unifr11b03d

Corpus:
OFROM (O)
Nom de fichier:
unifr11b03d
Contact:
Mathieu Avanzi, Marie-José Béguelin, Frederica Diémoz
Résumé:
récit de vie
Date d'enregistrement:
22/10/2011
Durée d'enregistrement:
00:18:25
Nature du signal:
audio
Qualité du son:
environnement peu bruité
Anonymization status (recording):
script Daniel Hirst
Niveaux d'annotation:
Annotation automatique
Identifiant:
unifr11-cma, unifr11-bga, unifr11-bgb
Âge:
61+, 61+, inconnu
Sexe:
M, F, F
Profession:
menuisier (retraité), gouvernant (retraité), inconnu
Niveau d'études:
collège, collège, inconnu
Lieu de naissance:
inconnu, inconnu, inconnu
Statut de l'annotation:
automatique
Type:
entretien
Secteur:
privé
Milieu:
amical
Modalité:
oral
Nombre de locuteurs:
2+
Situation de l'enregistrement:
face_à_face
Sample address:
/annis-sample/ofrom/unifr11b03d.html
Texte:
euh disons nous je me rappelle très bien depuis l' âge de six ans avant c' est encore autre chose hein euh de six ans quand j' ai été à l' école enfantine on avait déjà l' école enfantine et j' ai fait toutes mes classes au hein et puis ça s' est passé assez bien et puis à cette époque il fallait déjà travailler après l' école hein mes parents me laissaient pas il y avait du travail donc mes parents me laissaient pas sans rien faire je faisais déjà un petit peu le ménage quand je rentrais de l' école et là cette époque j' avais peut-être neuf dix ans et c' était tous les jours pareil mais c' était un peu astreignant parce que c' était c' était assez dur hein parce qu' on devait aller au bois on devait aller allumer le feu on devait faire euh commencer le souper tout ça et moi je suis partie j' ai fini l' école à quatorze ans et demi sans diplôme autrement parce qu' en ce temps-là les c' était très sévère pour les notes on n' avait pas beaucoup euh c' était toujours les mêmes qui étaient qui étaient costauds à l' école c' était ben alors nous on était un petit peu les les retardataires et puis il fallait se débrouiller après en sortant de l' école c' est pour ça que je me suis trouvée dans dans des familles la première famille c' était à Berne j' avais quatorze ans et demi et puis là je savais déjà pas mal faire la cuisine dû à ma mère qui était cuisinière et vu que je faisais le ménage déjà chez nous euh repasser aussi la lessive je savais déjà je puis c' était c' était très différent parce qu' on faisait il y avait pas de machine il y avait alors on se débrouillait comme ça euh on avait que moi j' ai changé deux trois fois de place mais qui a été bénéfique parce que j' ai appris beaucoup de chose dans la la cuisine par rapport à tous ces gens qui mangeaient différemment et puis voilà fil en aiguilles à dix-huit ans j' ai été dans une famille où il y avait une euh une à la à la campagne dans une ferme que moi j' ai voulu aller pour apprendre à faire le jardin comme ça c' était complet je savais tout faire dans le ménage donc on risquait rien euh on se fréquentait déjà puis j' ai dit j' ai dit j' ai dit eh ben euh puisque la vie est si dure que ça hein alors pourquoi pas se marier et puis on perdrait rien hein sachant faire ce qu' on sait faire et puis c' est ce qui est arrivé et puis là bon c' était train train quotidien quoi qu' est-ce que tu veux hein alors moi je me souviens et je sais pas si je le dis je tu tu marqueras ce que tu voudras je me souviens l' école ici quand euh soeur elle savait un petit peu comment on avait vécu et puis elle me disait vous avec tout le travail que vous savez faire dans le ménage elle me disait vous verrez le résultat dans vingt-cinq ans parce que c' était pas l- amorce sur l' argent c' était sur le savoir-faire et à l' époque c' était ça si tu te débrouillais pas toi dans ton ménage avec deux enfants et peut-être hein et il y en a de ceux eh bien on arrivait à rien parce qu' on n' avait rien c' était l' argent tous les quinzaines qui arrivait mais tout partait hein c' était tellement petit tellement alors là j' avais déjà l' idée de d' économiser de suites de syllabes et soeur m' a dit vous verrez le résultat dans vingt-cinq ans elle s' est pas trompée parce que c' est là qu' on a après vingt-cinq ans qu' on a connu un ouf parce qu' on on devait plus on devait plus euh dire ouais il faut encore mettre dix francs de côté pour ça dix f- amorce et c' était c' était fou hein alors ça je t' explique pas c' était en en mille neuf cent soixante-cinq hein bon maintenant c' est lui qui va