L'Humanité

Corpus:
Chambers-Rostand (E)
Nom de fichier:
L'Humanité
Contact:
Angela Chambers, Séverine Rostand, Université de Limerick, Irlande
Niveaux d'annotation:
Annotation automatique
Statut de l'annotation:
automatique
Type:
presse écrite
Sous-type de texte:
presse quotidienne nationale
Modalité:
écrit
Sample address:
/annis-sample/chambers-rostand/1_H_F_041002.html
Texte:
Prévisions à la baisse La croissance serait de 1 % en 2002 . Le chômage augmenterait à 9 , 3 % en décembre . L' échec du libéralisme est signé . Autant dire qu' après les nuages pourrait venir l' orage ! Au mois de mai , nous apercevions de sombres cumulus au-dessus de nos têtes . L' INSEE a annoncé hier , pour ainsi dire , l' orage sous fond de tempête financière . L' institut de statistiques table sur une croissance de 1 % pour 2002 . Un des économistes en chef explique : " Avec un acquis de croissance de 0 , 6 % à la fin de cette année , il faudrait 0 , 8 % de croissance à chaque trimestre en 2003 pour obtenir une croissance de 2 , 6 % l' année prochaine . " La morale de cette démonstration magistrale est simple : l' hypothèse de 2 , 5 % de croissance , sur laquelle Jean-Pierre Raffarin a bâti son budget pour 2003 , est déjà certainement dépassée . Pire encore , les données économiques livrées par l' INSEE ne permettent absolument pas d' être optimiste . Nous notions déjà avant l' été ( voir l' Humanité du 24 mai ) que l' objectif de 3 % de croissance pour 2003 ne serait sans doute pas atteint . A cause de la chute de l' investissement , à cause des perspectives des chefs d' entreprises . Ces deux éléments se confirment aujourd'hui . Que ce soit aux États-Unis , en Europe ou en France , l' investissement est en chute libre . Outre-Atlantique d' abord : l' investissement est en baisse depuis sept trimestres consécutifs . Au Royaume-Uni : l' investissement périclite depuis cinq trimestres . En Europe , l' investissement allemand affiche - 2 , 5 % au deuxième trimestre 2002 alors que l' investissement italien tombe de - 0 , 6 % au même moment . En France , en 2002 , l' investissement des entreprises , après avoir été de 0 , 5 % dans les trois premiers mois de l' année , serait de - 0 , 4 % les trois trimestres suivants . Les indicateurs dits de " climat des affaires " , qui permettent de jauger le " moral " des chefs d' entreprises , plongent aux États-Unis , en Europe et en France . En clair , le " moteur investissement " est éteint pour un bon moment . Deux éléments ne peuvent que confirmer cette opinion . Premièrement , les conditions de financement des entreprises se sont considérablement dégradées : les banques coupent le robinet du crédit et la chute des Bourses mondiales interdit aux entreprises tout financement par les marchés financiers . Deuxièmement , les entreprises continueraient de déstocker au moins jusqu'à la fin de l' année . Ce qui ne fera qu' amplifier la baisse de la production industrielle qui a été de - 0 , 1 % entre juin et juillet . Enfin , le moteur , qui portait la croissance jusqu'ici à bout de bras , s' essouffle . L' INSEE prévoit une diminution de la consommation des ménages américains pour les trois derniers mois de 2002 . Ils avaient réussi à préserver leur pouvoir d' achat grâce à leurs revenus tirés de l' immobilier . Mais la baisse prévisible des prix de la pierre pourrait freiner le moteur de la plus grande économie mondiale . Avec la guerre prévisible en Irak , l' augmentation du prix du pétrole finirait d' achever la consommation . Alors 1 % de croissance en 2003 en France , comme le prévoit le Centre de prévisions de l' expansion , deviendrait une hypothèse crédible . La compression de la masse salariale a réduit la demande au niveau mondiale et a précarisé les individus dans leur existence . Les entreprises , en favorisant les profits au détriment des salaires , ont affaibli les débouchés qui leur font défaut aujourd'hui . Les marchés financiers montrent aujourd'hui toute leur nocivité . La grande purge des bilans d' entreprises qui se prépare , la politique ultra-libérale de Jean-Pierre Raffarin ne peuvent qu' accélérer la reprise du chômage effective depuis un an . Le libéralisme économique , par ses politiques antisociales , a fait capoter les moteurs de l' activité . Il est en échec partout sur la planète et les perspectives livrées hier par l' INSEE ne font que le confirmer .