Le Monde

Corpus:
Chambers-Rostand (E)
Nom de fichier:
Le Monde
Contact:
Angela Chambers, Séverine Rostand, Université de Limerick, Irlande
Niveaux d'annotation:
Annotation automatique
Statut de l'annotation:
automatique
Type:
presse écrite
Sous-type de texte:
presse quotidienne nationale
Modalité:
écrit
Sample address:
/annis-sample/chambers-rostand/1_M_I_120403.html
Texte:
Au Brésil , Luiz Inacio da Silva da Silva passe le cap des 100 jours en conservant sa popularité Malgré une progression du chômage , l' économie regagne en crédibilité A en croire le sondage publié , mercredi 9 avril , par le quotidien Folha de Sao Paulo , le président Luiz Inacio Lula da Silva conservait , à la veille de son 100e jour de mandat , un capital de popularité inédit depuis le rétablissement , en 1989 , quatre ans après la fin de la dictature militaire ( 1964 - 1985 ) , du suffrage universel pour l' élection à la magistrature suprême . " Passable " pour 40 % des personnes interrogées , " bonne ou très bonne " pour 43 % d' entre elles : la performance est d' autant plus remarquable que le taux officiel du chômage a grimpé de 10 , 5 à 11 , 6 % au cours des trois derniers mois . Cependant , et c' est ce que retiennent les Brésiliens , l' économie a survécu aux noires prédictions du financier George Soros sur l' imminence d' un moratoire sur la dette publique , et elle étonne désormais les prophètes de mauvais augure en esquissant un rebond en pleine tourmente irakienne . Indice cardinal de l' amélioration des principaux indicateurs macroéconomiques , le dollar , qui frôlait les 4 reals en décembre 2002 , s' échangeait ces derniers jours autour de 3 , 20 reals . Quant au risque-pays , il vient de repasser sous la barre des 1 000 points après avoir culminé à 2 400 points en septembre 2002 . " Le monde croit de nouveau au Brésil " , a claironné Lula dans une allocution télévisée , lundi , la première depuis son investiture , le 1er janvier à Brasilia . Les banques et les entreprises brésiliennes ont déjà levé , cette année , 6 milliards de dollars de prêts malgré la guerre en Irak . " Le choc de crédibilité fait ses effets " , analyse Raymundo Magliano , président de la Bourse des valeurs de Sao Paulo ( Bovespa ) et membre du conseil chargé de débattre des projets de réformes structurelles sous l' égide du secrétariat d' Etat au développement économique et social . Les comptes de la Bovespa , positifs de 300 millions de dollars en placements étrangers au terme du premier trimestre , montrent que la méfiance des investisseurs à l' égard de l' ancien leader syndical s' est considérablement estompée . Le gouvernement a certes donné des gages de responsabilité fiscale en s' engageant auprès du Fonds monétaire international à augmenter l' excédent budgétaire primaire ( hors service de la dette ) de 3 , 75 % à 4 , 25 % en 2003 . UNE " SEULE ERREUR " Le gouverneur de la banque centrale , Henrique Meirelles , ancien président de BankBoston , a également apporté sa caution en relevant le taux directeur de son institution de 25 % à 26 , 5 % . En contrepartie , le FMI , dont le Brésil est devenu l' élève modèle , vient de libérer une tranche de 4 , 1 milliards de dollars dans le cadre de l' accord de transition négocié par le gouvernement précédent . Directeur des relations internationales à la Fédération des industries de l' Etat de Sao Paulo , Maurice Costin se fait le porte-parole du patronat à l' heure de saluer la politique " saine , sereine et orthodoxe " menée par l' équipe économique . " Forcer sur les taux d' intérêt pour combattre une inflation qui n' est pas due à une demande excessive est , à mon avis , une erreur , indique -t-il , mais c' est la seule que j' impute jusqu'ici au gouvernement . Il est vrai qu' il faut parfois exagérer pour convaincre . " A l' origine de la remontée du real , les bonnes rentrées en devises , dues notamment à un excédent du commerce extérieur de 4 milliards de dollars depuis le début de l' année , proviennent aussi , selon lui , des " mouvements de capitaux arabes qui préfèrent , par les temps qui courent , quitter les Etats-Unis pour le Brésil " . Où est donc passé le " changement " , leitmotiv de la campagne électorale de Lula ? Le récent réajustement - dérisoire , équivalent à 75 euros - du salaire minimum résulte d' une " marge de manoeuvre trop étroite " , d' après Luiz Marinho , président du Syndicat des métallos de la banlieue sud de Sao Paulo , poste jadis occupé par l' actuel chef de l' Etat . " Il faut stabiliser une économie étranglée avant de pouvoir prendre une autre direction " , explique -t-il . Secrétaire général de Força Sindical , la centrale rivale , Joao Carlos Gonçalves constate que " Lula ne tient pas ses promesses " et " poursuit la même politique recommandée par le FMI , qui n' apporte que récession et chômage " . Pour l' heure , les revendications sociales restent sous l' éteignoir . Seul le Mouvement des sans-terre ( MST ) a osé braver l' état de grâce présidentiel en reprenant ses " occupations de propriétés improductives " à travers tout le pays . L' un de ses leaders , Mario Lill , s' est même permis de pilonner publiquement le programme " Faim zéro " , basé sur la distribution de nourriture aux miséreux , dont le lancement est perturbé par une série de ratages administratifs . " L' assistanat , a -t-il déclaré , ne résoudra pas le problème de la faim . "