parler parce qu' il a un métier qui gagnait pas beaucoup hein en ce temps-là ça il faut aussi le dire hein ça nous a pas aidé hein alors dis maintenant comment tu es arrivé à ton métier peut-être ça peut intéresser alors toi euh euh comme tu as été dans le vu- amorce attends je m' ex- amorce je m' excuse dans le et tout comment tu as commencé ouais faut tout dire que ton papa voulait pas que tu fasses un apprentissage c' est ça qu' il faut expliquer parce que à d- amorce à faire croire aux jeunes maintenant comme ça ils croient pas ce qu' on leur dit mais non parce que l- amorce la vie était dure hein suites de syllabes incompréhensibles n' est-ce pas elle était dure elle était dure ah oui c' était dur hein c' est vrai eh ben tu t- amorce est pas en marche là ou p- amorce ça fait rien c' est pour toi hein ouais ben nous c' était comme ça on est né à la campagne on avait pas c' était on on avait euh juste un petit train de campagne mais ça allait juste pour euh vivre on moi quand j amorce j' avais treize ans je suis parti au pour euh gagner des sous quoi même pour aider les parents en même temps ma paye elle partait tout à treize ans j' ai fait une année là-bas puis bon c' était pas facile parce suites de syllabes incompréhensibles tout le travail qu' ils avaient là-bas dans la vigne le ils avaient trente pousses de vigne ils avaient des la campagne ils en avaient une trentaine de poses on a vu on faisait beaucoup la culture mais on se levait déjà le matin à six heures puis des fois on allait dans dans les champs on rentrait pas on prenait un un panier avec deux trois bouteilles de vin peu du à manger quoi on restait on restait dehors là on travaillait tout le long on arrêtait juste une demi-heure pour manger puis puis on recontinuait quoi à treize ans et puis là hein ouais c' était pendant les vacances ouais puis c' était c' était pénible moi je me rappelle en en automne quand on chargeait les sacs de pommes de terre moi je ils étaient deux fils là-bas un vingt-cinq ans l' autre avait trente ans ils me passaient les sacs de pommes de terre que je devais entasser jusqu' à trois rangées sur le ouais alors suites de syllabes incompréhensibles non il avait mais j' arrivais à faire ça c' est parce que j' avais bu un un ou deux petits verres de blanc c' est ça qui me donnait la force autrement j' ai jamais arrivé je pense à faire ça et puis après ils m' avaient dit oh euh parce que ils voulaient que je reste l' hiver là-bas puis moi j' ai dit non non moi je veux rentrer là dans mon village alors bon il me dit oh l' année prochaine il me donnait trente francs par mois et puis il m' avait il avait dit oh l' année prochaine on te donne quarante si tu sais encore mieux tu seras mieux adapté pour encore traire les vaches parce qu' ils avaient que deux vaches pour pour le lait pour le ménage c' était tout quoi alors après l' année d' après je je savais pas exactement qu' est-ce que je voulais faire c' est là qu' on a eu un c' était la la fête de jeunesse au mois de mai puis il y a le on on est on allait avec les autres gamins pour pour du pont de danse regarder normalement on dev- amorce on devait pas aller quoi mais on on avait si le curé serait arrivé il nous aurait expédiés quoi alors on était là puis tout-à-coup il y a le le maître d' école qui vient vers moi et puis il me dit dis donc moi j' ai un client pour toi là puis euh comment ça ah ben parce que lui pendant la guerre il le le le maître d' école était lieutenant quartier-maître c' est celui qui s' occupe pour la nourriture des militaires hein de toute une comp- amorce une compagnie alors il avait fait du service avec ce ce ce gars qui venait de lui il est venu ici comme il connaissait il connaissait le le le régent il avait fait du service avec quoi il cherchait un gars euh de la campagne pour donner un coup de main pour avoir un un jeune parce que le grand-père était handicapé il avait eu un accident il pouvait plus rien travailler comme il faut et puis de j' ai dit ma foi il faut voir encore avec mon père quand même puis on est j' ai été chercher mon père on a bu quelque chose au bistrot on a discuté et puis euh c' est comme ça qu' il m' a embauché alors il me dit viens une fois regarder alors le le le je suis descendu à à vélo pour voir où c' était exactement comme ça et puis euh je me rappelle toujours elle avait fait du gâteau elle m' avait donné du du du de suites de syllabes le