unine08a29m

Corpus:
OFROM (O)
Nom de fichier:
unine08a29m
Contact:
Mathieu Avanzi, Marie-José Béguelin, Frederica Diémoz
Résumé:
élu politique
Date d'enregistrement:
25/07/2008
Durée d'enregistrement:
00:15:03
Nature du signal:
audio
Qualité du son:
environnement peu bruité
Anonymization status (recording):
script Daniel Hirst
Niveaux d'annotation:
Annotation automatique
Identifiant:
unine08-rra, unine08-rrb
Âge:
inconnu, inconnu
Sexe:
M, M
Profession:
politicien, inconnu
Niveau d'études:
études supérieures, inconnu
Lieu de naissance:
inconnu, inconnu
Statut de l'annotation:
automatique
Type:
entretien
Secteur:
privé
Milieu:
politique
Modalité:
oral
Nombre de locuteurs:
2
Situation de l'enregistrement:
face_à_face
Sample address:
/annis-sample/ofrom/unine08a29m.html
Texte:
bien monsieur le conseiller national quels sont les sentiments que vous avez ressentis lorsque vous avez appris que vous étiez élu à ce Conseil national lorsque j' ai été élu au Conseil national j' ai éprouvé une multitude de sentiments tout d' abord un sentiment de fierté cela est bien normal tous les élus lorsque ils sont investis de certains pouvoirs ou lorsqu' ils accèdent à un poste auquel ils ont aspiré depuis quelques années éprouvent un sentiment de fierté ensuite aussi un sentiment de responsabilité euh j' éprouve aujourd' hui un sentiment de responsabilité à l' égard du parti qui m' a élu mais aussi à l' égard de la région dont je proviens votre première séance a été marquée par la la non réélection d' un d' un conseiller fédéral racontez-nous un petit peu l' ambiance à l' intérieur des chambres à à ce moment-là quel était le le sentiment général quel était-ce que l' ambiance était véritablement aussi lourde qu' on a pu le voir de de l' extérieur il est difficile en l' occurrence d' un de parler d' un sentiment au singulier euh plusieurs sentiments divers se sont manifestés lorsque Christoph Blocher puisque c' est de lui qu' il s' agit n' a pas été réélu au Conseil fédéral il y a eu d' une part je dirais à gauche de l' échiquier politique et parfois même au centre de ce même échiquier euh des manifestations de joie presque un peu décalées je dirais discutables pour le moins on a assisté par exemple à des embrassades et presque à des effusions de contentement et puis d' autre part euh par exemple sur les bancs radicaux se s' est manifesté une attitude de retenue et enfin euh pour ce qui est de l' UDC puisque Christoph Blocher appartient à ce parti et était soutenu par lui eh bien c' est la consternation qui dans le fond euh euh était le sentiment prédominant donc si on résume on peut dire que certains ont exulté au centre gauche de l' échiquier d' autres ont fait preuve de retenue il s' agissait notamment des membres du parti radical et c' est bien la consternation qui a caractérisé le sentiment général des membres de l' UDC qui plus particulièrement plus particulièrement je dois dire que je connais bien les institutions de notre pays je sais qu' autrefois de nombreux conseillers fédéraux n' ont quelques-uns en tous cas n' ont pas été réélus ou sachant qu' ils ne seraient pas euh élus en ont tiré les conséquences ont démissionné on cite aussi parfois le candi- amorce le le cas de monsieur Francis Matthey un candidat socialiste neuchâtelois qui en dix-neuf cent nonante-trois a été élu a demandé un temps de réflexion d' une semaine pour finir par renoncer au bénéfice de Ruth Dreyfuss qui à ce moment-là accédé au Conseil fédéral ce qui est arrivé par contre encore bien plus souvent c' est que des candidats officiellement présentés par des partis n' aient pas été élus le l' exemple le plus fameux que l' on puisse citer à cet égard c' est celui de dix-neuf cents septante-trois à ce moment-là les socialistes ont présenté un dénommé Arthur Schmid qui était à la fois parlementaire fédéral et conseiller d' état il n' a pas été élu euh c' est Willy Ritschard célèbre conseiller fédéral qui l' est devenu à ce moment-là euh les radicaux ont présenté euh un conseiller national qui s' appelait Henri Schmit lui non plus n' a pas été réélu par les gens puisque c' est Georges-André Chevalaz un vieux routier de la politique suisse qui a été élu et enfin le PDC avait présenté le tessinois Franzoni et c' est le zougois