L'Humanité

Corpus:
Chambers-Rostand (E)
Nom de fichier:
L'Humanité
Contact:
Angela Chambers, Séverine Rostand, Université de Limerick, Irlande
Niveaux d'annotation:
Annotation automatique
Statut de l'annotation:
automatique
Type:
presse écrite
Sous-type de texte:
presse quotidienne nationale
Modalité:
écrit
Sample address:
/annis-sample/chambers-rostand/1_H_F_120203.html
Texte:
Transport aérien . Raffarin veut couper les ailes d' Air France Le Sénat examine aujourd'hui le projet de loi portant sur la privatisation de la compagnie nationale . Malgré la forte opposition des salariés d' Air France , qui manifestent avec ceux d' Air Lib cet après-midi devant le Sénat , le gouvernement maintient un projet qui vise à mettre le transport aérien français sous la coupe des marchés financiers . Le processus de privatisation d' Air France est enclenché avec l' examen ce mercredi au Sénat d' un projet de loi présenté par le sénateur de la Manche Jean-François Le Grand Grand . Cet élu de droite ( UMP ) , proche de Jean-Pierre Raffarin , est également le président de la Commission supérieure de l' aviation marchande ( CSAM ) . C' est ce monsieur qui , par cet étrange " hasard objectif " dont parlait le père du surréalisme au siècle dernier , a retiré le mercredi 5 février à minuit la licence de vol d' Air Lib . C' est donc un sénateur juge et partie qui proposera que l' État , aujourd'hui détenteur d' un peu plus de 52 % des parts d' Air France , cède 30 % ou 35 % de son capital pour n' en garder qu' environ 20 % . Lors de son discours de politique générale à l' Assemblée nationale , le 4 juillet 2002 , le premier ministre du nouveau gouvernement avait prévenu qu' Air France , qui avait en partie ouvert son capital en 1998 , serait la première entreprise publique à être privatisée . L' opération était prévue pour l' automne , mais les mauvaises conditions boursières avaient , dit -on , retardé ce calendrier . De concert , les ministres de l' Économie ( Francis Mer ) et des Transports ( Gilles de Robien ) avaient fait savoir qu' il valait mieux " attendre que les marchés financiers se redressent " pour procéder à cette opération . En fait , la forte opposition manifestée contre la privatisation par les personnels de la compagnie nationale ( des mécaniciens aux pilotes ) avait quelque peu refroidi les ardeurs utltra-libérales d' un gouvernement pressé de privatiser pour faire au plus vite rentrer de l' argent frais dans ses caisses afin de financer sa politique sécuritaire et ses cadeaux aux patrons . Mais cet après-midi Jean-François Le Grand n' aura pas la partie facile . Les syndicats d' Air France ( Alter , CGT , CTFT , CFDT , FO , FO Cadres , SNMSAC , SUD aérien , UGICT-CGT ) , ainsi que ceux d' Air Lib , ont appelé à manifester à 13 h 30 devant le palais du Luxembourg . Et les élues communistes , dont Marie-France Beaufils , Hélène Luc et Odette Terrade , ne manqueront pas de dénoncer une opération qui sent le coup tordu , car l' accélération du processus de privatisation d' Air France au moment où le gouvernement exécute Air Lib renifle la préméditation , d' autant que tout montre ( lire ci-contre ) qu' Air France a bien traversé l' après- 11 septembre et n' a finalement pas coupé ses ailes en restant dans le giron du public . Air France continue à gagner des parts de marché sur ses rivales européennes Lufthansa et British Airways , même si la compagnie a perdu 10 , 2 % de recettes , essentiellement à cause de la concurrence des compagnies à bas prix ( low costs ) qui pourrait peser encore plus si rien n' est fait pour trouver une solution à la situation d' Air Lib en rapprochant - pourquoi pas ? - les atouts des deux compagnies , comme le proposent plusieurs syndicats d' Air Lib et d' Air France , dont la CGT . La privatisation d' Air France n' est pas inéluctable . Déjà , le 22 octobre dernier , lors d' une conférence de presse pour s' opposer aux projets de privatisation du gouvernement , la secrétaire nationale du PCF , Marie-George Buffet , avait évoqué quelques alternatives possibles pour riposter , en proposant notamment de " construire des coopérations ; mobiliser de nouveaux financements importants , en favorisant l' emploi , la formation et la recherche au lieu de l' appel au marché financier " . Elle proposait également " une transformation en profondeur des gestions avec de nouveaux critères d' efficacité sociale " et " une intervention large des salariés et des usagers " .