Le Monde

Corpus:
Chambers-Rostand (E)
Nom de fichier:
Le Monde
Contact:
Angela Chambers, Séverine Rostand, Université de Limerick, Irlande
Niveaux d'annotation:
Annotation automatique
Statut de l'annotation:
automatique
Type:
presse écrite
Sous-type de texte:
presse quotidienne nationale
Modalité:
écrit
Sample address:
/annis-sample/chambers-rostand/1_M_I_120503.html
Texte:
Tandis que M. Powell vient négocier la paix en Israël , M. Sharon prévoit de rencontrer M. Bush directement C' est la visite , samedi 10 mai au soir , du secrétaire d' Etat américain Colin Powell en Israël et dans les territoires occupés - la première depuis plus d' un an - qui doit théoriquement donner le véritable coup d' envoi du processus de la « feuille de route » , ce plan de paix concocté principalement par les Etats-Unis et l' Union européenne , avec la Russie et les Nations unies . Le document a été publié le 30 avril après l' intronisation du nouveau gouvernement palestinien que dirige Mahmoud Abbas , plus connu sous son nom de guerre , Abou Mazen . La nomination d' un responsable américain chargé de son suivi est attendue , et après le séjour de M. Powell , une équipe du département d' Etat devrait rester sur place pour assister les deux parties . Sur le terrain , M. Powell devrait pourtant rapidement prendre la mesure du scepticisme que suscite cette nouvelle initiative diplomatique . La poursuite ininterrompue des violences en est la cause la plus manifeste . Hostiles à la démilitarisation de l' Intifada prônée par le premier ministre palestinien , les factions radicales palestiniennes ont poursuivi les attentats et les attaques . De son côté , l' armée israélienne a procédé , singulièrement depuis les débuts de M. Abbas , à une série d' assassinats ciblés et d' incursions , principalement dans la bande de Gaza . Cette stratégie place le nouveau gouvernement palestinien , chargé de restaurer l' ordre , dans une situation des plus délicates . Les interrogations sont également alimentées par l' attitude du premier ministre israélien . Ariel Sharon dispose , avec l' effondrement sans précédent de la gauche , d' un pouvoir sans partage sur le jeu politique israélien . Contrairement aux Palestiniens , qui se sont , faute de marge de manoeuvre , résignés rapidement à accepter le nouveau plan de paix , M. Sharon s' y est longtemps opposé . Jusqu'à présent , les autorités israéliennes campent sur leur refus de deux éléments essentiels de la « feuille de route » : le parallélisme des efforts exigés des uns et des autres , ainsi que son calendrier , dont la dernière échéance , l' année 2005 , devrait coïncider avec la proclamation d' un Etat palestinien dans des frontières définitives . M. Sharon voudrait faire de l' arrêt des violences palestiniennes un préalable . Il voudrait , en outre , exiger des Palestiniens une capitulation sur une question essentielle : le droit au retour des réfugiés , renvoyée , dans la « feuille de route » , aux négociations finales . Quant au démantèlement exigé des derniers points de colonisation en date , jugés « illégaux » , y compris par les autorités israéliennes , il serait confié à l' appréciation d' une commission créée par l' armée et dirigée par un colon . M. Sharon compte pour cela sur ses liens privilégiés avec une partie de l' entourage du président américain , qui se distingue des positions du département d' Etat sur le dossier israélo-palestinien . Le quotidien israélien Haaretz notait , le 8 mai , l' existence de ces deux « canaux » américains , en assurant que ces jours derniers , parallèlement à la visite de l' adjoint de M. Powell , Williams Burns , venu préparer celle du secrétaire d' Etat , M. Sharon s' était longuement entretenu avec deux envoyés de la Maison Blanche , Steve Hadley et Elliot Abrams , avec lesquels il aurait même effectué un tour d' hélicoptère au-dessus de la Cisjordanie . Visite annoncée Car les divergences d' appréciation des uns ou des autres sont manifestes , au sein d' une administration américaine soumise par ailleurs à l' influence contradictoire des groupes de pression de juifs américains favorables ou hostiles au nouveau plan de paix . Lorsque M. Powell repousse l' idée d' un « cycle de négociations sans fin » et que M. Burns évoque les mesures qui doivent être prises dès le départ par les Israéliens , la conseillère de M. Bush pour les affaires de sécurité , Condoleezza Rice , assure , dans un entretien au Yedioth Aharonoth , le 2 mai , que lors de la première phase de la « feuille de route » ( qui en compte trois ) , la tâche consistera simplement à « s' asseoir avec les parties et à écouter leurs commentaires » . Le signe le plus manifeste de la défiance que M. Sharon porte aux efforts du département d' Etat est l' annonce officielle , le 9 mai , de la visite qu' effectuera le premier ministre israélien à la Maison Blanche , le 20 mai . M. Sharon donne ainsi l' impression de négocier directement avec M. Bush les éléments qui l' indisposent actuellement et de court-circuiter M. Powell .