Alg_jac_06

Corpus:
TCOF (O)
Filename:
Alg_jac_06
Contact:
Virginie André
Abstract:
Une étudiante parle avec deux Pieds-noirs, son oncle et sa tante, qui sont des personnes âgées ayant passé leur jeunesse en Algérie. Le vieil homme raconte comment le passage de son permis, les raisons pour lesquelles ils ont dû s'exiler avec sa famille. Il explique aussi pourquoi retourner dans la ville de leur enfance n'a que peu d'intérêt après tant d'années.
Recording date:
00/00/2006
Recording duration:
00:10:20
Signal type:
audio
Anonymization status (recording):
bip
Annotation tiers:
Annotation automatique
Identifier:
L1, L2, L3
Age:
16-20, 61+, 61+
Gender:
F, M, F
Profession:
étudiant, inconnu (retraité), sans emploi
Level of education:
études supérieures, collège, primaire
Birthplace:
France, Lorraine, Algérie, Mostaganem, Algérie, Tiaret
Annotation status:
automatique
Type:
entretien
Sector:
privé
Milieu:
familial
Modality:
oral
Number of speakers:
2+
Channel:
face_à_face
Sample address:
/annis-sample/tcof/Alg_jac_06.html
Text:
et vous habitiez où euh moi nous on habitait à Mostaganem moi je suis né à Tiaret d' accord elle elle est née à Mostaganem tu vois bien la différence moi je suis née il y a il y a deux cents kilomètres de entre les deux entre les ouais d' accord et donc euh donc moi je suis né dans un pays où euh plus qu' ici de la neige il y avait plus de neige en Algérie que il y en avait ah ouais là où on moi ah bon à Tiaret Tiaret oui et voilà et euh il y avait du verglas aussi quand on montait le col de Guertoufa voilà tu vois au col de Guertoufa on arrive à Tiaret il y avait du verglas et donc il fallait faire le grand tour tu pouvais pas passer le verglas ben ben tu as passé ton permis là-haut qui non ici en France en Algérie ah parce que j' allais dire tu avais pass-~ passé ton permis sur un mulet non non qu' est-ce que j' avais un bourricot sur un bourricot ouais O K et euh donc tu travaillais dans quoi non j' ai passé là-bas tu l' as passé là-haut ah donc tu as tu as eu ton ton permis sur un bourricot oh non hé c' est-à-dire que avant quand tu passais ton permis tu avais ton c' était pas pareil que comme maintenant tu avais l' in~ tu avais l' ingénieur la le comment on dit ça l' ingénieur des mines là hum il était avec sa bagnole il étalait son sa carte de où il y avait tous les tous les panneaux sur la bagnole et tu regardais pas hein et tu il y avait une autre une autre machine que tu regardais et il te disait par exemple euh euh n' importe quel euh feu de croisement tout ça ou qu' est-ce qu' est-ce que ça veut dire t~ toi tu répondais tu regardais pas ce qu' il disait lui hum hum allez c' est bien allez on va passer la conduite maintenant la conduite pop puis oui il y a des questions avant d' aller conduire ah oui oui oui ben le code de la route d' accord et huit jours après j' allais chercher ma mon permis au à la sous préfecture huit jours après j' avais mon permis ah j' étais tout fier hum oh ben oui ben comme moi là et attends j' étais tout fier j' avais pas de bagnole et donc ouais alors en Algérie tu travaillais où moi j' ai fait j' ai commencé à travailler à treize ans à treize je travaillais dans ah ouais une forge chez un patron quoi hum hum je travaillais euh pff travail si tu veux après là j' allais quand c' était le moment des vendanges j' allais faire les vendanges et quand les vendanges étaient finies je retournais à la forge et ainsi de suite ah ouais et toi après j' ai travaillé dans des camions euh camions citernes de pinard de machins comme ça tu as fait pleins de là-haut hein tu as fait plein de là-haut ah oui après j' ai travaillé euh oui chez Derby hein ouais ouais il port-~ il transportait beaucoup de vin vin avais les beaucoup de on allait loin chercher de du pinard oh regarde parce qu' il y a un gros machin noir qui est passé c' est un corbeau et mais il y avait des fois que ils disaient que ils pouvaient pas monter là où c' est qu' ils allaient là au col là où je sais pas où comment tu parles où à en Algérie oh ben je lui ai dit hum et toi tu faisais quoi tata là-haut moi à c' était la boniche la boniche et maintenant c' est moi qui le fait si j' ai travaillé chez une institutrice et je faisais le ouais d' accord euh elle faisait le ménage tu étais assistante euh assistante maternelle elle était bien elle oh tiens au revoir madame ben avec madame NNAAMMEE tiens non tu as pas beaucoup travaillé non c' est la vérité oh eh O K et euh vous aviez quel âge quand vous êtes repartis quand il y a eu la guerre quand c' était en combien d' quand je suis à trente-deux ans je suis parti moi soixante-deux d' accord euh ma soeur elle est partie avant et que j' ai ouais j' avais mon père encore en vie et quand ça commencé à merder tu sais avec les Arabes il était temps d' aller prendre l' avion et d' aller partir en France hein j' ai accompagné à ma soeur et mon père à la Sénia la Sénia donc où il y a les une base de pour pour les avions hein hum hum et ils sont rentrés en France et ils ont été chez chez Jacqueline ouais et moi je suis resté là-bas jusqu' à la fin presque ça a commencé à merder euh il fallait se tailler hein et après j' ai j' ai réussi à avoir un avion et je suis revenu en France et je suis venu à Epinal où ils étaient et voilà ah d' accord soixante-deux mais euh vous là-~ là-haut vous parliez euh ils parlaient tous français oh oui ah ouais mê-~ même même les Arabes ah ouais ils parlaient français ben on l' a bien euh il y avait beaucoup de d' Arabes qui parlaient aussi beaucoup et il y en a