L'Humanité

Corpus:
Chambers-Rostand (E)
Nom de fichier:
L'Humanité
Contact:
Angela Chambers, Séverine Rostand, Université de Limerick, Irlande
Niveaux d'annotation:
Annotation automatique
Statut de l'annotation:
automatique
Type:
presse écrite
Sous-type de texte:
presse quotidienne nationale
Modalité:
écrit
Sample address:
/annis-sample/chambers-rostand/1_H_S_120202.html
Texte:
Le hockey tricolore à la croisée des patins Pour son cinquième tournoi olympique d' affilée , l' équipe de France a bien l' intention de se frotter aux professionnels nord-américains . La glace a fumé samedi soir à l' E-Center de Salt Lake City pour le premier match de l' équipe de France face à la Suisse ( 3 - 3 ) . Car chacune des deux équipes s' était fait un fromage de cette rencontre . Un vieux contentieux traîne toujours entre les deux formations . Ancien des joutes de la NHL ( la ligue professionnelle américaine ) lorsqu' il patinait pour les Saint Louis Blues , Philippe Bozon résume : " Contre la Suisse , il y a toujours un enjeu supplémentaire . On avait entendu dire qu' ils allaient nous battre facilement alors on a voulu leur montrer que nous n' étions pas qualifiés aux Jeux pour faire de la figuration . Nous voulions démontrer que la France a un gros coeur , travaille dur et mérite un peu plus de crédit . " Renseignements pris auprès d' un confrère suisse , les hockeyeurs tricolores ont beaucoup lu la presse helvète avant la confrontation . Ils n' ont pas aimé les propos de Suisses réputés polis et neutres . Pas du tout même . Qualifié pour la cinquième fois de rang pour un tournoi olympique , le hockey bleu reste en effet une " petite " nation dans le concert international des patinoires . Les JO sont la seule chance de l' équipe de France de sortir de l' ornière . Alors , ça bout sous les casques . Philippe Bozon toujours : " C' est les jeux Olympiques et on a une chance de jouer contre les meilleures équipes du monde alors on va tous se dépouiller . " Plutôt rageant donc de concéder le nul lorsqu' on mène au score à moins de cinq minutes de la fin . Plutôt crispant même lorsque le gardien Cristobal Huet a joué le remake de Fort Alamo pendant toute la rencontre face à des joueurs qu' il côtoie d' habitude dans le championnat suisse . Pas abattu pour autant , l' entraîneur finlandais des Bleus résume : " Nous ne devons pas oublier que nous avons joué contre les Suisses qui font partie de l' élite mondiale alors que nous ne sommes que la 19e nation de la hiérarchie internationale . " De toute façon , la méthode Coué n' est pas faite que pour les autres . Le capitaine Arnaud Briand , attaquant gaucher du club de Lulea en Suède , en est persuadé : " Nous croyons en nos chances . C' est pourquoi nous avons joué si dur au début du match contre la Suisse . Maintenant , il nous reste trois matchs à jouer . Il faut y aller à fond , concentré et tout donner . " Trois matchs à l' enjeu énorme . Personne au sein des 23 joueurs de l' équipe de France ne veut rater une nouvelle opportunité de relancer le hockey français dix ans après un quart de finale arraché à Albertville , et une France soudainement dingue de palet et de crosses . Ne reste donc qu' à s' extraire du tournoi de qualification et accrocher le droit de rejoindre les grandes nations du hockey ( États-Unis , Russie , Canada , Suède , Finlande ou Tchéquie ) au stade des quarts de finale . Après la Suisse , l' équipe de France retrouvait la nuit dernière ( 3 heures du matin ) une vieille connaissance : le Belarus , qui l' avait éliminé du tournoi olympique à Nagano en 1998 . L' histoire repasse souvent les plats , même avec de la glace .