L'Humanité

Corpus:
Chambers-Rostand (E)
Nom de fichier:
L'Humanité
Contact:
Angela Chambers, Séverine Rostand, Université de Limerick, Irlande
Niveaux d'annotation:
Annotation automatique
Statut de l'annotation:
automatique
Type:
presse écrite
Sous-type de texte:
presse quotidienne nationale
Modalité:
écrit
Sample address:
/annis-sample/chambers-rostand/1_H_F_200202.html
Texte:
DANONE Biscuiterie nantaise : des négociations qui tournent en rond La séance de négociation à la Biscuiterie nantaise , hier , n' a pas débouché . En grève depuis le 24 janvier , les syndicats doivent se prononcer d' ici le 27 février . Les négociations ont repris , hier matin , à la Biscuiterie nantaise , en grève depuis le 24 janvier , et dont les deux initiales , pour des générations , restent liées aux fameux " goûter BN " . Les pourparlers ont repris , mais , selon Georges Ruiz , responsable du syndicat CGT , sans donner lieu à de réelles avancées . La direction du site , qui négocie au nom du groupe United Biscuit , s' en est tenue aux " propositions " présentées le 8 février par le PDG de UB , Benoît Testard . En clair , le personnel ne peut espérer qu' une augmentation de salaire de 40 euros , conditionnée par la signature d' un accord qui , en matière de départs en retraite anticipés et de conditions de travail , ne propose rien de nouveau . Les dirigeants de la BN , s' agissant des retraites en particulier , renvoient toujours à l' avis , sans cesse reporté , des actionnaires . Les syndicats de l' entreprise ont jusqu'au 27 février pour se prononcer sur la suite de ces " négociations " qui tournent en rond . CGT et CFDT , après avoir informé les salariés , doivent se réunir aujourd'hui . La reprise des négociations d' hier fait suite à la reprise du travail . Celle -ci avait été décidée , le 14 février , au cours d' une assemblée générale et s' était effectuée en deux temps : une partie du personnel reprenant le 15 , les autres , lundi matin . A cette occasion , le syndicat CGT de l' entreprise avait , dans un communiqué , salué le renforcement de l' action syndicale et le sens des responsabilités manifesté par le personnel . Elle s' était aussi réjouie qu' à l' occasion de cette lutte huit salariés aient décidé de se syndiquer . Le 12 février , une bonne centaine de salariés avaient manifesté , quai de Versailles , devant le siège nantais de la chambre patronale , où une délégation avait été entendue . Élus CGT et CFDT venaient d' être reçus par la direction qui leur avait annoncé que les propositions présentées , le 8 février , par Benoît Testard , rejetées à 74 % des votants , ne tenaient plus , qu' elles étaient annulées ... Ce jour -là était le seizième jour de la lutte . Le PDG de UB , maison-mère de BN pour la France et le Nord de l' Europe , s' était rendu sur place en raison de l' impasse dans laquelle étaient les négociations engagées avec la direction du site . Le conflit chez BN avait éclaté le 24 janvier . La veille , les élus CGT et CFDT avaient successivement rencontré la direction du site , pour lui faire part de leurs revendications . Ils s' étaient ensuite réunis et avaient décidé de passer à l' action et de cesser le travail . Les revendications des salariés portaient sur les droits à la préretraite ( 109 salariés concernés ) , mais aussi sur les salaires . Il était aussi fortement question des conditions de travail , en particulier , selon Jean-Paul Le Joncour , délégué CGT , d' embauches , la moyenne du recours à l' emploi intérimaire ayant représenté , en 2001 , l' équivalent de soixante-dix postes à temps plein et du respect de la dignité des salariés . Il semble en effet qu' Henri Darré , directeur de l' usine depuis septembre 2001 , ait mis un point d' honneur à se signaler par une attitude le plus souvent qualifiée de " provocatrice " : fouilles , interdiction de se parler , de s' asseoir , ordre de faire disparaître les calendriers , etc . BN compte 660 salariés , dont quelque 500 personnes à Nantes et ses environs ( 400 à la production à Vertou , seul site français de production ) . Elle a été reprise , en 2000 , par une holding , Finalealm , contrôlée par Paribas Affaires Industrielles , Cinven ( fonds britannique d' investissement ) , Deutsche Bank Capital Market ( 75 % ) , et l' américain Kraft-Nabisco ( 25 % ) , concurrent direct de Danone sur le marché du biscuit . L' usine de Vertou réalise un chiffre d' affaires de 72 millions d' euros . BN , en 2001 , de 198 millions d' euros .