L'Humanité

Corpus:
Chambers-Rostand (E)
Nom de fichier:
L'Humanité
Contact:
Angela Chambers, Séverine Rostand, Université de Limerick, Irlande
Niveaux d'annotation:
Annotation automatique
Statut de l'annotation:
automatique
Type:
presse écrite
Sous-type de texte:
presse quotidienne nationale
Modalité:
écrit
Sample address:
/annis-sample/chambers-rostand/1_H_S_120803.html
Texte:
Sports extrêmes ( 3 / 5 ) . Robby Naish , surfeur entre air et mer Le kite-surf est la discipline qui monte sur les bords de mer et séduit même les cadors de la planche à voile . Robby Naish ? Doit -on encore le présenter ? Cet homme a tout gagné en funboard . Pendant près d' une bonne vingtaine d' années , il a été l' icône de tous ceux qui ont mis les pieds sur une planche à voile . Sur toutes les mers du globe , et même à Paris-Bercy dans une vaste piscine d' eau froide balayée par d' énormes ventilateurs , sa voile rose Mistral a fait se lever les foules comme une belle grosse déferlante hawaïenne . C' est bien simple , il a été 28 fois champion du monde dans les diverses catégories de la discipline . N' en jetez plus ! À quarante ans , on imaginait donc qu' il aurait rangé ses planches , roulé ses voiles et tout remisé dans le hangar près de la maison , préférant regarder de la terrasse , un cocktail à la main , la nouvelle vague s' entre-déchirer à coup de loopings , doubles loopings et autres figures de style . C' est mal connaître l' animal . Depuis cinq ans , Robby , ce fou de tout ce qui vole et tracte sur l' eau , s' est lancé dans l' aventure du kite-surf , cette espèce de cerf-volant auquel des cinglés sont accrochés par des filins de 20 à 27 mètres , les pieds coincés dans ce qui , de loin , ressemble à un snowboard . " En fait , c' est le Français Manu Bertin qui est un peu l' un des inventeurs du kite-surf , qui m' a donné envie d' essayer , raconte le Californien . Je les regardais au départ un peu comme des fous . Leur truc ne marchait pas trop , car les voiles étaient trop lourdes , ne flottaient pas quand elles tombaient à l' eau . Et puis peu à peu , ils ont amélioré le système et je m' y suis mis . " Aujourd'hui , Robby , le retraité , partage son temps entre les deux activités : " Quand il y a beaucoup de vent , je fais du funboard . Quand le vent est moins fort et vient de la terre , je prends mon kite . " Évidemment , il n' a pas mis longtemps pour maîtriser l' engin : " C' est vraiment assez facile à apprendre aujourd'hui et tu peux , à la différence du funboard , avoir très vite des sensations . C' est moins traumatisant comme apprentissage . Le funboard , il faut beaucoup ramer avant de faire quelque chose de sympa . Là même un type de cinquante ans peut se taper un looping assez vite . " Robby Naish a tellement bien senti le vent de cette nouveauté que sa compagnie qui fabrique des voiles de windsurf s' est mise aussi à construire des voiles de kite et des planches . Pourtant Robby ne veut pas muer en chantre inconditionnel de cette nouvelle décharge d' adrénaline qui peut aussi être une bombe à retardement . En effet , il y a eu déjà quelques morts : " On peut sauter en l' air très haut et assez longtemps et quand il y a beaucoup de vent , ce n' est pas toujours très maîtrisable . Heureusement , aujourd'hui , il existe un système de sécurité qui permet de se désolidariser de la voile en cas de pépin . En fait , tout le monde peut en faire , mais tout le monde ne devrait pas . " Mais difficile de clouer les casse-cous au sol comme l' avoue l' Hawaïen : " Le plus incroyable dans le kite , ce n' est pas tellement de surfer , mais de pouvoir s' élever à tout moment . Faire des sauts incroyables . Être suspendu dans l' air pendant plusieurs secondes et enchaîner des figures , c' est magique . En plus , le kite , tu peux vraiment en faire partout parce que le matériel est transportable facilement . Cela ouvre des horizons que l' on n' imaginait même pas . Tu peux aller en faire en Suède , en Égypte , en Pologne , n' importe où ... " Au mois de mai , Robby était à l' île d' Oléron pour sa " Naish Wave party " , réunion de tous les mordus de ce qui glisse sur l' eau grâce à la traction du vent ou des vagues . Bien évidemment , il avait pris son kite délaissant le funboard au grand regret de tous ses fans qui avaient fait le déplacement : " Je ne sais pas si cela va supplanter le funboard dans les années à venir , mais ce sera de toute évidence une discipline à ne pas sous-estimer . " En tout cas , la légende est déjà en route . À Hawaï , certains prétendent avoir vu ces drôles d' engins défier des monstres de 7 mètres ...