Huerlimann qui a été élu pour en revenir à mes sentiments je dirais tout simplement que que comme je soutenais la candidature de Christoph Blocher et que j' ai voté pour lui j' ai évidemment éprouvé une certaine déception depuis le calme semble être revenu c' est seulement en apparence ou c' est véritablement oui le calme euh est revenu du moins au niveau institutionnel le gouvernement fonctionne il est formé de sept membres suites de syllabes et chacun se retrouve à la tête d' un département point de vue des institutions euh nous sommes en navigation sur eau calme euh en haute mer par contre il est vrai qu' au niveau des partis politiques le calme n' est pas encore revenu et c' est vrai que l' UDC doit encore se définir face à cette euh situation politique nouvelle ce cette espèce de tremblement de terre a a provoqué des des réactions pas seulement dans les chambres mais aussi à l' extérieur chez le chez le citoyen normal qui a eu de la peine à à comprendre le fonctionnement de cette démocratie oui le citoyen ne sait pas toujours que ce sont les chambres fédérales c' est-à-dire le Conseil national et le Conseil des États euh qui élisent les sept membres du gouvernement euh beaucoup de nos concitoyens et de nos concitoyennes pensent que lorsque l' on euh n' accorde beaucoup de suffrages à un parti en l' occurence à l' UDC et notamment à son leader Christophe Blocher on enjoint les chambres fédérales d' élire ce candidat au Conseil fédéral ce que ne prescrit pas euh la Constitution ce que ne cris amorce prescrivent pas non plus les lois qui en l' occurrence s' appliquent mais il est vrai que Christoph Blocher est un cas singulier de la politique suisse euh l' UDC a recueilli c' était un record depuis l' introduction du système proportionnel dans notre pays en dix-neuf cent dix-neuf a recueilli euh vingt-neuf pour cent des suffrages c' est énorme en Suisse euh Christoph Blocher dépasse largement en notoriété et en sympathie qu' il attire ce seuil de vingt-neuf pour cent puisque on a souvent parlé à son sujet d' un taux de sympathie euh de la population à son égard à la hauteur de cinquant-six pour cent à peu près donc c' est vrai que il y a toute une partie je dirais même une partie importante de la population suisse qui n' a pas du tout apprécié sa non-réélection à tort ou à raison pour moi raison peut estimer à tort objectivement et bien on pense que Christoph Blocher au sein je parle de la population ici on pense au sein de la population que c' était un des meilleurs conseillers fédéraux sinon le meilleur il faut reconnaître qu' il a bien dirigé son département et qu' il a été créatif au niveau des idées qu' il a émises et on lui accorde on lui prête aussi euh un tempérament fort un tempérament euh qui est aussi euh enclin à une certaine cohérence donc c' est un c' est un être humain qui polarise et pour dire que au moins plus de la moitié de la population suisse a été fortement déçue de sa non-réélection donc une démocratie représentative qu' on peut dire euh soumise à quelques comment dire a quelques limitations quelques oui oui dans dans la perception du du peuple est-ce que est-ce qu' on peut continuer dans dans ce dans ce dans cette direction-là ou est-ce que cette démocratie représentative peut peut changer de direction d' abord il faut dire que la Suisse contrairement à certaines idées reçues ne vit pas suites de syllabes incompréhensibles au sein d' un système de démocratie purement directe euh notre système c' est bien celui d' une démocratie semi-directe notamment les membres du gouvernement comme j' ai déjà eu l' occasion de le dire ne sont pas élus par le peuple ils le sont par euh les chambres fédérales ça c' est déjà une limitation une première limitation à la démocratie directe mais il en est d' autres hein euh le peuple ne peut pas défaire toutes les lois ou tous les arrêtés euh qui sont pris par les chambres fédérales il ne peut notamment pas influencer non plus le Conseil fédéral lorsque ce dernier euh décide de des des des ordonnances qui relèvent de sa compétence le peuple n' a rien à dire au niveau des ordonnances donc euh c' est une ce sont des limitations extrêmement nombreuses qui restreignent les droits populaires d' ailleurs euh suites de syllabes un