fnatla01

Corpus:
CORALROM (O)
Filename:
fnatla01
Contact:
Cresti, Moneglia
Abstract:
discours de clôture pour la poursuite. Corpus lié à fnatla02 et fnatla03.
Recording date:
00/11/1994
Recording duration:
00:17:29
Signal type:
audio
Sound quality:
environnement peu bruité
Anonymization status (recording):
script Daniel Hirst
Annotation tiers:
Annotation automatique
Identifier:
JUG, GIA
Age:
21-60, 21-60
Gender:
M, M
Profession:
juge, procureur
Level of education:
études supérieures, études supérieures
Birthplace:
inconnu, inconnu
Annotation status:
automatique
Type:
discours
Sector:
professionnel
Modality:
oral
Number of speakers:
2
Channel:
en_public
Sample address:
/annis-sample/coralrom/fnatla01.html
Text:
la parole est à monsieur l' avocat général NNAAMMEE pour ses réquisitions monsieur le président messieurs de la cour mesdames et messieurs les jurés la partie civile dans une plaidoirie émouvante vient de nous faire partager le deuil d' une famille d' une famille qui était durement frappée certes vous ne rendrez pas un père à ses enfants ni un mari à son épouse mais vous pouvez leur rendre justice vous êtes ici pour juger les actes commis par un homme vous devez le faire sans haine sans passion conformément à l' esprit de votre serment vous devez u-~ tenir compte uniquement des actes des débats vous ont sans doute donné d' ores et déjà une idée de la culpabilité de NNAAMMEE de NNAAMMEE mais avant que vous ne vous retiriez pour délibérer je voudrais une fois encore revenir sur les faits qui ont amené cet homme à comparaître devant vous et remonter à cette soirée tragique du NNAAMMEE NNAAMMEE NNAAMMEE NNAAMMEE NNAAMMEE NNAAMMEE il est alors vingt heures trente les époux NNAAMMEE sont à table lorsqu' un premier coup de sonnette vient les déranger madame NNAAMMEE se lève actionne l' ouvre-porte personne ne se manifeste quelques instants après après qu' elle se soit rassis à la table un second coup de sonnette vient les déranger NNAAMMEE décide alors de descendre pour savoir qui peut venir les déranger à l' heure qu' il est sa femme essaie de l' en dissuader en lui montrant que ce sont sans doute des enfants qui jouent elle ne parvient pas l' en dissuader monsieur NNAAMMEE descend lorsqu' il est parvenu au bas de la cage d' escalier elle interpelle il lui répond que tout va bien qu' il ne va pas tarder à remonter puis elle se met en devoir de converser avec sa voisine qui était dérangée dans les mêmes conditions qu' elle au bout de quelques instants inquiète car elle n' entend pas son mari remonter elle descend et elle le découvrira étendu sur le trottoir ensanglanté râlant sans connaissance police secours appelée vers vingt heures quarante sur les lieux ne pourra que transporter la victime à l' hôpital et c' est à l' occasion de ce transport que NNAAMMEE NNAAMMEE mourra la victime c' est l' homme tranquille par excellence marié trois enfants très bien considéré et ses employeurs et par ses voisins il est inconnu de la police sa moralité est au dessus de tout soupçon il n' a pas d' ennemis connus ses proches sont incapables de dire qui peut avoir commis cet acte mais dès le début de l' enquête un fait va frapper les inspecteurs c' est que plusieurs témoins désignent nommément NNAAMMEE NNAAMMEE comme le meurtrier possible d' NNAAMMEE NNAAMMEE pourquoi NNAAMMEE tout simplement parce que le quinze octobre c' est-à-dire trois jours avant les faits à l' occasion du mariage de la jeune belle soeur de NNAAMMEE NNAAMMEE la belle NNAAMMEE un incident a opposé NNAAMMEE à NNAAMMEE et à cette occasion NNAAMMEE a proféré des menaces de mort contre un des membres de la famille de la victime mais il faut ajouter que ce n' est pas le premier incident qui oppose NNAAMMEE aux membres de la famille NNAAMMEE en effet en juin mille neuf cent cinquante-sept NNAAMMEE rencontre NNAAMMEE il en tombe amoureux NNAAMMEE c' est le Don Juan de quartier la personne qui collectionne les succès féminins et d' ailleurs nous savons que son ménage sera parfois mis en péril par ses conquêtes il a la mentalité du coq de village du Don Juan de quartier c' est-à-dire qu' il ne doute de rien et il ne doute pas de faire de NNAAMMEE sa maîtresse pour mieux arriver à ses fins il ira jusqu' à lui proposer le mariage mais NNAAMMEE ne l' entend pas ainsi elle le rejette et elle