unifr11b02m

Corpus:
OFROM (O)
Nom de fichier:
unifr11b02m
Contact:
Mathieu Avanzi, Marie-José Béguelin, Frederica Diémoz
Résumé:
condition de vie dans sa jeunesse et évolution
Date d'enregistrement:
09/10/2011
Durée d'enregistrement:
00:14:47
Nature du signal:
audio
Qualité du son:
environnement peu bruité
Anonymization status (recording):
script Daniel Hirst
Niveaux d'annotation:
Annotation automatique
Identifiant:
unifr11-dla, unifr11-dlb
Âge:
61+, inconnu
Sexe:
F, F
Profession:
inconnu (retraité), inconnu
Niveau d'études:
inconnu, inconnu
Lieu de naissance:
inconnu, inconnu
Statut de l'annotation:
automatique
Type:
entretien
Secteur:
privé
Milieu:
amical
Modalité:
oral
Nombre de locuteurs:
2
Situation de l'enregistrement:
face_à_face
Sample address:
/annis-sample/ofrom/unifr11b02m.html
Texte:
alors est-ce que tu peux me parler des conditions de vie de ta jeunesse et de comment ça évolué énorme dans ma jeunesse il y avait ça je me souviens deux voitures une du docteur et une de la sage-femme on était dans la vallée d' Anniviers on voyait jamais jamais passer une voiture une poste qui allait jusqu' à Vissoie un camion pour amener le matériel pour tout le monde et c' est tout et la vie elle était pas du tout comme maintenant et moi je suis choquée j' arrive plus à suivre toutes ces voitures les unes après les autres non stop alors que nous les enfants ils pouvaient promener n' importe où sans qu' on s' inquiète il n' y avait pas de voiture il y avait pas de danger pour les enfants non plus moi je prenais mon mes enfants avec la poussette pour faire mes commissions je les laissais devant le magasin sans me poser de question que quelqu' un me les aurait emportés et la vie elle a tellement changé que maintenant je suis plus j' arrive plus à suivre toutes ces appareils t pour moi c' est trop mh mh puis au niveau du travail aussi ça beaucoup changé le travail c' est nous on était huit enfants notre travail principal c' était la campagne c' était les vignes le bétail donc il fallait faire les foins travailler les vignes pour avoir à manger les vaches c' était notre subsistance on avait la viande le lait le fromage la vigne c' était notre argent pour acheter ce qui était nécessaire c' est-à-dire le sucre l' huile la farine tout ce que on avait qu' on pouvait pas produire nous-même mh mh d' accord donc il y avait pas vraiment de choix en fait mh d' accord donc il y avait pas vraiment de choix en fait mais c' était une alimentation très très saine d' ailleurs ceux qui ont vécu dans mon année dans mes années ils viennent presque tous à nonante cent ans parce que la l' na- amorce alimentation et la vie elle était très très saine comparé à maintenant mh d' accord mais je veux dire au niveau du choix du travail toi tu pouvais pas vraiment choisir en fait quel travail tu voulais faire on pouvait pas choisir parce qu' on avait trop besoin de nous pour les travaux des champs parce qu' on avait des champs des prés des vignes et il fallait être très nombreux pour amener tout ça à destination mh mh donc la destination c' était aussi entre la plaine et la montagne on montait on avait on était nomades on avait une maison à une maison à et une maison à et partout on avait des champs des prés sauf dans la vallée la vigne venait pas c' était trop froid mais on avait tout ce qu' il fallait mais il fallait beaucoup de monde pour travailler tout ça parce qu' on avait en général huit vaches le mulet deux deux chèvres et souvent un ou deux moutons et tout ça ça mange il faut emmagasiner du foin pour tout l' hiver donc on n' était jamais assez de monde pour a- amorce faire tout le travail puis combien de temps ça prenait le voyage de de la plaine à la montagne pour être on a fait peut-être cent fois le voyage de à et ça ça faisait environ quatre cinq heures cinq heures pour aller de et comme on avait beaucoup de prés à à à on avait les tours d' eau et le jour où on avait l' eau si on était à on avait l' eau à on devait descendre à pied arroser un un pré à quand on remontait trois ou quatre jours après il fallait sulfater les vignes on redescendait on remontait à pied et ainsi de suite on avait l' eau au pré de on avait l' eau à il fallait toujours voyager ça s' appelait être nomade oui et puis au niveau de l' école de la formation c' est quoi la formation de base la formation de base c' était l' école primaire on avait l' école à quand on allait à on avait l' école à quand on allait à on finissait l' école à OK c' était quoi les matières que vous étudiez on étudiait tout sauf ce que maintenant