unine08a28m

Corpus:
OFROM (O)
Nom de fichier:
unine08a28m
Contact:
Mathieu Avanzi, Marie-José Béguelin, Frederica Diémoz
Résumé:
études de psychologie du travail
Date d'enregistrement:
28/07/2008
Durée d'enregistrement:
00:17:37
Nature du signal:
audio
Qualité du son:
environnement peu bruité
Anonymization status (recording):
script Daniel Hirst
Niveaux d'annotation:
Annotation automatique
Identifiant:
unine08-lpa, unine08-lpb
Âge:
inconnu, inconnu
Sexe:
F, F
Profession:
étudiant, inconnu
Niveau d'études:
études supérieures, inconnu
Lieu de naissance:
inconnu, inconnu
Statut de l'annotation:
automatique
Type:
entretien
Secteur:
privé
Milieu:
amical
Modalité:
oral
Nombre de locuteurs:
2
Situation de l'enregistrement:
face_à_face
Sample address:
/annis-sample/ofrom/unine08a28m.html
Texte:
bon donc tu fais des études de psychologie du travail euh je voudrais savoir comment est-ce que tu en es arrivée à t' intéresser à cette matière et puis euh d' expliquer un peu ce que ce que ça représente comme matière qu' est-ce que tu étudies que sont les les point intéressants et puis peut-être expliquer un peu ton mémoire ton sujet de mémoire OK alors euh merci de t' intéresser euh enfin à mon domaine en fait euh ça fait assez longtemps que que je m' intéresse à la psychologie enfin pas directement la psychologie mais plutôt les relations sociales en général enfin j' ai toujours euh apprécié observer les gens et puis comment ils interagissaient entre eux et puis j' ai toujours euh cherché les contacts euh donc euh euh je j' aime beaucoup analyser les choses et puis j' arrive pas rester à la superficie des choses donc euh j' aime bien j' aime bien essayer de regarder comment les gens fait euh ben interagissent et puis comment s ils s' adaptent à différentes situations et puis aussi euh du point de vue euh culturel euh qu' est-ce qu' on peut remarquer comme euh différences euh je sais pas au Japon Thaïlande l' Australie euh des différences de de code de convention et caetera auxquelles on doit s' adapter puis comment on le fait et puis pour finir la psychologie c' était un peu comme une évidence parce que c' est vrai que euh enfin j' ai des parents qui m' ont laissée libre dans mes choix euh scolaires et et je me suis assez vite dit que c' était quelque chose qui me correspondait et puis la plupart de mon entourage me disait que c' était aussi une branche qui voilà qui allait bien me convenir donc je pense qu' à peu près au niveau du du cycle euh la fin du cycle vers quinze ans j' ai j' ai vraiment pris la décision de de faire psychologie plus tard c' était un peu comme si c' est si j' avais un un chemin tracé en fait donc euh je me voyais déjà euh à l' uni et puis euh ben en fait pour finir j' ai voilà j' ai j' ai commencé la psychologie sans avoir une idée très précise de là où j' allais aboutir euh du point de vue métier euh futur euh et puis bon j' ai j' ai j' ai apprécié euh l' université euh à Genève parce que déjà ça ça regroupe beaucoup de monde et puis on se retrouve à quatre cents dans un auditoire donc euh c' est des interactions très différentes du collège où on est vingt et puis euh et puis j' ai eu l' occasion de rencontrer des gens que j' avais un peu perdus de vue donc c' était agréable et bon le le problème de Genève c' est comparé à Neuchâtel c' est que comme c' est une immense euh université on se retrouve vraiment avec cette ambiance un peu impersonnelle que que je que je ressens pas ici donc c' est-à-dire que si on est quatre cents déjà les gens prennent peu la parole ils se divisent en sous-groupes et puis pour finir on a de la peine à à se sentir vraiment une identité de psychologue et puis aussi ce que j' ai pas trop apprécié c' est que dès ma première année les les professeurs tendaient à nous décourager de faire psychologue donc en fait euh je pense que c' était un moyen comme un autre de sélectionner les gens qui étaient très motivés à faire cette branche euh parce qu' on n' a pas de voilà de prorata comme en médecine où où les examens sont tellement difficiles que dès la première année on sélectionne euh la crème de la crème euh en psychologie on est beaucoup et puis du coup ben je sais pas si c' était leur manière de de nous dire changez de voie mais en tout cas c' était assez drastique et puis moi j' ai pas trop apprécié ce voilà ces ces comportements mais mais bon ça ne m' a pas trop découragée personnellement parce que je savais que c' était ma voie mais bon au fur et à mesure que j' ai assisté à des séances d' information je me rendais