Le Monde

Corpus:
Chambers-Rostand (E)
Nom de fichier:
Le Monde
Contact:
Angela Chambers, Séverine Rostand, Université de Limerick, Irlande
Niveaux d'annotation:
Annotation automatique
Statut de l'annotation:
automatique
Type:
presse écrite
Sous-type de texte:
presse quotidienne nationale
Modalité:
écrit
Sample address:
/annis-sample/chambers-rostand/1_M_I_280103.html
Texte:
La crise irakienne . Irak : les Etats-Unis acceptent la poursuite des inspections Hans Blix et Mohamed ElBaradei , responsables des inspecteurs du désarmement , présentent , lundi 27 janvier , au Conseil de sécurité , le bilan de deux mois de travail . A la demande de plusieurs pays , cette mission devrait se poursuivre quelques semaines ou quelques mois 3 pages au sujet des inspections de l' ONU en Irak - lundi 27 janvier 2003 présentation du rapport de Hans Blix et Mohamed ElBaradei Tout en affirmant que « le temps est compté » , les Etats-Unis devaient accepter , lundi 27 janvier , qu' un délai supplémentaire soit accordé aux inspecteurs de l' ONU chargés du désarmement de l' Irak . MM. Blix et ElBaradei , responsables des inspecteurs , présentent devant le Conseil de sécurité le bilan de deux mois de travail sur le terrain . L' un et l' autre devaient demander la poursuite de leur mission , tout en notant une coopération insuffisante de Bagdad . En particulier , les interrogatoires confidentiels de scientifiques irakiens se sont jusqu'alors révélés impossibles . Dans un entretien au Monde , le secrétaire d' Etat américain , Colin Powell , se dit prêt à accepter ce délai , demandé par la plupart des pays , Grande-Bretagne en tête . Il permettrait , à ce stade , d' éviter une division au sein du Conseil de sécurité . Les Etats-Unis semblent disposés à donner encore un peu de temps aux inspecteurs de l' ONU pour poursuivre leur mission en Irak . Sans qu' aucune déclaration officielle n' ait confirmé cette évolution , tous les journaux américains ont annoncé , à quelques jours d' intervalle , que l' administration Bush avait effectué un repli sur la question du calendrier des inspections , tout en continuant à marteler le même message officiel : « Le temps est compté. » Avant l' intervention de MM. Blix et ElBaradei devant le Conseil de sécurité , lundi 27 janvier , cette évolution a été confirmée à l' ONU par un diplomate de haut rang d' un pays du camp américain . « Les Anglais ont obtenu un délai après la visite de Jack Straw [ ministre britannique des affaires étrangères ] à Washington , a -t-il expliqué . Au moins jusqu'au 15 février . » Les diplomates ont aussi noté avec intérêt que la ministre espagnole des affaires étrangères , Ana Palacio , sortant à son tour d' un entretien avec Colin Powell , s' était préoccupée de voir les inspecteurs obtenir le temps dont ils ont besoin pour leur mission . Or , l' Espagne , entrée au Conseil début janvier , n' a pas encore acquis à l' ONU la réputation d' une grande indépendance d' esprit par rapport à Washington ... Dimanche , Tony Blair a dit , lui aussi , que les inspecteurs devraient avoir « le temps dont ils ont besoin , quel qu' il soit » , compte tenu du fait que cela ne devrait pas prendre « des mois » pour déterminer si Saddam Hussein coopère . Dominique de Villepin et Javier Solana ont eux aussi demandé du temps , plusieurs semaines , voire « plusieurs mois » , a dit le ministre français , « pas un temps infini » , a nuancé le responsable de la politique étrangère de l' Union européenne . « Une question de patience » Depuis Davos , le secrétaire d' Etat américain , Colin Powell , a lui-même répondu à la question de ce délai dans l' interview qu' il a accordée dimanche au Monde : « Certains pays pensent en effet que ce serait une bonne idée » , a confirmé M. Powell . Et , a -t-il