les ces ces ces grandes écoles mais on savait très bien lire très bien écrire d' ailleurs moi j' ai huitante ans je fais tout mes affaires je sais tout faire je fais même la déclaration d' impôts depuis toujours d' accord et puis au niveau de l' accessibilité aux livres comment comment vous faisiez quand vous vouliez acheter un livre il n' y avait pas de livre mais nous avions tout des des revues l' Echo Illustré qui était catholique comme moi et qu' on recevait toutes les semaines et qu' on aimait beaucoup des livres on n' avait pas il y avait pas de bibliothèque de du ce temps-là et qui qui pouvait avoir des livres tu sais des riches ou les gens de la ville peut-être les riches oui mais nous on mais on avait les livres d' école et puis on on trouvait quand même des livres je on se prêtait les uns aux autres voilà dans les villages ceux qui avaient des livres ils se prêtaient toujours l' une l' une famille elle prétait à l' autre alors on rendait et ainsi de suite ça faisait le tour de tout le village et puis nous on avait une tante une très vieille tante qui lisait beaucoup des almanachs et elle nous racontait tou- amorce jours des histoires quand on allait chez elle et ça c' était pour nous le meilleur livre qu' on avait parce qu' elle nous racontait des si belles histoires donc il y avait une une tradition de la transmission oral aussi beaucoup plus oral que la lecture mh mh d' accord donc des gens qui se racontaient des histoires et qui racontaient à d' autres quoi que nous le soir en famille mon papa il était très intelligent il nous inventait des histoires tous les soirs et quand il recevait l' Echo Illustré sur l' Echo Illustré il y avait chaque semaine un histoire et lui il agrandissait cette histoire quatre cinq fois pour nous tenir pour plusieurs soirées et on était en admiration devant le papa mh mh d' accord donc c' était vraiment plus papa qui lisait que maman oui puis maman était le soir elle était trop fatiguée parce qu' elle avait huit enfant il fallait nourrir les huit enfants faire des grandes marmitées de repas des grandes marmitées de soupe des grandes marmitées avec la viande qu' on avait fait la boucherie et peler beaucoup de pommes terre pour dix et donc euh elle était fatiguée le soir elle se reposait d' accord est-ce que ta maman elle a eu la même formation que ton papa exactement la même chose mais mon papa il était très intelligent à l' école d' ailleurs quand il a eu fini l' école un qui travaillait à l' UBS il lui a dit toi tu vas venir à la à l' UBS et tu peux travailler on t' apprend et tu es très intelligent dans quelques mois tu peux remplacer n' importe qui et il a voulu il a pas voulu parce qu' il aimait pas être enfermé dans un bureau il aimait l' air libre la liberté il y avait une grosse différence entre les gens qui travaillaient dans les banques et les gens qui travaillaient à la campagne les gens qui travaillaient dans les banques c' était de ce temps-là c' était des gens qui avaient très peu fait d' écoles ils travaillaient ils avaient c' était ils en général ils choisissaient les meilleurs de qui sortaient à l' éc- amorce de l' école les plus bons ceux qui avaient les meilleurs notes j' ai toujours le souvenir qu' à l' UBS les plus forts à l' école ils rentraient à l' UBS comme pour diriger mais ça fait de ça peut-être euh soix- amorce cinquante ou soixante ans peut-être plus beaucoup plus puisque mon papa il est mort il y a je sais pas combien d' années et puis les universités alors ça existait ça e- amorce il y avait mais pas la vall- amorce le val d' Anniviers ils ils pouvaient pas se payer l' université les vallées ils avaient trop du travail les paysans ils allaient pas l' université d' accord donc en valais il y a très peu de gens selon toi qui sont allés à l' université ça mais ça n' a ils ils allaient pas mh ils allaient pas dans d' autres villes pour étudier ou comme ça non non ils boug- amorce ils circulaient pas de ce temps-là pas du tout d' accord pour toi le grand le plus grand voyage pendant ta jeunesse c' était quoi Lourdes j' ai fait quatre fois Lourdes non j' ai été euh sept années euh sept pendant sept étés en vacances avec mon mari et mes enfants en Italie mh mh ça c' était un grand voyage c' était un grand voyage mh tu as été en train j' ai été en train en à Lourdes en avion en train en car et en Italie toujours avec le mari et les enfants mh mh d' accord et puis euh par rapport à la langue il y avait le patois il y avait patois mes parents ils ont toujours parlé le patois mais avec nous toujours le