compte quand même que même s' il y avait des voies qui m' intéressaient comme euh la thérapie euh cognitive ou comportementale qui essaie de changer le ben d' analyser concrètement le le comportement quotidien des gens pour voir là où ça bloque les les événements qui se répètent qui font qu' ils restent euh dans une spirale qui pour finir les font souffrir mais en même temps euh comment dire euh ben les confortent quoi dans cette situation ça fait qu' ils changent pas ben en décortiquant voilà ces petits événements euh quotidiens on on se rend compte de ce qui bloque et puis c' est une c' est une branche qui est très pratique et puis contrairement à la psychanalyse ou comme ça moi c' est quelque chose qui m' attirait beaucoup parce que j' aime la mh j' aime pouvoir appliquer ce que j' apprends et c' est quelque chose qui manque terriblement euh en tout cas en psychologie c' est que il faut attendre voilà ben mon année maintenant pour euh pour chercher un stage pour euh chercher à appliquer tout ce qu' on a appris et encore mes trois premières années pour finir euh à Genève ce ça reste des connaissances théoriques euh et puis c' est très frustrant pour finir parce que déjà on se sent euh complètement déconnecté de la réalité en plus le marché du travail est bouché puis pour finir on on apprend des choses qu' on engouffre et qu' on j' ai toujours tendance à dire que on on avale pour régurgiter après euh c' est une image un peu un peu euh noire quoi mais mais voilà c' est c' est que j' ai l' impression que j' ai j' ai tout un bagage mais qui est presque euh flottant comme ça qui est pas concret puis tant que je peux pas mh appliquer ça eh ben pour finir personne n' en retire rien euh donc quand euh j' allais aux séances d' information pour chercher ma voie de master ben j' en avais plusieurs qui m' intéressaient euh déjà je savais que je voulais sortir de Genève parce que je voulais changer de système éducatif quoi j' étais assez intéressée par Lausanne parce que voilà c' est une ville qui vit euh et puis qui qui voilà qui offre d' autres opportunités euh comme euh comme moins de recherches qui est vraiment l' orientation de Genève mais beaucoup plus d' application et puis euh par exemple un travail avec des des adolescents qui sont euh délinquants ou bien qui sont un peu perdus et puis ça ça m' intéressait vraiment et mh et bon ben je Neuchâtel j' y avais pas vraiment pensé pour finir parce que déjà euh il y a ces stéréotypes stupides qui font que le nord de la Suisse on le on le on le l' envisage pas et puis et puis que pour finir euh euh je m' y suis intéressée plus tard euh dans le sens où plusieurs personnes dans mon entourage quand j' ai commencé un peu à discuter avec elles euh des possibilités euh du marché de l' emploi m' ont dit ben ça c' est vraiment une branche qui va se développer euh c' est c' est c' est tu as plus seulement le statut de psychologue mais psychologie du travail ça te donne aussi une autre euh façon d' appréhender les choses donc on c' est pas qu' on on entre dans dans le fonctionnement cérébral des gens mais on essaie de de de viser l' entreprise euh et comment elle fonctionne puis comment les gr- amorce les sous-groupes à l' intérieur fonctionnent puis qu' est-ce qu' on peut améliorer euh dans les ressources humaines pour maximiser le ben le potentiel humain quoi que ces gens euh euh ces gens ont en eux et puis ben c' était aussi euh je dois dire ma première motivation c' était de me dire ah ben ça me fait plaisir que pour une fois on reconnaisse que euh ma profession va être utile en fait parce que ben je pense est vraiment important point de vue identitaire d' avoir une euh une profession qui nous rapporte de la reconnaissance puis en tout cas personnellement moi j' ai besoin de reconnaissance puis je me suis dis que bon si voilà si je voyais les patients défiler dans les cabinets mais que voilà je sentais que j' allais m m' embourber puis en plus je savais que il y avait très peu d' offres d' emploi disponibles euh au sortir de l' uni donc je me suis dit euh voilà si si je veux aider les gens et que je sois je suis moi-même euh au chômage je vais avoir des difficultés donc j' ai un peu privilégié je suis partie dans l' optique de privilégier mon avenir euh quoi professionnel la sécurité tout ça puis il s' est il s' est trouvé que j' apprécie ce que je fais en plus donc c' est bien et puis ensuite de d' à la limite euh ben me me réorienter vers euh quelque chose de plus humain parce que il y a beaucoup de gens qui qui