morceau de gâteau et ça c' était il était comme ça ce gâteau et puis là-bas j' ai pu il me donnait il m' a donné attends voir soixante francs au mois l' autre il me donnait seulement trente hein celui-ci soixante le double et puis je devais moins travailler voilà hein la différence puis alors euh il me disait ah je sais pas si tu as déjà fait ça oh moi je dis au ils m' ont fait oh non j' expliquais tout ce qu' on faisait nous on faisait beaucoup plus de culture qu' eux eux ils faisaient spécialement la la betterave la betterave les alloys ils avaient plus de de bétail il y avait une dizaine de vaches comme ça hein il fallait faire de tout et puis comme j' étais là pendant j' envoyais tout ça mon euh à mon père hein il me donnait cent sous par mois lui alors avec cent sous par mois on faisait pas les malins mais on était tous au même point même les fils de de paysan c' était on était tous au même point on n' avait on n' a pas plus d' argent le fils du syndic il avait pas plus que nous on était tous au même point quoi et puis là après au bout de j' étais comme ça bien encadré avec la jeunesse moi je fais- amorce c' était comme si j' étais du village hein ils faisaient pas de différence c' était encore moi des fois qui am- amorce qui amenait les qui on allait danser des fois chez des privés à une place ça me plaisait il y avait une grande cuisine plus grande que ça on apprenait à danser ici ou bien on allait au battoir où ils où ils battent le blé hein alors là on un un tourne-disque on apprenait à danser comme ça av- amorce avec les filles là mh mais pas pas au bistrot c' est seulement après alors là moi j' ai eu de rester euh passé deux ans puis après j' ai dit non euh ça va plus moi je peux pas rester là il faut déjà que je fasse un apprentissage puis mon père était pas tant d' accord hein parce que c' était fini l' argent c' est fini quoi et puis euh c' est le frangin qui a puis alors j' ai appris menuisier quoi c' est là que j' ai fait trois ans et demi d' apprentissage et puis avec euh avec vingt centimes de l' heure ça faisait ouais suites de syllabes deux francs par jour quoi qu' on recevait notre paye c' est mais alors le quand j' arrivais à la maison le soir encore faucher l' herbe euh préparer euh faire des foins c' était encore tout le reste tout le travail à faire à la maison c' était la la la vie ah moi j' avais douze ans je coupais le j' ai fait un accident je me suis coupé ce doigt-là douze ans parce que pourquoi le on avait un tronc qui était trop haut qui était pour une grande personne puis moi j' avais une hache un peu grande puis j' ai une fois tapé comme ça sur le manche puis dévié j' avais coupé ça il était il pendait comme ça suites de syllabes et puis il me l' on bien réparé on voit rien puis j' ai jamais mal j' ai p amorce j' ai pas froid rien du tout seulement pour dire les accidents comme ça peut arriver c' était horrible mais là il fallait bosser hein tous tous les soirs le samedi s- amorce le samedi on travaillait même toute la journée normalement on devait avoir congé travaillait le matin l' après-midi non si on était sur place on devait empiler du bois euh et puis comme lui lui il était encore charon il avait des des des des des pièces de douze d- amorce centimètres d' épais qu' on travaillait qu' on prenait pour faire les chars et moi j' ai jamais tra- amorce fait des chars ouais j' ai aidé comme ça mais pas j' ai seulement fait faisait la menuiserie quoi mais j' ai quand même fait trois ans et demi d' apprentissage c' est par hasard que vous êtes arrivés à la menuiserie quand vous avez euh hein quand vous avez décidé de faire un apprentissage enfin ouais ben moi je pouvais pas de toute façon j' aurais peut-être trouvé à Fribourg mais c' est pas sûr mais ça faisait des frais fallait me déplacer depuis aller jusqu' à Fribourg ça fait ça fait dix-sept kilomètres hein euh non douze alors euh suites de syllabes incompréhensibles on n' avait pas en en ce temps-là il fallait quand on allait au cours professionnel il fallait aller jusqu' à prendre le train puis Fribourg fallait aller souvent avec la neige ou bien le verglas là qui fallait aller au au cours professionnel mais souvent le le samedi on travaillait on empilait ce bois qu' il avait reçu on on l- amorce on l' en pour le aérer on était obligé d' aérer puis qu' il puisse sécher puis il fallait attendre douze ans pour le servir un centimètre par année il faut