Le Monde

Corpus:
Chambers-Rostand (E)
Nom de fichier:
Le Monde
Contact:
Angela Chambers, Séverine Rostand, Université de Limerick, Irlande
Niveaux d'annotation:
Annotation automatique
Statut de l'annotation:
automatique
Type:
presse écrite
Sous-type de texte:
presse quotidienne nationale
Modalité:
écrit
Sample address:
/annis-sample/chambers-rostand/1_M_F_201203.html
Texte:
China Life , symbole de l' engouement pour les actions chinoises L' ANNÉE 2003 aura aussi été celle des « red chips » , les actions des sociétés de la Chine communiste . Pariant sur la spectaculaire vigueur de la croissance chinoise , et profitant d' une nouvelle vague de privatisations , les investisseurs boursiers se sont rués sur les actions d' entreprises chinoises , notamment sur celles cotées à Hongkong , où les étrangers peuvent vendre ou acheter des titres en toute liberté . L' indice Hang Seng China Enterprises a flambé de 126 % à la Bourse de Hongkong depuis le début de l' année . FILES D' ATTENTE POUR CHINA LIFE La mise sur le marché de 25 % du capital de l' assureur-vie China Life Insurance , commencée le 17 décembre à New York et poursuivie le lendemain à Hongkong , a suscité un appétit digne des plus beaux jours de la bulle Internet . C' est la plus grosse introduction boursière au monde en 2003 : 3 milliards de dollars ( 2 , 40 milliards d' euros ) . L' entreprise est un géant : les statistiques lui attribuent entre 45 % et 60 % du marché intérieur chinois de l' assurance . Début décembre , les résidents de Hongkong ont ainsi fait la queue devant les banques pour y retirer leurs formulaires de réservation d' actions , commandant 170 fois plus de titres que ce qui leur était alloué . Les investisseurs institutionnels , hong-kongais ou étrangers , ont également sursouscrit 20 fois les actions qui leur étaient destinées . Le premier jour de cotation de l' assureur a permis à ceux qui ont revendu dans la journée de réaliser une jolie plus-value . L' « american depositary receipt » coté ( certificat négociable émis par une banque américaine représentant la propriété d' une action non américaine ) de China Life Insurance a gagné 27 % , à 23 , 72 dollars , à New York , mercredi 17 décembre , par rapport à un cours d' introduction de 18 , 68 dollars . Le lendemain , l' action proprement dite , émise à Hongkong , gagnait près de 25 % sur son prix d' émission . INTRODUCTIONS GÉANTES EN 2004 Quelques jours plus tôt , l' action du fabricant de camions Great Wall Automobile Holdings , a été sursouscrite plus de 680 fois ! MI-NOVEMBRE , L' INTRODUCTION DE LA SOCIÉTÉ CHINA YANGTZE POWER , QUI EXPLOITE LE BARRAGE DES TROIS GORGES SUR LE FLEUVE YANGTSÉ , A ÉTÉ SURSOUSCRITE PLUS DE 80 FOIS ET L' ACTION A GAGNÉ PRESQUE 44 % AU PREMIER JOUR DE SA COTATION . MÊME INTRODUCTION À SUCCÈS POUR L' ÉDITEUR DU SITE DE VOYAGE EN LIGNE CTRIP . COM OU L' ASSUREUR PICC , ENTRÉS EN BOURSE CES DERNIÈRES SEMAINES . CETTE VAGUE D' INTRODUCTIONS GÉANTES POURRAIT ENFLER EN 2004 . Après les valeurs pétrolières puis les télécommunications ( China Mobile , China Unicom , etc. ) , arrivées en Bourse dans les années 1990 , ce sont aujourd'hui notamment les sociétés financières chinoises qui viennent chercher sur le marché des moyens de financer leur croissance . L' émission de China Construction Bank , l' une des quatre grandes banques d' Etat chinoises , pourrait représenter 5 milliards de dollars . Sont aussi programmées celles de Ping An Insurance , Minsheng Bank , China Network Communications , Semiconductor Manufacturing ou Air China . Les banques d' affaires anglo-saxonnes tentent de décrocher des mandats d' introduction pour pallier un marché d' émissions encore creux aux Etats-Unis et en Europe . LE RISQUE DE « L' ÉMISSION DE TROP » Si les particuliers de Hongkong se précipitent sur les « red chips » , c' est entre autre parce que les placements bancaires sont peu rémunérateurs . Les investisseurs internationaux veulent profiter , quant à eux , d' une croissance du produit intérieur brut chinois évaluée à 8 % en rythme annuel . Certains commencent cependant à se méfier . Pour Andy Xie , stratège chez Morgan Stanley , « ce qui se passe aujourd'hui me rappelle la « red chip mania » de 1997 et la bulle Internet » . Vincent Strauss , gérant spécialiste des actions chinoises chez Comgest à Paris , prévient : « Pour l' instant , les émissions parviennent à attirer l' argent frais des investisseurs . Mais un jour , il y aura l' émission de trop , celle pour laquelle le cours chutera dès le premier jour de cotation et le marché se retournera » . De fait , les actions chinoises commenceraient à devenir chères . Par ailleurs , la transparence des entreprises mises sur le marché n' est pas acquise . « Ce sont des regroupements de morceaux d' activités d' entreprises publiques . Dans le cas de China Life , la maison mère est proche de l' insolvabilité » , souligne M. Strauss .