jugent que pour finir les psychologues du travail ils contribuent aussi à exploiter les gens euh les employés des entreprises ce qui je dirais est pas faux même si c' est pas leur euh c' est pas ma vision du psychologue en entreprise puisque pour moi c' est justement lui qui va faire la différence qui va essayer d' instaurer un changement pour qu' on perçoive les gens comme des humains et pas comme des machines qui exécutent mais je pense qu' automatiquement si on fait partie d' une entreprise qu' on est sous la supervision de la direction c' est un petit peu difficile d' aller uniquement dans l' intérêt de des employés sans suivre euh celle des dirigeants qui eux ben en général visent quand même le profit au maximum donc l' exploitation des gens et puis bon ben c' est mh c' est encore des questions que je me pose je me demande si si on va me permettre aussi de ben voilà de de donner une autre vision des des personnes et puis éventuellement de de changer la politique de l' entreprise mais ça ben je verrai plus tard euh et puis ben sinon c' est vrai que quand je suis arrivée ici ce que j' ai apprécié pour finir c' est que euh mes amorce mes préjugés sur euh la brousse euh neuchâteloise étaient faux déjà euh et puis que ben j' ai rencontré des tas de gens qui sont déjà euh de prime abord euh beaucoup plus agréables à ben euh ben à rencontrer quoi et il y a il y a une ouverture qui est complètement différente de Genève Genève on dit toujours que bon c' est international euh donc il y a du brassage culturel et tout puis c' est c' est vrai ça se voit euh on entend quinze langues différentes parlées en ville mais mais il y a comme une fermeture c' est bizarre c' est c' est à double tranchant quoi il y a comme une fermeture quand même de la part des genevois et même les les étrangers qui viennent là c' est comme si ils s' imprégnaient de cette fermeture et pour finir euh on on perd la richesse euh culturelle qu' on pourrait euh ben qu' on pourrait gagner euh de par ce mélange quoi le le melting pot puis puis voilà enfin ils restent un peu sur eux d' ailleurs on est un peu euh stigmatisés par les autres euh cantons mais c' est pas grave euh je le vis très bien et puis euh et puis voilà en arrivant à Neuchâtel ben ça m' a permis de ben déjà de changer de de style de vie dans le sens où je suis en collocation donc euh c' est beaucoup plus comment dire la collocation c' est une autre expérience donc euh je suis beaucoup plus libre je peux aménager mon temps comme je veux et caetera euh et puis j' apprends aussi à cohabiter euh ce qui est pas enfin ce qui peux être un outil pour plus tard et puis en plus ben c' est une petite ville euh qui est charmante euh on a un contact beaucoup plus privilégié avec les professeurs qui déjà nous reconnaissent dans la rue euh quelque chose que je connaissais pas enfin ouais qui se passait pas Genève euh on collabore euh dans les séminaires dans les projets euh le à chaque fois que qu' on a un travail euh à rendre ou un dossier caetera ben on voit chaque fois le le professeur avant ce qui était impossible pour quatre cents personnes à Genève puis du coup ben en dialoguant avec euh c' est-à-dire qu' on m- amorce même si c' est ce ça devient pas informel on lie un contact qui est quand même euh plus personnel euh avec eux puis c' est c' est agréable moi j' aime bien du fait que voilà je suis plutôt dans l' orientation personne quoi euh ben ça ça m- amorce ça me fait beaucoup de bien de d' avoir une petite classe qui me rappelle euh le collège euh et puis euh de ouais de vingt vingt-quatre personnes et puis de ouais d' avoir cette ambiance plus familiale en fait qui me manquait à à Genève et puis ben sinon point de vue études concrètement c' est clair que ça m ça m' apporte plus parce que c' est que c' est plus spécifique donc euh donc je vois on nous donne des outils des questionnaires euh on nous apporte des expériences des professeurs qui ont été sur le terrain faire des interventions en entreprise et tout on voit ce qui marche ce qui marche pas moi j' aime bien avoir une vision assez réaliste de de ce qu' on me propose donc si un prof me me présente juste les théories pour finir je dis ouais mais mais quoi c' est c' est c' est c' est du vent pour finir tant qu' on n' a pas essayé de l' implémenter on n' a aucune preuve que les gens vont l' accepter et puis que que ça va vraiment les aider puis je dirais que dans les dans les projets ben je ouais j' apprécie parce que justement on on a étudié par exemple les interruptions euh