ouais c' est c' est terrible puis ces pièces de bois on arrivait pas l' apprenti puis moi on arrivait pas presque pas les lever hein on les glissait comme ça douze ans pour le servir pour quoi pour le sécher douze vous avez ouais ouais le bois il il met oui il sèche un centimètre par année quand il est dehors comme ça mais encore là quand on le serre il est pas encore cent pour cent mais là comme ces plateaux avaient cent-vingt milimètres d' épais c' était des des plateaux comme ça large sept amorce septante huit- amorce huitante centimètres c' est des gros arbres hein en foyard et puis on avait ça dehors on il amenait euh il achetait ça il déchargeait là après c' est nous qu' on se démerdait pour les empiler tout puis biffer le mot ouais c' était c' était c' était pénible en puis et puis là la place des fois on allait au bâtiment qu' on travaillait jusqu' à cinq heures au bâtiment et puis après fallait nettoyer l' atelier complètement des fois je finissais à huit heures le soir hein quel esclavage jusqu' à ce que puis alors dis comment tu es arrivé dis comment tu es arrivé tu es parti de là pour arriver là ah ouais parce que c' est c' est intéressant ben quand c' était la la fin au mois d' août je suis passé les examens puis après je voulais je voulais partir et puis le patron ouais on a un tas de travail tu veux pas partir comme ça tu vois euh à présent tu tu as l' habitude de de faire si ça puis bon ben j' ai dit ben je je reste quoi puis je suis resté puis au mois de décembre euh bon lui il voulait venir au conseil de paroisse et puis moi j' étais pas pour hein on on était beaucoup qu' on était pas pour puis il a su ça puis et puis il y avait un autre collègue de travail qui avait envie de p- amorce de prendre ma place était ça alors les deux ils ont bouti- amorce ils ont combiné ça entre les deux puis et puis j' ai il m' a donné mon congé au début euh c' était le premier décembre soit disant qu' il disait ouais j' avais en je faisais des travaux je f amorce je posais des volets dans une grange pour pour pour donner le fourrage au bétail hein comme ça et puis il avait dit ouais s' il a pas fini ces portes de grange eh ben il il il il pourra partir j' avais déjà les les portes de grange étaient finies et puis ces volets j' avais déjà tout posé les les gonds scellé les gonds pour poser les volets donc j' étais en avance d' après ce que lui il avait dit mais euh je trouvais plus de boulot un apprenti j' avais un certificat puis j' avais plus de boulot j' ai été à deux trois places par Fribourg et puis oh c' est dommage euh on a à une place ils disaient on il y en a un qui part à la retraite dans trois mois oh j' ai dit je veux pas rester dans trois mois et moi je fais quoi en attendant eh parce qu' on mange hein et puis pour finir euh j' ai été à deux trois places par Fribourg j' ai rien trouvé quoi ils ils disaient un il me disait ouais c' est dommage aurais voulu un jeune moi maintenant parce que il y en a un qui a arrêté mais maintenant on a déjà embauché un autre il aurait fallu à au mois de mai puis j' ai dit qu' est-ce que je fais moi je suis venu ici j' ai dit je viens voir en bas là puis je suis venu là puis je suis venu euh le le ça faisait juste deux jours trois trois jours que j' étais que j' avais arrêté de travailler quoi je suis venu là en bas puis le le patron là il me dit ah il faudrait quand même venir quand le patron est là hein parce que moi je peux pas vous dire je sais qu' on a assez de travail mais exactement il faut venir le matin alors je suis venu le matin et puis là euh on a il était là puis il m' a demandé comment qu' est-ce que est-ce que je faisais j' ai dit je viens de finir l' apprentissage puis il me dit on a énormément de travail mais on a pas de place à l' atelier puis j' ai dit oh moi v- amorce moi ça m' est- amorce si vous voulez travailler au bâtiment vous pouvez commencer dé- amorce déjà demain puis ça c' était c' était le huit décembre alors le huit décembre on avait fête j' ai dit oh je viendrai lundi je vais pas venir vendre- amorce commencer vendredi alors je suis venu le lundi et puis j' ai travaillé cinquante-trois ans là dans cette entreprise tu vois après bon au début bien sûr j' avais des problèmes parce que je savais très peu d' allemand on avait à l' école secondaire on avait appris un peu l' allemand heureusement mais c' est dommage à ce moment-là on fait on se donne pas assez de peine pour