Le Monde

Corpus:
Chambers-Rostand (E)
Nom de fichier:
Le Monde
Contact:
Angela Chambers, Séverine Rostand, Université de Limerick, Irlande
Niveaux d'annotation:
Annotation automatique
Statut de l'annotation:
automatique
Type:
presse écrite
Sous-type de texte:
presse quotidienne nationale
Modalité:
écrit
Sample address:
/annis-sample/chambers-rostand/1_M_E_200303.html
Texte:
L' échec de Blair après la rébellion des députés travaillistes et du gouvernement contre l' entrée en guerre des britanniques TONY BLAIR sort personnellement grandi mais politiquement affaibli de la rébellion qu' il a dû affronter aux Communes pour faire voter , mardi 18 mars , une motion autorisant la participation de l' armée britannique à la guerre contre l' Irak aux côtés des Américains . Le vote a été acquis facilement , par 412 voix sur un total de 659 députés , grâce au soutien d' une très grande majorité des élus de l' opposition de droite . Mais 139 députés travaillistes se sont prononcés contre , ce qui est un refus historique pour la Grande-Bretagne , où la discipline de vote est de rigueur . Cette rébellion contre la politique du premier ministre a touché le gouvernement lui-même , puisque trois ministres et quatre secrétaires parlementaires ont marqué leur opposition à l' entrée en guerre des Britanniques sans une seconde résolution de l' ONU en donnant leur démission , dont Robin Cook , ministre des relations avec le Parlement , un proche du premier ministre . Cette rébellion a la faveur de la population britannique qui est , massivement , contre la guerre . Pendant le débat , Tony Blair n' a manqué ni de courage ni de passion pour convaincre ses rangs de la justesse de sa cause . Un refus de la guerre laisserait les populations irakiennes aux mains du tyran Saddam Hussein . La communauté internationale doit toujours rester soudée face aux grandes menaces . La division du monde en deux camps , les Etats-Unis et leurs alliés d' un côté , et la France , l' Allemagne et la Russie de l' autre , est « profondément dangereuse » pour l' avenir . M. Blair espère que la reconstruction de l' Irak fournira l' occasion de retrouver le chemin de la coopération . Tony Blair , que l' on critiquait en raison de son inclination pour le marketing politique et de son suivisme envers l' opinion publique , a montré au contraire qu' il pouvait affronter cette dernière . A cette aune , il a pris une autre stature . Mais il reste que ses efforts pour faire voter une deuxième résolution à l' ONU ont échoué . Contrairement aux principes internationalistes auxquels il se réfère depuis le départ pour amener les Américains à l' ONU , les belligérants vont entrer en guerre sans mandat spécifique des Nations unies . Tony Blair devra en tirer les leçons . Il accuse Jacques Chirac d' avoir préféré constamment « la rivalité au partenariat » avec l' équipe Bush . Mais son échec provient surtout de la faiblesse des argumentations de George W. Bush , de ses objectifs mouvants et de l' influence qu' exerce sur lui le clan des faucons unilatéralistes américains qui ont été , tout au long de ces derniers mois , les plus obstinés opposants de la vision onusienne de Blair . Le premier ministre devra en particulier déterminer s' il poursuit sa politique atlantiste maintenant que ce clan va se sentir renforcé , justement , par l' échec de l' ONU . En Grande-Bretagne , l' unité de la nation va vite se refaire dans la guerre derrière les 45 000 soldats engagés sous l' Union Jack . Mais les conséquences se feront sentir en Europe , en particulier sur la politique de défense commune qui repose sur deux pays , l' Angleterre et la France , désormais en opposition nette .