dernièrement et puis ben ça je trouve que plus appliqué euh il y a pas donc c' est vraiment un sujet qui moi me plait qui pourrait éventuellement déboucher sur un mémoire euh mais parce que je j' entends perpétuellement euh je sais pas ma ma mère elle travaille dans un cabinet médical euh elle elle est assistante médicale ben systématiquement il y a un patient qui rentre qui s' est trompé de porte ou bien euh un autre patient qui vient pour un rendez-vous la secrétaire est déjà au téléphone euh sur trois lignes euh le médecin vient pour euh pour savoir euh si monsieur Dupont a reçu son traitement je sais pas elle a ensuite faut qu' elle nettoie les instruments enfin elle me dit qu' il y avait vraiment des jours où euh ça explose enfin euh on a l' impression que tout le monde s' est passé le mot et puis je et puis je trouve jamais aucune entreprise qui qui fait des efforts pour euh justement soulager ses employés quoi et puis euh et puis j' ai bon j' ai été assez critique là dans dans dans les débats ou qu' on faisait parce qu' on a lu pas mal d' articles sur les interruptions puis je trouvais toujours que bon ça manquait de de réalisme en fait je trouve que il y a des gens qui ont plein de bonnes idées mais du moment qu' on part vers l' humain quand on met de côté les intérêts de l' entreprise subitement hop elle monte sur ses grands chevaux puis elle est moins prête à faire des sacrifices et puis à passer du temps pour eux et donc ça me paraît un peu incompatible alors j' aimerais voir si éventuellement dans mon mémoire je pourrais faire quelque chose qui euh qui soit utile plus tard quoi et euh et bon bah ça je j' en parlais avec un un professeur euh hier euh qui pourrait me superviser puis il me disait bon faut quand même rester objective du fait que un mémoire va pas changer la vie des gens et tout euh je suis un peu idéaliste parfois mais euh mais voilà c' est c' est une pile d' articles qui ensuite l' accumulation de voilà des connaissances et puis des idées va faire que on va éventuellement se dire ah ben ça quand même euh bougé ou changé euh bah la la manière dont les gens fonctionnent euh comment ils travaillent et puis ça les soulage donc on pourrait quand même faire un effort pour euh l' implémenter mais bon ben ça c' est encore à voir euh dans le futur quoi mais c' est c' est une euh c' est une idée que je voulais on a eu la présentation des des thèmes de mémoire la semaine passée et puis il y en a il y en a plein sur les émotions euh ah sur les interruptions sur euh l' influence du médecin sur le patient euh euh sa manière d' être et tout comment ça influence son état de santé euh bon les les émotions au travail mais il y a il y en a beaucoup qui restent tellement théoriques donc c' est ce sera un super article très joli dans le journal scientifique que personne va lire euh et et puis c' est ça que je trouve tellement dommage c' est qu' on n' arrête pas de nous de nous rabâcher que la théorie et la pratique sont deux branches distinctes qu' elles s' appr- amorce qu' elles s' apportent très peu mutuellement que je dis mais mince alors faites changer ça arrêtez de rester dans votre jargon professionnel euh parlez français et puis euh puis essayez d' entrer aussi dans l' optique de l' autre quoi donc euh je pense que la pratique ben en l' observant on on enrichit nos théories mais ensuite ben faut qu' on en fasse quelque chose quoi et puis euh puis il manque toujours ce lien de cause à effet euh donc euh donc je pense que les praticiens qui ont déjà peu de temps pour eux pour tout gérer euh ils peuvent pas se pencher sur le journal scientifique du mois pour euh pour comprendre comment ça marche et puis ils ont besoin d' aide externe euh pour euh pour euh modifier leur euh bah leur manière de travailler ça demande du temps de l' argent de l' énergie euh puis si on leur démontre pas que vraiment il y a un bénéfice pour eux parce que c' est ce qu' ils veulent hein euh sinon il n' y a pas de il y a pas de raison qu' ils changent bah jamais ils vont se poser la question ou se remettre en question donc euh donc c' est ça c' est un peu ce pont euh théorie pratique que j' aimerais faire avancer euh enfin j' aimerais un peu créer avec mon mémoire euh enfin euh à mon niveau quoi disons donc euh voilà je vais te poser une autre question euh en fait tu tu envisages donc d' être psychologue du travail je pense que c' est métier en Suisse euh est-ce que tu as déjà trouvé des terrains des terrains de stage est-ce que tu as déjà fait des choses déjà en entreprise