rejettera d' autant plus qu' il qu' il est déjà marié père d' un enfant NNAAMMEE aurait pu comprendre et cesser de l' importuner mais non il insiste il la poursuit il la traque il est toujours là au travail dans la rue à son domicile mais son manège n' a aucun effet le charme ne prend pas alors commencent les insultes et alors je vais me contenter de citer les plus polies celles que l' on peut reproduire ici puisque le huis-clos n' est pas prononcé il la traitera de paumée de boudin il proférera des accusations qui sont injustifiées qui sont méchantes il accusera de marcher avec tout le monde sauf avec lui et pour cause et puis les menaces les insultes ne suffisent plus alors il y aura des menaces de mort et je cite tant que tu ne coucheras pas avec moi je ne te laisserai pas tranquille après tu pourras épouser qui tu veux j' y mettrai jusqu' à la dernière goutte de sang ce sont bien là des menaces de mort n' est-ce pas messieurs NNAAMMEE prévient ses frères afin qu' ils tentent une intervention auprès de NNAAMMEE cette intervention n' aura pas de résultats ou plutôt il y aura un résultat c' est que les frères aussi seront menacés de mort et alors commence une longue série d' incidents que le document D cinquante-trois du dossier énumère ce document est très éloquent car il rapporte toutes les interventions de la famille de la victime auprès des services de police afin que ceux-ci mettent un fin une fin aux agissements de NNAAMMEE les menaces demeurent toujours sans effet alors qu' ont commencé les actes et c' est l' incident que vous a rapporté le jeune témoin NNAAMMEE NNAAMMEE du mois de juin mille neuf cent soixante à cette occasion NNAAMMEE a essayé une première fois de tuer NNAAMMEE et il ne peut pas s' en défendre il attend au bas de son domicile il est armé cette arme c' est un couteau de très grande dimension probablement la même arme qui a servi à tuer NNAAMMEE NNAAMMEE des témoins dont l' un est aujourd' hui décédé malheureusement pour nous interviennent et sauvent NNAAMMEE ça il ne pourra pas le nier et puis vient l' incident du quinze octobre mille neuf cent soixante lors du mariage de NNAAMMEE le matin NNAAMMEE est devant le bar le NNAAMMEE et plusieurs témoins l' entendent nettement proférer des menaces de mort je ne veux pas qu' elle se marie je la tuerai ou je tuerai un membre de sa famille entend l' un je n' ai pas réussi à tuer NNAAMMEE j' essaierai encore de la tuer et si je n' y arrivais pas je tuerais un membre de sa famille un autre témoin l' entend dire l' après-midi lorsque le cortège se forme NNAAMMEE n' a évidemment rien à faire ici et il est encore là craignant qu' il ne mette à exécution ses menaces les frères des deux jeunes futurs époux vont entreprendre une discrète surveillance mais le drame NNAAMMEE NNAAMMEE s' approche de NNAAMMEE c' est la première fois qu' ils se parlent et NNAAMMEE invite gentiment NNAAMMEE à s' éloigner afin de ne pas créer de scandale en cette occasion il lui démontre que sa présence est incongrue qu' elle n' est pas souhaitable et NNAAMMEE s' éloigne sans mot dire sans mot dire et c' est là le paradoxe car qui connaît un peu le caractère de NNAAMMEE sait qu' il est d' un caractère violent et NNAAMMEE lui-même se reconnaît violent vif de caractère je vous rappelle qu' il a déjà été condamné pour coups et blessures je vous rappelle qu' il existe de nombreuses plaintes pour violence contre lui en fait s' il est d' un caractère passionné s' il est violent et querelleur et surtout lorsqu' il a bu et plusieurs témoins nous ont éclairés sur ce que pouvait être l' attitude de NNAAMMEE lorsqu' il a bu il sait très bien se dominer et il peut alors être très maître de lui c' est ce que démontre le rapport des médecins-psychiatres qui l' ont examiné c' est le document B vingt B dix-neuf qui démontre euh un NNAAMMEE très maître de lui pouvant euh feindre l' indifférence et ça c' est important retenez-le en outre il ne faut pas négliger ce fait NNAAMMEE pratique le judo il est même ceinture marron et pour qui connaît cet ce sport il n' est pas difficile de savoir c' est un sport de la maîtrise de soi NNAAMMEE s' éloigne mais il a trouvé le bouc émissaire de sa vengeance NNAAMMEE n' a pas pu avoir NNAAMMEE il n' a pas pu empêcher son mariage il a essayé de la tuer il n' a pas réussi il a menacé