Le Monde

Corpus:
Chambers-Rostand (E)
Nom de fichier:
Le Monde
Contact:
Angela Chambers, Séverine Rostand, Université de Limerick, Irlande
Niveaux d'annotation:
Annotation automatique
Statut de l'annotation:
automatique
Type:
presse écrite
Sous-type de texte:
presse quotidienne nationale
Modalité:
écrit
Sample address:
/annis-sample/chambers-rostand/1_M_C_280503.html
Texte:
Le fado refleurit , déchirant et sensuel Cristina Branco à l' Olympia , Paris , le 26 mai . CRISTINA BRANCO , qui vient de publier l' album hétéroclite Sensus , précise , sur la scène parisienne de l' Olympia , où elle était en concert le 26 mai , qu' elle n' est pas une chanteuse de fados traditionnels , mais que deux d' entre eux figurent en toute occasion à son répertoire : Cansaço ( Fatigue , poème de David Mourao Ferreira sur le thème du Fado Tango ) , Meu amor e marinheiro ( Mon amour est marin , poème de Manuel Alegre , musique d' Alain Oulman ) , un classique d' Amalia Rodrigues . Née en 1973 , tombée en amour pour le fado à l' âge de 18 ans , quand son grand-père lui offrit un album de la divine Amalia , Cristina Branco s' est donné pour tâche de repousser les frontières du genre , sans en renier le style . L' exercice n' est pas simple , qui suppose un constant changement de registre . Le fado a ses règles , sa dramaturgie , ses crescendos . Cristina Branco les sentira parfois brillamment ( Havemos de ir a Viana , antisalazariste et rieur , signé de deux complices d' Amalia , Alain Oulman et Pedro de Homen Melo ) , ou les avalera parfois un peu vite au profit de ballades plus languides et plus linéaires . Comme ses camarades de jeu néo-fadistes , Cristina Branco est dotée d' une voix à la force remarquable . Elle essaie aussi de préserver l' essentiel du style vocal et les ornementations instrumentales , apporte un soin tatillon au choix des poésies - de Fernando Pessoa à Luis de Camoes ou Eugenio de Andrade . Campée sur ces certitudes , elle peut alors déborder , s' étendre comme Tage en plaine . Du Brésil , elle a encore retenu la très sensuelle O meu amor , du chanteur Chico Buarque , sans doute l' un des poètes lusophones majeurs de ce siècle avec Vinicius de Moraes , dont elle emprunte Soneto da separaçao ( musique de Custodio Castello ) . Puis apparaissent Shakespeare ou le poète contemporain néerlandais J. J. Slauerhoff , à qui elle a consacré un album entier . Grâce , intelligence , abandon du pathos et de la part d' ombre du fatum ( le destin du fado ) : Cristina Branco et ses musiciens ( un quatuor de guitares , un pianiste ) mènent la barque de la nouvelle chanson portugaise sur des eaux calmes . On l' imagine bien pourtant , puisqu' on l' a déjà vue faire - notamment à ses débuts parisiens à la Maison des cultures du monde puis au Théâtre des Abbesses en 1999 et 2000 - passer par dessus bord ces politesses de contournement . Envoyer paître la décence et revenir au vif du sujet : l' amour , ses délices , ses tourments . Cristina Branco sans pathos à l' Olympia