L'Humanité

Corpus:
Chambers-Rostand (E)
Nom de fichier:
L'Humanité
Contact:
Angela Chambers, Séverine Rostand, Université de Limerick, Irlande
Niveaux d'annotation:
Annotation automatique
Statut de l'annotation:
automatique
Type:
presse écrite
Sous-type de texte:
presse quotidienne nationale
Modalité:
écrit
Sample address:
/annis-sample/chambers-rostand/1_H_S_200703.html
Texte:
Histoire ( s ) Louison : six fois sur le métier , il remit son ouvrage Nous nous sommes quittés à Béziers après la fameuse algarade entre les Tricolores Bobet-Geminiani et l' accord finalement trouvé pour faire confiance à Louison , le seul des trois ( Geminiani , Lauredi , Bobet ) qui ait répondu franchement à la question de Marcel Bidot : qui peut gagner le Tour ? Louison a dit : " Oui , si nous faisons bloc " , et l' équipe de France fait bloc . Louison Bobet gagne son premier Tour de France . Avant de nous quitter , car ce Tour du centenaire touche à sa fin ; je me permets cette rubrique sur Louison Bobet et j' aurais mauvaise conscience si je ne le faisais pas . Je l' ai dit , écrit , souvent : Bobet était mon préféré lorsque , en 1953 , je participai pour l' Huma à mon premier Tour de France . Nous partions de Strasbourg , Louison Bobet avait vingt-sept ans . Nous étions conscrits et je savais qu' à dix-neuf ans Louison faisait partie de la Résistance , alors que la plupart des " pros " couraient chaque dimanche pour gagner un jambon ou une motte de beurre . C' est vrai , il fallait bien vivre . Oui , ce Bobet qui participait au Tour pour la sixième fois et que les " papes " du cyclisme ( Baker , D . Issy , Michéa , Chany ... ) avaient décrété que ce Breton n' était pas un coureur du Tour ; personnellement , j' y croyais . Les " papes " furent sèchement désavoués , car Louison , qu' ils avaient baptisé " Louisette " ou " Bobette , la pleurette " , leur cloua le bec . Louison Bobet allait aligner trois Tours consécutifs . Il était le premier Français à réussir le triplé . Seul avant lui , le Belge Thys avait réussi cette performance , en 1913 , 1914 et 1920 . On le voit , Louison Bobet dans les festivités du centenaire occupe une place privilégiée , car le cinquantenaire 1953 , c' est celui de Louison . Il nous a quittés il y a vingt ans , le 13 mars 1983 , à cinquante-huit ans . Comment ne pas penser à lui . Bobet a marqué de son empreinte le cyclisme international , on peut même dire le sport international , car sa présence dépassait largement le cercle du peloton . Louison avait apporté quelque chose de nouveau dans la compétition de haut niveau . Au départ , il n' était sûrement pas un surdoué comme Hugo , Koblet ou Fausto Coppi , mais sa volonté , son désir de s' élever non pas seulement au sommet des cols , mais aussi dans la vie , faisaient de lui un sportif exemplaire . Il avait fait de son sport une sorte de religion , cherchant toujours l' amélioration dans la préparation physique , la diététique et le choix du matériel . Lorsqu' il cessa la compétition - après un accident de voiture , le 15 décembre 1961 , il fut sérieusement blessé , ainsi que son frère Jean - , Louison entreprit sa deuxième vie , ouvrant avec Jean un centre de thalassothérapie à Quiberon . Beaucoup de Français découvrirent cette thérapeutique , et " frère Jean " dût souvent expliquer , aux profanes que nous étions , ce qu' était ce centre de Quiberon . Il me revient à l' esprit Liège-Bastogne-Liège de 1956 , gagnée par Germain Dericke . Une course épouvantable : froid , neige , 107 partants , 19 arrivants . Louison Bobet , classé neuvième , avait surmonté toutes les difficultés . L' équipe Mercier , sauf Louison , avait abandonné . Lorsque Louison arriva à l' hôtel , Antonin Magne s' adressa à ses coureurs et leur dit : " Messieurs , levez -vous , un grand champion arrive . " Louison Bobet , c' était ... un monsieur . Ancien journaliste à l' Humanité , il a couvert 35 Tours de France P. S . Cette année -là , 1954 : Chute de Diên Biên Phu et fin de la guerre d' Indochine . Robert Cohen champion du monde des poids coq .