L'Humanité

Corpus:
Chambers-Rostand (E)
Nom de fichier:
L'Humanité
Contact:
Angela Chambers, Séverine Rostand, Université de Limerick, Irlande
Niveaux d'annotation:
Annotation automatique
Statut de l'annotation:
automatique
Type:
presse écrite
Sous-type de texte:
presse quotidienne nationale
Modalité:
écrit
Sample address:
/annis-sample/chambers-rostand/1_H_F_120802.html
Texte:
Marche arrière pour le ferroutage Le gouvernement pourrait réduire de moitié le montant des aides accordées à la SNCF pour le développement du transport rail-route en 2002 et 2003 . Le ferroutage est -il le prochain des tours de vis budgétaire du gouvernement Raffarin ? Le ministère des Transports envisage en effet d' accorder " autour de 35 millions d' euros " de subventions à la SNCF pour aider au développement du ferroutage en 2003 , contre 40 millions en 2002 . Cette information arrive en période de grande restriction budgétaire , peu après l' annonce de l' annulation de l' expo 2004 en Seine-Saint-Denis et celle d' un audit lancé par le gouvernement sur les grands projets d' infrastructure . Cette réduction de 5 millions d' euros semble pourtant peu de choses au regard de celle décidée entre 2001 et 2002 . En 2001 , quand Jean-Claude Gayssot présidait encore aux destinées des transports , 79 millions d' euros de subventions avaient été accordés pour le développement du ferroutage . L' actuel ministère des Transports s' empresse de préciser que l' année 2001 faisait figure d' exception puisque " les crédits exceptionnellement élevés de 2001 avaient servi au financement de la RTT à la SNCF " . Une réduction des subventions risque pourtant de porter un rude coup à l' activité fret de la SNCF . Francis Rol-Tanguy , qui en est le directeur , affirmait dans la Tribune à propos de SNCF : " En 2002 , nous devrions enregistrer un déficit de 267 millions d' euros et la moitié de ces pertes seront dues au transport combiné . " Il laissait aussi entendre qu' une baisse des subventions pourrait avoir pour conséquence l' augmentation des tarifs de la compagnie . Cette décision marque une rupture importante avec le gouvernement précédent . Le gouvernement Jospin avait en effet décidé de procéder à un rééquilibrage entre les différents modes de transport , en donnant la priorité au ferroviaire et aux transports collectifs . Jean-Claude Gayssot avait fait du développement du transport combiné une priorité . A cet égard , il avait décidé d' investir 18 , 3 milliards d' euros dans le ferroviaire en dix ans , jusqu'à 2010 . Une partie de cette somme devait financer la liaison ferroviaire entre Lyon et Turin , grand chantier menacé lui aussi par la rigueur raffarinienne . Le souci premier du gouvernement Raffarin est de réaliser des économies . Pour ce faire , le ministère des Transports a indiqué qu' un " nombre important de projets de liaisons ferroviaires , routières ou fluviales ont été engagés , étudiés ou annoncés par le gouvernement précédent , sans que les financements nécessaires n' aient été garantis " . A croire que l' actuel ministre des Transports , Gilles de Robien , a la mémoire un peu courte . N' affirmait -il pas le 25 juin dernier sur RTL son intention de " pousser le dossier " du ferroutage dans le but de soulager les axes routiers , notamment dans les Alpes ? Est -il besoin de rappeler que le ferroutage permet de diminuer le nombre de poids lourds sur les routes , présente des avantages indéniables en matière d' environnement et ferait reculer le spectre d' une nouvelle catastrophe telle que celle du tunnel du mont Blanc ? Aujourd'hui , 75 % du trafic de marchandises traversant les Alpes est effectué par la route . La France et l' Italie avaient convenu en janvier 2001 d' une liaison Lyon-Turin qui devait permettre , à terme , le passage d' un million de camions par an sur des trains . Autant dire qu' une réduction des subventions accordées à la SNCF pour le développement du ferroutage ne va pas exactement dans le sens de ce projet .