Le Monde

Corpus:
Chambers-Rostand (E)
Nom de fichier:
Le Monde
Contact:
Angela Chambers, Séverine Rostand, Université de Limerick, Irlande
Niveaux d'annotation:
Annotation automatique
Statut de l'annotation:
automatique
Type:
presse écrite
Sous-type de texte:
presse quotidienne nationale
Modalité:
écrit
Sample address:
/annis-sample/chambers-rostand/1_M_E_041003.html
Texte:
L' Amérique doute Les Etats-Unis doutent de la politique de George W. Bush sur la scène internationale - sur les armes de destruction massives en Irak - baisse de la popularité du président à presque un an de l' élection présidentielle POUR LA PREMIÈRE FOIS , une majorité des Américains doutent de la politique de George W. Bush sur la scène internationale . Et pour la première fois aussi , plus de la moitié s' inquiètent de la capacité du président à gérer l' économie , selon un sondage New York Times / CBS News Poll . A treize mois de l' élection présidentielle , c' est un tournant . Concernant l' économie , la reprise se confirme , mais le chômage continue de grossir . La critique sur « la croissance sans emplois » que développent les démocrates remporte d' autant plus de succès que les annonces se suivent de plans de licenciements ( Ford cette semaine ) et de délocalisations dans les pays à faible coût de main-d'oeuvre . L' administration Bush est accusée de ne rien faire contre cette « désindustrialisation » des Etats-Unis . Mais les plus graves revers concernent , bien entendu , l' Irak . L' opinion commence à juger que les Etats-Unis se sont enlisés tant les mauvaises nouvelles se succèdent . La liste des GI tués en Irak s' allonge quotidiennement . Deux leaders du « nouvel Irak » ont été assassinés ainsi que le représentant de l' ONU , Sergio Vieira de Mello . L' insécurité et l' anarchie freinent ou paralysent la reconstruction des infrastructures du pays , laissant la population désoeuvrée et sensible aux arguments antiaméricains des anciens partisans de Saddam Hussein . L' absence de préparation de l' après-guerre par l' administration est désormais criante comme l' est la division dans ses rangs entre les néoconservateurs qui veulent « mettre tous les moyens en oeuvre » en Irak , pierre angulaire de la lutte contre le terrorisme , et ceux , dont le ministre de la défense , Donald Rumsfeld , qui estime que l' essentiel était l' élimination de la menace Saddam Hussein et que l' Amérique ne doit pas s' engager dans la construction des nations ( nations building ) . Or les Américains peuvent douter de la vérité de cette « menace imminente » q ue représentait le dictateur . Le groupe d' inspection en Irak ( ISG ) chargé de trouver les armes de destruction massive , fort de 1 400 spécialistes américains et britanniques , vient de rendre un rapport d' échec . Ce qui était l' argument justifiant l' entrée en guerre apparaît de plus en plus fabriqué . La recherche des responsables a provoqué un climat de crise à Londres - Tony Blair a perdu son plus proche conseiller et affronte une crise de confiance - et Washington est touché . Le président Bush , qui a demandé 87 milliards de dollars au Congrès pour financer la guerre et la reconstruction , rencontre de fortes réticences tant la facture humaine et financière apparaît de plus en plus lourde sur les épaules des seuls ménages américains . Le président l' a compris et tente depuis cet été de se rapprocher de l' ONU pour la faire partager . Mais cette politique rencontre elle aussi peu de succès : Kofi Annan vient de dénoncer vivement la proposition américaine d' une nouvelle résolution des Nations unies . Bush pensait sans doute gagner sa réélection en Irak . Il est peut-être en train de la perdre .