d' essayer encore de la tuer il a menacé de tuer quelqu' un de sa famille pour le cas où il ne parviendrait pas la tuer elle-même or NNAAMMEE vient publiquement de lui faire ce que NNAAMMEE malgré sa défense considère comme un affront alors le mécanisme de pensée simple toute la rancune tout le désir de vengeance toutes les menaces toutes les intentions toutes les envies meurtrières de NNAAMMEE vont se cristalliser sur un seul et même homme NNAAMMEE qui vient de lui faire un affront public qui vient d' agir en tant que chef de la famille NNAAMMEE NNAAMMEE s' éloigne mais dès cet instant il a décidé de tuer NNAAMMEE et tout le reste ne sera que la réalisation de cette intention le lundi dix-sept octobre il est environ vingt heure trente madame NNAAMMEE est dérangée par un coup de sonnette personne ne se manifeste elle est seule elle ne descend pas la première tentative de NNAAMMEE aura échoué et à cette occasion la partie civile a eu raison de rappeler le précédent de NNAAMMEE vis-à-vis d' une famille dans laquelle il s' était introduit NNAAMMEE aurait pu é non-~ renoncer puisque sa première tentative avait échoué mais non il va la renouveler et ce fait suffit à confirmer la préméditation s' il en était encore besoin et ce sera le drame le dix-huit octobre NNAAMMEE descend il connaît son interlocuteur car comment interpréter autrement la réponse faite à la femme et cet interlocuteur c' était vous NNAAMMEE la discussion ne vous a servi que de prétexte elle vous a permis de frapper lâchement par surprise et de vous enfuir tout vous accuse vous avez fini de travailler vers dix-huit heures ensuite vous avez couru les bars vous avez ruminé votre rancoeur pendant des heures vous vous êtes laissé aller à votre haine vous avez bu vous avez avoué avoir bu trois pastis et un martini et vous précisiez que vous n' étiez pas saoul il est vrai que vous en avez l' habitude mais il existe des témoignages accablants pour confirmer ma thèse à l' heure du crime d' une part vous étiez sur les lieux du crime cent cinquante mètres environ vous étiez dans un état anormal ensuite vous avez menti sur votre emploi du temps vers vingt heures vingt vingt heures vingt-cinq vous êtes en train de consommer au bar le NNAAMMEE NNAAMMEE NNAAMMEE NNAAMMEE à la sortie vous vous heurtez au témoin NNAAMMEE celui-ci pour s' excuser vous invite à consommer et vous entamez une discussion au coin du comptoir comme ça se fait souvent tu n' a pas l' air dans ton assiette dit-il il vous trouve surexcité pr-~ a-t-il précisé lors de son audition et vous avez répondu je suis pressé il est vrai vous ne restez que quelques minutes puis vous en ressortez il est vingt heures trente vous empruntez alors la rue des Phocéens et le témoin NNAAMMEE est formel sur ce point un autre témoin confirme ce témoignage c' est le témoin NNAAMMEE la patronne du NNAAMMEE NNAAMMEE NNAAMMEE NNAAMMEE qui elle aussi vous trouve surexcité dans un état anormal et pour cause vous étiez décidé à tuer il est vingt heures trente vous avez cent cinquante mètres à faire vous sonnez au numéro trente-et-un une première fois puis ne seconde fois NNAAMMEE descend et se trouve face à vous pour une fois vous ne prenez pas la fuite et pour cause vous êtes surexcité car vous avez passablement bu car ce n' est pas à nous que vous feriez croire que vous n' avez consommé que trois pastis et un martini car qui connaît un peu ces bars de quartiers sait que les tournées y sont multiples et que lorsque l' on commence ce n' est pas un verre mais beaucoup d' autres qui suivent la discussion que vous avez entamée lorsque NNAAMMEE est descendu ne vous a servi que de prétexte l' autopsie est claire à ce ni-~ à ce stade là vous n' a-~ il n' y a pas eu de lutte vous n' avez porté qu' un seul coup par surprise mais avec une très grande violence celle dont vous êtes capable quand vous êtes bu quand vous avez bu puis vous prenez la fuite ce sont des faits quant à votre défense elle ne tient pas d' abord parce que vous avez menti vous avez donné une heure inexacte pour être rentré chez vous vous avez menti aussi lorsque vous avez prétendu avoir descendu des ordures et puis il y a aussi cette attitude équivoque au matin de votre arrestation et puis ensuite euh pour parachever le tour il y a ce luxe de détails que vous avez donné tout au long