qui parlaient espagnol aussi ah ben voilà euh des Espagnols vous parliez espagnol alors un peu là-haut ouais si mais euh c' est valencien pas euh ce~ celui qui me parlait en espagnol je lui répondais en espagnol mais celui qui me parlait en français je lui répondais en français oui il parlait en français ben voilà mais on a été à l' école euh avec eux hein on a été à l' école avec eux vous étiez bien bien accueillis là-haut oh oui quand on était là-bas ouais oui avant l' in-~ avant l' indépendance on était heureux ouais on est oui heureux tu pouvais tu ma mère elle prenait le frais devant la porte jusqu' à deux heures du matin ma mère les Arabes ils ils venaient ils ils sortaient du cinéma ou quoi alors madame NNAAMMEE allez allez vous f-~ feriez allez dormir oh quelle heure qu' il est deux heures du matin elle aimait bien la fraîcheur et après c' était fini elle sortait plus ben ouais hum hum elle avait peur hein et comment ça se fait que ça c' est que c' est parti comme ça euh ah ben et ils ont voulu l' indépendance ben et hein ils ont voulu l' indépendance et maintenant ils nous font chier ici c' est vrai ah oui c' est vrai ouais maintenant ils veulent venir là et ils sont et ils sont là hum nous on est partis de là-bas et encore eux alors le plus beau quand tu arrives de de d' Algérie que tu les vois en Algérie où tu avais l' habitude de de les voir ben on vivait au milieu d' eux presque hein hum oui oui et que tu viens en France et que tu vois encore les mêmes tabl-~ le même tableau hein les les les putain mais pff on est en France ou en Algérie ici hum ouais mais toi en Algérie tu étais tu étais blanc en Algérie comment blanc ben tu étais tu étais pas un Algérien non et euh j' ai je suis français moi tu étais c' était un Français oh oui ben oui eh ben quand je suis venu de d' Algérie j' étais euh j' étais comme ça tout bronzé euh tout noir ouais presque ce ce c' est c' est pas noir ça non mais euh de toute façon ça se voit tu as encore la peau toute euh ouais mate ouais toute mate ouais mais alors mais alors bronzé bronzé ouais si j' aurais gardé mon bronzage ici en France on m' aurait dit tiens ça c' est un Arabe mais et d' ailleurs euh et ici à l' usine ils me ils ils me prenaient pour un Arabe hein ben ouais tellement tu étais ah si je me chamaillais avec les les gars hein mais d' ailleurs maman elle était bronzée hein elle avait la pé-~ la peau si elle était mate mais euh vot-~ votre maman elle était espagnole ouais et euh de parents espagnols p d' accord de parents espagnols et mon père ardéchois et mon père euh lui c' est le pur Français d' accord mais euh pour quitter l' Algérie il a eu du mal quand même à partir hein il avait tellement l' habitude il il il il était en Algérie quel âge il avait sept ans il est venu de sept ans de France et il avait fait de France il est parti en Algérie il est resté euh mais alors euh l' Algérie c' était ce s-~ s~ s~ son pays hein il avait huit ans sept ans ou huit ans huit ans quand il est venu alors ma mère est enterrée là-bas avec mon frère aîné ils sont enterrés ensemble et puis mon père il est enterré là hum et vous êtes jamais vous avez jamais retournés là-haut mais non Christelle elle veut retourner mais que elle comprend pas si cet si on est bon était on serait une bande par exemple de une quinzaine de de de de personnes de pieds-noirs oh non non même pas de pieds-noirs même des gens de France allez co~ comment on dit ça euh ceux qui font des un groupe quoi hein partir là-bas parce que là il y a tu fais ta demande par exemple il y a un groupe qui qui s' en va admettons de de Marseille ou de Nîmes tu vas là-bas et tu t' en vas avec eux là il y a une une femme ou un bonhomme qui hum hum qui fait la visite qui qui c' est elle qui commande elle a tous les dossiers tel nom tel nom tel nom mais ouais voilà hum tel hôtel tout ça euh elle elle veut partir comme ça tous les deux mais où et tout et où tu veux aller où tu veux aller ouais ça je je ça fait quarante-cinq ans hein ça tout a changé moi je quarante euh quarante-cinq ans en arrière j' aurais pu y aller avec elle je s~ parce que je savais où je mettais les pieds mais là tout tout tout a changé hum ouais oui mais après nous on habitait et euh il y a des des gens qui ont été hein ils ont été visiter ils ont pris des photos et tout si ils nous donnent des photos je te ferais voir tu verras c' est tout muré c' est tout muré c' est bien arabe ouais c' est plus comme euh vous aviez comme avant non non nous il y avait c' était une petite villa une petite villa toute simple qu' on habitait maintenant ils ont tout muré tout tout tout hum tu y retournerais pas toi tata oh non oh non et tata et voilà et voilà oh la la la le le comment ça le la la chose qu' elle a eu là-bas en Algérie de rester comme euh euh l' attentat qu' il y a eu elle est restée paralysée hum hum c' est d' un attentat ah oui c' était il y a eu un attentat ouais si euh elle allait souvent chez une copine il y a il y avait un bistrot dans le quartier hein pas loin de chez nous hein une copine euh une copine d' école hein tout comme tu as une soeur à c' est comme sa soeur elle allait souvent au bistrot discuter elle tricotait tout ça hum ouais et le jour-là elle tricotait elle était au fond de la salle euh de du du bistrot hein au fond elle était ils ont balancé une grenade la grenade est tombée sur le comptoir les gens qui étaient en train de consommer ils ont rien eu que du des petits éclats et ma soeur qui était derrière elle a reçu l' éclat juste dans la tête aïe aïe aïe