Le Monde

Corpus:
Chambers-Rostand (E)
Nom de fichier:
Le Monde
Contact:
Angela Chambers, Séverine Rostand, Université de Limerick, Irlande
Niveaux d'annotation:
Annotation automatique
Statut de l'annotation:
automatique
Type:
presse écrite
Sous-type de texte:
presse quotidienne nationale
Modalité:
écrit
Sample address:
/annis-sample/chambers-rostand/1_M_F_280102.html
Texte:
L' hôtellerie de luxe parisienne retrouve peu à peu le taux de fréquentation précédant le 11 septembre Octobre et novembre 2001 ont été catastrophiques pour ce secteur économique QUATRE mois après les attentats terroristes de New York et de Washington , l' hôtellerie de luxe parisienne fait ses comptes . Après plusieurs années exceptionnelles , les palaces et hôtels de luxe de la capitale - un secteur qui réalise environ 600 millions d' euros de chiffre d' affaires - ont eu à faire face à une crise dont la seule référence était la guerre du Golfe de 1990 . Mais leur réaction a été tout autre . Les hôteliers ont bien retenu la leçon , relève Philippe Gauguier , directeur associé chez PKF Hotelexperts . En 1990 , sous la pression de gros opérateurs , les hôteliers haut de gamme avaient sensiblement baissé les tarifs , mais ils ont mis tellement longtemps à retrouver le niveau abandonné que le mot d' ordre aujourd'hui est : Tenir les prix coûte que coûte . Pourtant , ajoute M. Gauguier , un effort sur les tarifs n' aurait rien d' inconcevable : Lors de Coupe du monde , en 1998 , ou en juin 2001 lors du Salon aéronautique du Bourget , les hôteliers n' ont pas hésité à appliquer un bonus sur les prix . Les hôteliers de luxe ont donc refusé d' ajuster la variable prix . Nous n' avons pas baissé les tarifs , c' est une très mauvaise chose . Jamais au cours de notre existence nous n' avons remis en cause notre politique tarifaire , explique Didier Le Calvez , directeur général de l' hôtel Four Seasons George-V . Surtout en France , poursuit M. Le Calvez . Nous sommes une industrie de coûts fixes , nous n' avons pas de coûts variables . François Delahaye , directeur général du Plaza Athénée , partage cet avis , ajoutant : Nous ne licencions pas non plus quand les choses vont mal . Puisqu' ils se refusent à faire payer moins cher , les hôteliers ont trouvé une parade : en offrir davantage pour le même prix . Nous avons voulu nous focaliser sur le service , explique Didier Le Calvez . Offrir une bouteille de champagne , un spectacle ou un petit déjeuner , c' est autant d' attentions qui entretiennent et fidélisent une clientèle . Une démarche désormais commune à l' ensemble des hôtels . Cette attitude a -t-elle payé ? Le Four Seasons George-V termine l' année , selon son directeur , avec le taux d' occupation le plus haut de toute la capitale et s' offre même le luxe de faire mieux mieux que l' année précédente , avec un taux d' occupation moyen de 81 , 5 % , pour un prix moyen de la chambre compris entre 660 et 680 euros . A l' Hôtel Meurice , qui vient de rouvrir ses portes , le taux d' occupation a déçu , mais il n' a rien de catastrophique , même s' il est largement en deçà des prévisions ( 75 % en moyenne , au lieu des 95 % anticipés ) . Les clients , notamment américains , qui constituent un peu moins de 50 % de notre clientèle , ont également eu peur de l' avion , ce qui s' est rapidement traduit dans la fréquentation , explique Claudia Schall , directrice des relations publiques de l' hôtel . Ce ralentissement n' a pas affecté l' emploi ni les salariés . On a joué sur les vacances et sur les 35 heures , et , dès que l' hôtel aura repris son rythme de croisière , nous poursuivrons notre politique d' embauche , assure Mme Schall . Au Plaza Athénée , l' optimisme est à l' ordre du jour . Nos taux d' occupation ont baissé de 15 % en septembre , de 25 % en octobre et en novembre 2001 , mais décembre était identique à l' année précédente alors que janvier remonte de 10 % par rapport à 2001 , explique M. Delahaye . Le constat est identique chez Accor , qui , sans avoir dans sa gamme de véritable palace , n' en possède pas moins des hôtels de grand luxe sous enseigne Sofitel . Nous avons eu une baisse importante des taux d' occupation dans cette catégorie d' hôtels , entre 10 % et 35 % suivant les mois : en octobre , entre 20 % et 25 % par rapport à l' année précédente , reconnaît Sven Boinet , membre du directoire en charge de l' hôtellerie du groupe Accor . Au fil des mois , cette baisse s' est tassée pour atteindre 15 % à 20 % en novembre 2001 et 8 % à 10 % en décembre . Elle s' est finalement pratiquement estompée en janvier , où l' on retrouve les mêmes niveaux d' occupation qu' il y a un an . Mais , comme les autres hôteliers , Accor s' est refusé à jouer sur les prix . Notre clientèle est à 60 % une clientèle d' affaires et à 40 % de loisirs . Dans cette fraction , la moitié sont des clients individuels à haute contribution . C' est surtout dans cette population que nous connaissons toujours un déficit . Pour Michel Jauslin , vice-président de Hyatt International pour l' Europe - qui doit ouvrir un palace sous l' enseigne Park Hyatt , rue de la Paix , à Paris , à la fin de l' été 2002 - , la reprise se fait également sentir . Mais une tendance se dégage : la réservation de dernière minute , qui était encore le fait d' une clientèle de loisirs , commence à se généraliser dans le milieu des affaires , ce qui ne facilite pas l' exercice déjà difficile de l' anticipation .