L'Humanité

Corpus:
Chambers-Rostand (E)
Nom de fichier:
L'Humanité
Contact:
Angela Chambers, Séverine Rostand, Université de Limerick, Irlande
Niveaux d'annotation:
Annotation automatique
Statut de l'annotation:
automatique
Type:
presse écrite
Sous-type de texte:
presse quotidienne nationale
Modalité:
écrit
Sample address:
/annis-sample/chambers-rostand/1_H_S_040603.html
Texte:
Roland-Garros . Amélie Mauresmo douchée par l' orage Serena Plus de Tricolore en lice porte d' Auteuil après l' échec de Mauresmo face à Williams . Alors , on se rappelait le pronostic établi avant match par la Française . La numéro 5 de la hiérarchie internationale avait estimé : " Si Serena joue le meilleur tennis de sa vie sans faire de faute , bien sûr , je ne pourrai pas gagner . Mais il est évident qu' elle ne peut pas faire cela tous les jours . Donc , je prendrai ma chance . " Mais rattrapée par la réalité du terrain et peut-être la tension de l' enjeu du jour , Mauresmo ne prenait que les miettes que lui laissait Serena , vainqueur des quatre derniers tournois du Grand Chelem , série en cours . Les miettes , ce fut donc un jeu arraché sur le service de Williams après la première hémorragie du début de match . Ensuite , dans ce premier set , le destin d' Amélie reprenait un cours négatif . Après 22 minutes de jeu , Serena Williams empochait le premier set , 6 - 1 . Les onze coups gagnants de la fille de Richard Williams contre un seul à la Française avaient entre autres fait la différence . Néanmoins , Mauresmo avait osé espérer , avant d' entrer sur le court , que la terre battue ralentirait la fureur de " l' orange mécanique . " " Même si les coups de Serena sont puissants et rapides , la terre battue donne un peu plus temps " , avait expliqué Mauresmo . Puis d' ajouter en guise d' aveu prémonitoire : " Serena ne doute pas et elle a aussi une puissance hors norme . " Ici et là on glosait pourtant avant ce quart de finale sur le déclin de l' empire Williams . Simplement parce que Venus , l' aînée des deux soeurs , s' était inclinée au tour précédent face une jeune russe de dix-huit ans , Vera Zvonareva . Et puis Serena avait elle aussi peiné pour venir à bout de la Japonaise Sugiyama ( 7 - 5 , 6 - 3 ) . Pas de quoi pourtant effrayer l' Américaine , qui mettait ensuite les choses au clair : " C' est toujours positif d' avoir joué un match difficile parce que je me mets ensuite en colère contre moi-même et je me concentre un peu plus au match suivant . " Et c' est vrai qu' hier , la jeune Serena , vingt et un ans , avait l' oeil noir . Celui du boxeur qui défie son adversaire avant de le " dessouder . " Définitivement . Au bout de trente-neuf minutes de jeu , hier , Mauresmo était disloquée . Son adversaire menait déjà 6 - 1 et quatre jeux à zéro dans la seconde manche . Serena faisait cavalier seule dans son attelage orange . Car , comme aime à le répéter la Floridienne , " tous les matchs que j' ai perdus , je les ai perdus toute seule . C' est comme cela depuis des années . Quand je perds , ce n' est pas parce que l' adversaire a joué un match exceptionnel , c' est que j' ai fait 80 fautes . " Avant Roland-Garros , en tout cas , la numéro 1 mondiale avait plutôt multiplié les exploits , n' alignant que deux défaites depuis le début de l' année . Toutes sur terre battue face à la Belge Justine Hénin et à Amélie Mauresmo à Rome en début de mois . Alors quand la résidente genevoise aligna deux jeux de rang dans ce deuxième set et remonta le score jusqu'à 4 - 2 , les statisticiens du jeu se mirent à faire crépiter leurs neurones et assénèrent : " À Rome , Mauresmo avait aussi concédé le premier set 6 - 1 avant de s' imposer . " Las , l' histoire ne se répète pas si souvent deux fois . Au bout d' une heure et quatre minutes de jeu , Serena Williams faisait tonner l' orage une dernière fois , ou plutôt Mauresmo craquait encore en lâchant un dernier coup dans le filet ( 6 - 1 , 6 - 2 ) . La Française était bel et bien douchée .