de l' enquête et qui au lieu de vous défendre vous accuse d' une part il y a un emploi de temps inexact vous prétendez être rentré vers vingt heures trente vingt heures quarante et vous avez votre femme pour pour pour confirmer cela on la comprend or c' est faux car nous avons le témoignage de NNAAMMEE le propriétaire de l' hôtel et un propriétaire d' hôtel est en principe habitué à surveiller les allées venues qui se font dans son immeuble et avant même de savoir ce que l' on vous reprochait il a indiqué spontanément et je précise bien spontanément que vous êtes rentré vers vingt-et-une heure trente vingt-et-une heure quarante-cinq et je cite son témoignage nous étions en train de regarder la télévision et l' émission en cours une pièce Le Lien s' est terminée quelques minutes après la venue de l' immeuble dans l' immeuble de NNAAMMEE c' est la côte D trois du dossier une vérification de l' horaire de la télévision rend ce témoignage indiscutable mais ce témoignage n' est pas isolé car il est confirmé d' une part par le témoignage de la femme de NNAAMMEE et d' autre part par NNAAMMEE le témoin de l' hôte-~ le client de l' hôtel qui a assisté lui aussi à votre rentré dans l' immeuble ensuite vos explications sont fausses vous avez expliqué que ces témoins vous ont vu au moment où vous remontiez dans l' immeuble après être descendu pour porter un paquet d' ordures dans la rue or c' était faux c' était faux pour trois raisons d' abord parce que les inspecteurs de police qui sont venus vous appréhender n' ont ont constaté que il n' y avait aucune trace d' ordures dans la rue bien que les véhicules de la voirie ne soient pas encore passés ensuite vous portiez un pardessus gris et non pas le survêtement de sport que vous portez lorsque vous êtes chez vous d' habitude un pardessus je répète or quelqu' un qui descend dans la rue pour descendre un paquet d' ordures ne met pas un pardessus lorsqu' on est au mois d' octobre les lunes ne sont pas fraîches à ce point que je sache ensuite c-~ c' est une habitude que vous avez perdu depuis longtemps depuis que votre femme est venu vivre avec vous très exactement ceci déjà troublant mais il y a aussi cette attitude vraiment équivoque qui a été la vôtre le matin du dix-neuf d' abord cette résistance inexpliquable car vous avez prétendu ne pas avoir entendu la sonnette or cette sonnette est une sonnette extrêmement puissante qui suffit à réveiller tout un étage mais vous n' avez pas ouvert il a fallu que les inspecteurs de police réitèrent leur sonnerie de six heures quarante-cinq à huit heures dix sans succès ça n' est que lorsque le beau-père votre beau-père est venu que vous avez consenti enfin à ouvrir et alors il y a eu cette phrase malheureuse cette phrase qui est un poème à elle toute seule avant même que les policiers ne vous aient interrogé ne vous aient dit quoi que ce soit spontanément vous avez dit je n' ai rien fait c' est louche ensuite ensuite il y a ce luxe de détails au tout au long de l' enquête policière et tout au long de l' instruction vous n' avez pas cessé de mentir vous avez proféré des mensonges qui étaient destinés à vous défendre contre toute charge éventuelle vous avez nié avoir continué à pour à p-~ à poursuivre NNAAMMEE depuis longtemps or de nombreux témoignages montrent que le vous avez fait exactement le contraire que vous n' avez pas cessé de la traquer vous nier avoir jamais possédé d' armes or on vous a vu à plusieurs reprises avec un poignard à la main on ne peut pas vous croire quand vous clamez votre innocence on ne peut pas vous croire vous avez lâchement frappé NNAAMMEE parce que vous vouliez vous venger de NNAAMMEE que vous désiriez mais qui n' a pas voulu de vous vous l' avez poursuivie vous l' avez traquée vous l' avez persécutée pendant des mois pour qu' elle vous cède vous l' avez insultée vous l' avez menacée vous avez menacé sa famille vous avez tenté de l' assassiner vous n' y êtes pas parvenu vous n' avez même pas pu empêcher son mariage alors vous avez frappé un membre de sa famille vous avez choisi celui qui à vos yeux depuis le quinze octobre apparaissait comme le chef vous avez le fait le bouc émissaire de votre vengeance NNAAMMEE vous êtes l' assassin de NNAAMMEE c' est pourquoi je retiens contre vous une peine de vingt ans de réclusions criminelle