Le Monde

Corpus:
Chambers-Rostand (E)
Nom de fichier:
Le Monde
Contact:
Angela Chambers, Séverine Rostand, Université de Limerick, Irlande
Niveaux d'annotation:
Annotation automatique
Statut de l'annotation:
automatique
Type:
presse écrite
Sous-type de texte:
presse quotidienne nationale
Modalité:
écrit
Sample address:
/annis-sample/chambers-rostand/1_M_F_280803.html
Texte:
Vivendi Universal fait monter les enchères pour la reprise de ses activités américaines Deux candidats au rachat notamment des studios Universal et des parcs à thème ont été retenus : General Electric et Edgar Bronfman Jr DEPUIS qu' il préside Vivendi Universal ( VU ) , Jean-René Fourtou a montré qu' il était habile manoeuvrier . Sa gestion de la vente de sa filiale américaine , Vivendi Universal Entertainment ( VUE ) , qui comprend les studios Universal , les parcs à thème du même nom et un réseau de chaînes de télévision , le confirme . Le conseil d' administration de VU qui s' est tenu mardi 26 août aurait dû trancher entre les deux candidats en lice : d' un côté , Edgar Bronfman Jr , l' homme qui , en 2000 , a vendu Seagram et donc Universal à Jean-Marie Messier , et , de l' autre , le conglomérat General Electric ( GE ) . Un troisième groupe , Liberty Media , avait retiré sa candidature quelques heures avant le conseil , estimant que « les opportunités de synergies avec [ leurs ] autres activités ne sont pas suffisantes pour justifier la valeur escomptée de la transaction » . Quant à Viacom , qui , lui , restait en lice , seules les chaînes câblées de VUE l' intéressaient . S' il n' avait jamais été dit explicitement que le conseil d' administration de mardi serait décisif , les personnes « proches du dossier » l' avaient laissé entendre . Il n' en a rien été . Le conseil a décidé de continuer de faire monter les enchères . Selon le communiqué publié à l' issue du conseil , « le groupe a décidé d' approfondir les négociations avec les initiateurs des deux meilleures offres ( ... ) . Dans les deux cas , Vivendi Universal conserverait une importante participation minoritaire dans un groupe américain de médias ayant un fort potentiel de développement » . Selon un proche de Jean-René Fourtou , la décision pourrait être prise d' ici deux semaines et l' opération être techniquement et financièrement bouclée d' ici la fin de l' année . Disposant d' une certaine marge de manoeuvre financière suite à de récentes opérations de refinancement et de cession , le conseil préfère se donner du temps plutôt que de « brader » son actif . Il est vrai que l' objectif de VU - retirer environ 14 milliards de dollars de la vente de VUE - est ambitieux . Il s' agirait d' une des plus importantes opérations financières de l' année . Les candidats présentent deux profils différents . Le milliardaire Edgar Bronfman Jr , associé à deux fonds de capital-risque , propose une reprise de la dette ( entre 2 , 5 et 4 milliards de dollars selon les calculs ) , une participation à hauteur d' environ 30 % du capital d' un ensemble constitué de VUE et de la chaîne Cablevision et le versement de 4 à 7 milliards de dollars sous forme de liquidités . Dans ce cas de figure , VUE changerait de propriétaire et verrait son périmètre élargi , mais le nouvel ensemble ne constituerait pas un nouvel acteur sur le marché des médias . L' intérêt pour VU serait d' avoir davantage de cash rapidement . UNE TROISIÈME SOLUTION L' offre de GE répond à une logique davantage industrielle . Outre une reprise de la dette , le conglomérat propose que VU prenne 20 % à 25 % d' un vaste groupe comprenant VUE et le réseau NBC ( chaînes câblées d' information MSNBC et CNBC ; Bravo , Telemundo ) qui lui appartient déjà . Le rapprochement constituerait , selon le communiqué , « un des plus grands groupes mondiaux de médias » . Certains proches de M. Fourtou affirment que l' offre de GE a une petite longueur d' avance . Mais il n' est pas interdit de penser que ces indiscrétions ont surtout comme objectif d' accroître la pression sur Edgar Bronfman , désireux de prendre une revanche personnelle sur ce dossier , mais qui n' a pas forcément l' aval de ses partenaires financiers pour faire une offre plus généreuse . En cas d' échec des négociations avec les deux prétendants , VU n' exclut toujours pas une troisième solution : la mise en Bourse de VUE . Mais le conseil a décidé que celle -ci ne se ferait qu' après la cession du pôle télévision de VUE ( à peu près 50 % des 6 , 5 milliards de dollars de chiffre d' affaires ) , qui n' a pas la taille suffisante mais qui intéresse deux réseaux américains : Viacom et Comcast . Ce serait donc un VUE très allégé et essentiellement centré sur le cinéma qui entrerait en Bourse .