Le Monde

Corpus:
Chambers-Rostand (E)
Nom de fichier:
Le Monde
Contact:
Angela Chambers, Séverine Rostand, Université de Limerick, Irlande
Niveaux d'annotation:
Annotation automatique
Statut de l'annotation:
automatique
Type:
presse écrite
Sous-type de texte:
presse quotidienne nationale
Modalité:
écrit
Sample address:
/annis-sample/chambers-rostand/1_M_N_200602.html
Texte:
Bertrand Delanoë retouche la ZAC Paris-Rive Paris-Rive gauche Un quartier en manque de commerces et d' activités CE SONT des pionniers , confiants dans le développement de ce quartier en devenir . " A ceux qui nous demandent notre adresse , nous répondons Paris- Rive gauche , jamais nous ne parlons de ZAC : c' est vraiment un mot trop laid " , dit Elsa , récente propriétaire d' un beau quatre-pièces , rue Raymond-Aron . Elle travaille dans la communication et est " amoureuse des grandes perspectives , du parti pris architectural , moderne et novateur " qui lui fait penser à un " petit New York " . Felicity Ortiz , Anglaise , mariée à un Français , se souvient des cinq jours et cinq nuits d' attente dans la rue , avec quelques dizaines de postulants , il y a quatre ans , pour être sûre de pouvoir acheter les premiers appartements en accession à la propriété : " Des moments partagés tellement formidables que tout le monde se connaît et se retrouve chaque mois , pour une brocante . " Ces copropriétaires ont créé l' association Odyssée- Lutèce , un clin d' oeil à l' histoire de ce Paris en train de naître . " Evidemment , nous manquons de commerces , d' animation , dit Mme Ortiz . Même s' il ne faut que quelques minutes pour aller dans le centre de Paris , c' est toute une histoire pour aller faire ses courses à Ivry , pourtant juste de l' autre côté du périphérique . Nous vivons par certains côtés comme dans une banlieue éloignée . " Sonia Couet , elle aussi , trouve le quartier " sympa " . Cette locataire des HLM de Paris n' a que le square à traverser pour aller à l' école Georges-Balanchine , la première de la ZAC , donner ses cours de claquettes . Elle aussi se plaint du manque de commerces , mais surtout de l' absence de locaux pour organiser un semblant de vie sociale : " Avec mes amis de l' association Ener'gic , cela fait dix-huit mois que nous cherchons un endroit pour faire de la danse . Impossible ! La Semapa , l' aménageur , et la mairie du 13e n' ont jamais répondu , alors qu' il y a de la place partout . " Et Sonia montre les rez-de-chaussée murés au pied des immeubles ultramodernes , autour de la Bibliothèque nationale de France ( BNF ) . VRAIE SOLIDARITE Wahid Aboustait a été l' un des premiers à ouvrir un commerce dans la ZAC , Le Scarafée , un salon de thé , marchand de journaux et buraliste : " Cela n' était pas évident . Le loyer était cher . Beaucoup auraient aimé que je serve de la bière . " Alors , pour se faire adopter , il a ouvert ses salles et sa terrasse aux fêtes de quartier et il organise des expositions . Sa cuisine orientale attire les employés des bureaux voisins . Il voit la vie s' organiser : " Ici , c' est comme un petit village . Tout le monde finit par se connaître . Cela n' a pas que des avantages , mais il existe une vraie solidarité entre tous les habitants du quartier . On l' a vu , il y a deux ans , quand l' incendie d' une galerie de la dalle nous a laissés sans courant pendant deux jours . "