L'Humanité

Corpus:
Chambers-Rostand (E)
Nom de fichier:
L'Humanité
Contact:
Angela Chambers, Séverine Rostand, Université de Limerick, Irlande
Niveaux d'annotation:
Annotation automatique
Statut de l'annotation:
automatique
Type:
presse écrite
Sous-type de texte:
presse quotidienne nationale
Modalité:
écrit
Sample address:
/annis-sample/chambers-rostand/1_H_I_200603.html
Texte:
Asie du Sud-Est ASEAN Le sommet de Phnom Penh sous forte pression américaine L' intervention de Colin Powell à Phnom Penh vise à faire entériner le redéploiement américain dans la région . C' est sous forte pression américaine que s' est tenu cette semaine , à Phnom Penh , le sommet de l' ASEAN ( Association des nations de l' Asie du Sud-Est ) , suivi par le Forum régional ( FRA ) qui regroupe les dix membres de l' organisation régionale et les partenaires du dialogue sur la sécurité que sont les États-Unis , l' Union européenne , la Russie , la Chine et le Japon L' ASEAN comprend le Brunei , le Cambodge , l' Indonésie , le Laos , la Malaisie , la Birmanie , les Philippines , Singapour , la Thaïlande et le Vietnam .. Pressions qui ont poussé l' association très hétérogène à aller au-delà du rôle de partenariat économique ( avec la perspective d' une vaste zone régionale de libre-échange ) auquel elle s' était limitée ces dernières années ) . Le secrétaire d' État américain Colin Powell a , lors de son intervention mercredi au Forum , mené la charge en appelant l' ASEAN à collaborer pleinement à la lutte antiterroriste en démantelant le réseau de la Jamaah Islamiyah tenue notamment pour responsable de l' attentat de Bali . Un engagement qui légitimerait le renforcement de la présence militaire américaine aux Philippines . Autres dossiers chauds au menu des réunions de Phnom Penh : la Corée du Nord et la Birmanie où la junte militaire a enlevé et de nouveau séquestré la dirigeante de l' opposition , Aung San Suu Kyi Suu Kyi . Si l' ASEAN a trouvé un accord de principe sur l' envoi d' une délégation de haut niveau à Rangoon son intervention dans les affaires birmanes se veut très limitée . La position du PDG de la compagnie pétrolière française Total , présente en Birmanie , Thierry Desmarest , qui s' est prononcé contre le recours à des sanctions économiques , n' est ainsi pas restée sans écho . Quant au face-à-face américano-nord-coréen , Colin Powell a ouvertement sollicité " l' aide de l' ASEAN pour maintenir la pression sur Pyongyang afin qu' il accepte des discussions multilatérales en vue de l' arrêt de son programme nucléaire . Dans son communiqué final , le FRA se contente cependant de " soutenir la dénucléarisation de la péninsule " et demande à Pyongyang de " revenir sur sa décision de retrait du Traité de non-prolifération " . Dans une partie de bras de fer qui dure depuis huit mois , Washington veut que " la Corée du Nord démantèle complètement et immédiatement son programme d' armes nucléaires " . Mais la Corée du Nord , qui s' estime menacée et revendique le droit à l' arme nucléaire , exige , avant toute discussion , comme garanties préalables , qu' elle ne sera pas attaquée par les États-Unis . La montée de la tension dans la péninsule s' accompagne en sous-main d' une remilitarisation de l' Asie du Nord-Est . Les États-Unis veulent débloquer une enveloppe de 11 milliards de dollars pour moderniser le système de défense de la Corée du Sud au cours des trois prochaines années et Séoul devrait augmenter son budget militaire de 30 % l' an prochain . En fait ce n' est pas à Phnom Penh mais à Honolulu que devait être examinée la question nord-coréenne . Selon l' agence japonaise Kyodo News News , le Japon , la Corée du Sud et les États-Unis y ont envisagé , au cours d' une réunion la semaine dernière , de geler un projet de réacteur nucléaire civil en Corée du nord mené par le consortium KEDO . En échange Pyongyang devait s' engager à stopper son développement d' armes nucléaires .