français parce qu' ils voulaient pas que quand on aille à l' école on sache pas parler le français donc le français c' est la langue tandis que mon mari qui avait neuf ans de plus que moi entre eux et les parents ils parlaient le patois depuis tout petits et quand ils ont été à l' école ils ont eu beaucoup de peine et les gens ils se moquaient d' eux des fois parce que ils avaient peine à parler français et toute leur vie ils ont parlé patois entre eux ils étaient six enfants et et le mon mari il y a deux ans qu' il est mort et jamais je l' ai entendu parler le français avec ses frères et soeurs toujours le patois et moi je sais le patois sur le bout du pouce et toi tu aurais pas eu l' idée d' apprendre à ton fils à tes enfants par exemple le patois non parce que je trouve c' est pas une langue à apprendre j' ai mieux aimé que mes enfants ils fassent des études qu' ils aillent apprendre les langues d' ailleurs les filles elles ont été en Allemagne elles savent l' allemand une elle est elles ont été en Angleterre elles savent toutes les deux l' anglais elles ont tout appris les langues donc tu penses que le patois c' est plus une pauvreté qu' une richesse finalement c' est une richesse d' un côté ça rappelle les bons moments de la du vieux temps mais on peut plus vivre avec le patois ça n' existe plus il y a encore des groupes il y a quelques groupes qui font le patois mon mari il a fait partie du patois dans un groupe pendant toute sa vie mh mh tu sais pourquoi ça disparu toi tu as une idée parce que les gens ils ils pouvaient plus parler le patois les les personnes qui parlaient le patois ils ont décédé et puis après euh c' est ça s' est perdu mais il y a beaucoup dans certains villages que ils veulent retourner revoir reparler le patois pour les jeunes pour pas perdre la culture du vieux temps d' avant ouais toi tu crois que c' est une culture qui a encore une raison d' être par exemple mes filles et elles comprennent tout elles comprennent tout le patois parce que moi souvent je leur dis des mots en patois mais je leur dis est-ce que vous comprenez elles me disent bien sûr qu' on comprend ouais mais toi c' est pas quelque chose qui est-ce que ça te ça te tu serais contente par exemple si euh ben ma génération savait parler patois non non non ça ça m' intéresse plus ça moi j' ai jamais parlé patois avec personne mais j' ai tout appris parce que nos parents ils parlaient le patois je le sais très très très bien mais j' ai jamais parlé suites de syllabes et c' était très différent entre les villages ou entre les vallées ah chaque euh vallée elle a son patois c' est ils ont personne le même patois mais c' est assez près ça se rapproche mh mh toi tu pourrais comprendre par exemple la patois de la vallée d' en face oui oui oui oui oui ça ressemble assez bien à l' italien quand par exemple il y a des émissions en France en Italie et ça qui parle les le patois l' italien n' importe où je comprends presque tout parce que ça une grande ressemblance avec le patois certains mots ils sont tout à fait pareils est-ce que tu as une idée de où ça vient le patois oh ça non moi je suis j' ai huitante ans mais ça ça il y a des centaines d' années ouais et mais ça tenait quand même à coeur des gens tu crois c' était leur langue comme il y a toutes les d- amorce différents langues dans le monde et puis comment ça s' est comment le français s' est imposé-ce que c' est les politiciens est-ce que c' est d' où c' est venu comment on a imposé le français aux gens c' est à l' école c' est à l' école parce qu' on n' acceptait pas l' école de parler patois d' accord donc c' est les enseignants qui alors les les à mesure que les enfants ils allaient à l' école le patois il s' est il s' est perdu mais même ta maman et ton papa ils parlaient français à l' école ils parlaient le français à l' école mais jamais au- amorce autrement qu' en patois entre eux mais à l' école ils étaient obligés de parler français mh mh donc le patois ça toujours été une langue familiale c' était une langue euh de l' endroit pour les anniviards pour ceux mais c' était pas leur langue le eux entre eux ils parlaient toujours patois mon mes parents mais avec nous ils parlaient toujours français d' accord donc c' était une langue familiale amicale mais pas administrative pas non pas administrative du tout on pouvait pas aller à l' école si on savait que le patois on devait a- amorce s- amorce c' est pour ça que nos parents ils nous ont jamais parlé en patois pour que quand on aille à l' école on soit capable de parler français