souligné , « si les inspecteurs le demandent dans leur rapport , nous les écouterons » . Il ne resterait donc plus aux inspecteurs qu' à demander du temps . Avant même d' atterrir à New York en provenance de Vienne , Mohamed ElBaradei , le chef de l' Agence internationale de l' énergie atomique ( AIEA ) , a fait savoir que telle était son intention , et aussi celle de M. Blix , croyait -il savoir . Selon le porte-parole de l' AIEA , M. ElBaradei comptait aussi décerner , lundi , un « B » à l' Irak ( une note satisfaisante dans l' échelle des mérites scolaires aux Etats-Unis ) pour sa coopération avec les inspecteurs dans le domaine nucléaire . Le porte-parole a rappelé que l' AIEA n' a pas trouvé le fameux « smoking gun » sur les sites décrits comme abritant de « nouvelles constructions » suspectes par les responsables politiques américains et britanniques , début septembre . Quant aux tubes d' aluminium , présentés par Dick Cheney et Condoleezza Rice , comme prélude à des programmes nucléaires , ils se sont révélés , à l' étude , nettement moins intéressants même s' ils ont été obtenus en violation de l' embargo . En revanche , Hans Blix considérait de son côté qu' il n' avait aucune raison de demander un délai supplémentaire . Rien dans la résolution 1441 ne limite en effet la durée des inspections . « Ce n' est pas une question de temps mais une question de patience , rétorque Ewen Buchanan , le porte-parole de l' Unmovic ( Commission de contrôle , de vérification et d' inspection de l' ONU ) . Quelle est la patience du Conseil , c' est une autre affaire. » La question du délai a enflammé le conseil mi-janvier . M. Blix avait cru bon de s' inscrire dans le calendrier qui lui est précisé dans son ordre de mission de la résolution 1284 ( prévoyant alors un nouveau rapport fin mars ) . Sous une pluie de critiques américaines , il a dû battre en retraite . Mais de leur côté , les Américains n' ont pas trouvé d' alliés ayant envie de suspendre une mission en Irak qui n' a que 60 jours d' existence . S' il n' était pas toujours « d' humeur égale » , selon ses collaborateurs , M. Blix aurait été ces temps -ci fort mécontent . Il en était au point vendredi de ne pas vouloir mentionner le terme « coopération » dans son bilan des deux mois d' inspections , sachant avec quelle attention est étudié puis utilisé le moindre de ses propos . Il ne comptait nullement donner une note aux Irakiens , à la manière de l' AIEA . « Mais ils ne méritent certainement pas un « B » » , confiait un de ses proches . A Bagdad , le 20 janvier , M. Blix a été irrité . Il a fallu négocier avec les Irakiens les survols en hélicoptère dans la zone d' exclusion aérienne . « Ils voulaient avoir un de leurs hélicoptères derrière le nôtre , dit un inspecteur . Après ils ont demandé à pouvoir emmener des équipes de télévision dans notre hélicoptère. » M. Blix estime qu' il pourrait être utile aux Irakiens de prendre l' affaire « plus au sérieux » . Selon certains diplomates , le « faux » délai en voie d' être accordé aux inspecteurs arrangerait bien Washington , autant sur le plan militaire que diplomatique . Signe des temps , même la Bulgarie , considérée comme un allié archi-discipliné de Washington , a émis la semaine dernière des positions moins dans la ligne , en faveur d' une « solution pacifique » et de « l' unité du Conseil » . Les Etats-Unis ont accepté que M. Blix revienne pour un nouveau briefing « de routine » le 14 février devant le Conseil . Ils espèrent mettre l' ONU au pied du mur de la mauvaise coopération irakienne . Quant aux partisans des inspections , ils font le pari qu' il est maintenant trop tard , trop impopulaire et aussi trop coûteux pour les Etats-Unis de choisir une intervention sans l' aval des Nations unies .