Le Monde

Corpus:
Chambers-Rostand (E)
Nom de fichier:
Le Monde
Contact:
Angela Chambers, Séverine Rostand, Université de Limerick, Irlande
Niveaux d'annotation:
Annotation automatique
Statut de l'annotation:
automatique
Type:
presse écrite
Sous-type de texte:
presse quotidienne nationale
Modalité:
écrit
Sample address:
/annis-sample/chambers-rostand/1_M_E_120903.html
Texte:
L' emploi sans politique La politique du gouvernement de Jean-Pierre Raffarin pour le chômage LE CHÔMAGE est revenu au premier rang des préoccupations des Français . Les chiffres attendus pour août assombrissent encore les perspectives . Plus de 2 , 4 millions de personnes cherchent vainement un emploi , soit 9 , 6 % de la population active . La barre symbolique de 10 % semble devoir être irrémédiablement franchie dans les tout prochains mois . Pour la première fois depuis dix ans , l' économie française a détruit 60 000 postes dans le secteur concurrentiel au premier semestre . C' est le coeur de la machine de l' emploi qui est atteint . L' erreur est originelle . Le candidat Chirac avait multiplié les promesses en comptant sur une croissance régulière de 3 % l' an et sur la manne que ce dynamisme devait apporter aux caisses de l' Etat . Sans voir que les courbes du chômage étaient reparties à la hausse depuis un an déjà ( mai 2001 ) , il estimait que la question était devenue secondaire . Depuis l' élection , la croissance ne cesse de s' effondrer : 1 , 2 % en 2002 , et sans doute la moitié cette année . D' où la panique visible du gouvernement . Sur le plan économique , il hésite sur la stratégie et disperse ses moyens ( baisse des impôts en espérant que les ménages consommeront plus , petites aides aux entreprises en espérant qu' elles investiront ) et , surtout , laisse filer à vau -l'eau le déficit budgétaire quitte à provoquer une très grave crise avec nos partenaires européens . Sur le plan social , il remonte les crédits pour les emplois aidés qu' il avait fortement réduits il y a un an . Pour sauver Alstom dont la disparition eut mis à sang plusieurs régions déjà dévastées par le chômage ( notamment Belfort ) , il décide de prendre 31 % de son capital , une nationalisation partielle elle aussi en rupture avec les règles européennes . Sur le front administratif , il ne sait que faire face aux plan sociaux , comme en témoigne le départ précipité et inexpliqué de Claude Viet , nommé il y a un an « M. Mutations économiques » . Les syndicats dénoncent cette absence de politique d' emploi : la CFDT s' en prend à la « passivité » gouvernementale , la CGT évoque le recours à un « arrosoir » pour éteindre « l' incendie » du chômage . Les élus de la majorité s' inquiètent ouvertement . Face à cette pression , le gouvernement veut afficher une mobilisation . M. Raffarin va à Londres plaider pour un plan de relance économique au niveau européen . Il va créer une mission pour favoriser une meilleure coordination entre les différents organismes chargés de l' emploi ( ANPE , Unedic , collectivités locales ... ) . En réalité , le gouvernement continue de ne savoir que faire , sans choisir et sans se donner les moyens de définir de politique forte . Au début de l' année , M. Raffarin avait expliqué que chacun des ministres devait « se décarcasser » pour lutter contre le chômage . Un expression qui résumait son désarroi . En cette rentrée , il n' a toujours pas d' autre politique que celle d' attendre la reprise américaine et ses retombées en Europe .