L'Humanité

Corpus:
Chambers-Rostand (E)
Nom de fichier:
L'Humanité
Contact:
Angela Chambers, Séverine Rostand, Université de Limerick, Irlande
Niveaux d'annotation:
Annotation automatique
Statut de l'annotation:
automatique
Type:
presse écrite
Sous-type de texte:
presse quotidienne nationale
Modalité:
écrit
Sample address:
/annis-sample/chambers-rostand/1_H_I_281202.html
Texte:
Irak Chronique de préparatifs de guerre Washington fait le dos rond face au scepticisme grandissant de l' opinion américaine . Le régime de Saddam avait cru bon de remettre sa déclaration sur l' état de ses armements le 7 décembre , 24 heures avant l' échéance fixée par le Conseil de sécurité de l' ONU . Mais c' était sans compter avec les faucons de la Maison-Blanche . Ils n' ont pas attendu le point de vue de Hans Blix , chef des inspections de l' ONU , pour tirer à boulets rouges . Tour à tour , Colin Powell , chef du département d' État américain , Ari Fleischer , porte-parole de la Maison-Blanche , sont montés au créneau , affirmant que l' Irak est en situation de " violation patente de ses obligations " . Et ce avant que George W. Bush n' assène que finalement Bagdad les avait " déçus " . Dans la foulée , Washington décide de renforcer son dispositif militaire en envoyant 50 000 soldats pour épauler les 65 000 marines présents dans la région . Dans le même temps , il exerce des pressions sur la Turquie afin qu' elle permette le déploiement de 80 000 militaires américains à la frontière turco-irakienne . Tony Blair , " the Poodle " ( le caniche ) , comme le surnomme la presse britannique , s' est évidemment aligné sans sourciller sur Washington et ordonnait aussitôt aux militaires britanniques de se tenir prêts ! La force britannique comprendrait 40 000 soldats de la Royal Navy , dont 5 500 des unités spéciales . Embarrassé par les prises de position américano-britanniques , Hans Blix s' est toutefois gardé de remettre de l' huile sur le feu . À l' endroit de Washington , accusant Bagdad de mentir sur l' état de son armement de destruction massive , le chef des inspecteurs en désarment de l' ONU lui demande de transmettre aux équipes onusiennes les renseignements dont disposent la CIA . Bien sûr , la demande a été acceptée , mais les États-Unis ont averti qu' ils ne peuvent pas dévoiler leurs sources de crainte qu' elles ne tombent entre les mains des Irakiens . En ont -ils en fait ? Dans ce cas , pourquoi ne les remettent -ils pas aux inspecteurs onusiens , pourtant chargés de vérifier si Bagdad se conforme à la résolution 1441 ? En arrière-plan de ces préparatifs de guerre , des divergences sont apparues entre les " civils " du Pentagone et les militaires . Le général Eric Sinseki , chef des armées de terre , et le général James L. Jones , commandant en chef des marines , ont fait savoir qu' ils ne partageaient pas l' optimisme du numéro deux du Pentagone , Paul Wolfowitz , et de ses collègues , concernant leurs plans d' intervention rapide et courte en Irak . Les deux officiers estiment que ces plans sous-estiment l' hypothèse d' une résistance acharnée de Bagdad au cas où les bombardements aériens s' avéreraient inefficaces . Pis , selon des rapports confidentiels de l' ONU , un conflit avec Bagdad provoquerait la mort , par la famine , de quatre à neuf millions d' Irakiens et l' exil vers les pays voisins d' un million de personnes . Washington n' est pas encore au bout de ses peines . Il fait face au scepticisme grandissant de l' opinion américaine . Non seulement deux tiers des Américains considèrent , selon un sondage publié par le Los Angeles Times , que George W. Bush doit encore apporter les preuves que l' Irak possède des armes de destruction massive , mais ils sont près de 30 000 artistes et intellectuels américains à avoir signé des appels contre un conflit avec Bagdad . Parmi les signataires , des acteurs d' Hollywood s' étaient prononcés à titre personnel , Sean Penn , Robert Redford , Kim Bassinger , Helen Hunt , Martin Sheen , Susan Sarandon , Tim Robbins , Angelica Huston ... Et bien sûr , Hillary Keagan , qui était mardi dernier à Paris au nom de Not in our Name ( Pas en notre nom ) ! Pour l' heure , les missions d' inspections de l' ONU accélèrent leurs investigations . Neuf sites - complexe industriel , usines de production de gaz , universités , centre de stockage de produits alimentaires , etc . - ont été visités , tandis que deux experts irakiens du nucléaire ont été auditionnés . En effet , ils doivent remettre leur rapport le 27 janvier 2003 au Conseil de sécurité , lequel doit décider si l' Irak est oui ou non en " violation patente de ses obligations " . Entre-temps , cette guerre non déclarée a déjà fait sa première victime , Patrick Bourrat , journaliste de TF1 , heurté par un char américain au Koweït .