendi Universal . Si la nomination de l' ancien président de Rhône-Poulenc et vice-président d' Aventis ne semblait guère faire de vagues entre administrateurs , les modalités du départ de J2M paraissaient , elles , loin d' être réglées . Le conseil d' administration , initialement convoqué à 15 heures , a ainsi été repoussé plus tard dans la soirée . Selon le Wall Street Journal et le Monde , Jean-Marie Messier tenterait d' obtenir en échange de son départ une enveloppe de 20 millions de dollars ( 20 , 5 millions d' euros ) . Habitant un appartement payé par le groupe il y a un an pour 17 , 7 millions de dollars , l' ancien PDG de Vivendi Universal , qui dément avoir emprunté auprès du groupe 25 millions de dollars pour acquérir des 500 000 actions , demanderait tout de même de l' aide sur cette question . J2M est " quasiment ruiné " , glissent , dans une tentative d' arracher des larmes , ses derniers amis . Mais derrière ces exigences financières évidemment exorbitantes , la véritable question à l' ordre du jour est celle de l' impunité totale que tous les dirigeants , Jean-Marie Messier bien sûr , mais avec lui tous les administrateurs du groupe essaient de se garantir mutuellement . Ils veulent , somme toute , le beurre et l' argent du beurre . Depuis quelques jours , Jean-Marie Messier négocie une protection juridique . La menace d' une action en contentieux , voire d' une action judiciaire est belle et bien réelle . Colette Neuville , présidente de l' Association des actionnaires minoritaires , menace d' ores et déjà d' engager avec des actionnaires une " procédure pour abus de bien social " si le conseil d' administration cédait aux exigences financières du PDG déchu , et mieux , " s' il obtenait le moindre euro d' indemnités " . Or , les dirigeants actuels de Vivendi sont tous liés par le risque d' une action à leur encontre . Avec la loi sur les nouvelles régulations économiques , les membres des conseils d' administration sont , en effet , responsabilisés en cas de faute de gestion et peuvent , dès lors , être poursuivis . Voilà pourquoi , à côté du montant de la " prime de départ " de Messier , le délicat exercice de mise à l' abri de tous les responsables mobilise les plus grands dirigeants du capitalisme français . Pendant ce temps , les salariés de Vivendi Universal qui , pour une très large majorité d' entre eux , ont placé leur épargne dans la multinationale , et les usagers , en particulier les 28 millions de Français dont l' eau courante est fournie par l' ex-Générale des eaux , peuvent bel et bien se préparer à payer le prix des pots cassés . Et au train où vont les choses , la facture à laquelle essaie d' échapper le grand patronat promet d' être salée , très salée .