régime aujourd' hui troisième millénaire de démocratie purement euh directe est totalement inav- amorce inenvisageable euh avec une démocratie absolument directe et intégralement directe le système serait très rapidement paralysé il serait victime de blocages incessants mais malgré tout le peuple déserte les urnes de plus en plus oui le peuple désern- amorce déserte les urnes de plus en plus probablement que le premier facteur d' explication réside dans le fait que le peuple est consulté très souvent en Suisse au sujet euh des initiatives qui lui sont soumises ou des referendums euh qui lui sont soumis euh en moyenne le peuple suisse euh s' exprime à peu près cinq fois par an au travers des initiatives et des referendums sans compter les élections auxquelles elle participe euh on peut réduire à une ou par année et en moyenne le peuple suisse est appelé aux urnes cinq à six fois par année c' est-à-dire au cours d' une législature euh de quatre ans à peu près vingt-cinq fois c' est beaucoup et je pense que ce chiffre à lui seul explique euh pourquoi euh le peuple euh déserte parfois assez massivement les urnes en Suisse lorsque nous avons un taux de participation de cinquante pour cent nous pouvons nous estimer heureux suites de syllabes de surcroît il faudrait aussi dire que euh certains objets qui sont soumis à votation présentent un caractère technique euh suites de syllabes évident et extrêmement fort et cette dimension technique rebute parfois un certain nombre euh euh d' ayants-droit au vote vous faites partie de de l' UDC est-ce que on peut expliquer le le le succès de votre parti par cette phrase votez UDC vous serez entendu en partie oui euh je crois que l' UDC des quatre grands partis de Suisse maintenant on peut même parler de cinq puisqu' il y a l' UDC les socialistes les démocrates chrétiens les radicaux et les verts suites de syllabes vingt représentants au au Conseil national c' est donc devenu une force politique importante donc euh de ces cinq partis les plus importants sur l' échiquier politique de notre pays l' UDC quand même probablement celui qui se trouve le plus en osmose avec la population celui qui ressent le mieux les aspirations de cette population évidemment que voter UDC euh ne signifie pas encore que toutes les aspirations populaires seront traduites en réalité politique mais quand même euh L' UDC est un bon relais aux chambres fédérales euh pour euh traduire sous une forme politique adé- amorce adéquate les les les besoins du peuple les grandes aspirations du peuple mais j' aimerais aussi dire encore ceci qui est important j' insiste souvent euh là-dessus euh quand on parle du peuple encore faudrait-il s' entendre sur ce qu' est le peuple je pense de plus en plus qu' en Suisse mais aussi dans de nombreux pays occidentaux nous nous avons une coexistence de différents peuples en France par exemple on parle parfois de peuple de gauche de peuple de droite ça correspond à une réalité beaucoup plus grande en accord avec les fractures sociologiques on observe dans tous les pays par exemple euh l' habitant de la ville de Zürich grande ville à forte connotation urbaine et qui vote vert ou socialiste moi je ne sais pas si véritablement il fait partie du peuple au sens où l' entend l' UDC moi je préfère de parler de coexistence de différents peuples avec leurs cultures avec euh le le le le leur euh attachement identitaire avec leur représentation du monde qui à une époque où les repères s' effondrent les les repères traditionnels s' effondrent les uns après les autres euh euh ont tendance à s' éloigner de plus en plus les uns par rapport à aux autres ces peuples maintenant que vous êtes conseiller national l' homme a changé non je n' ai pas du tout changé absolument pas du tout euh je suis toujours le même j' entretiens avec d' autres les mêmes relations qu' avant euh tout au plus ce qui pourrait avoir changé c' est une facilité d' accès plus grande à la haute administration à certains médias ça c' est vrai mais je dirais que euh le relationnel intrinsèque c' est-à-dire le regard porté sur les autres euh l' amitié qu' on l' on peut avoir à l' égard de de plusieurs personnes tout cela ne change absolument pas nous ne sommes pas en étant parlementaire d' une extraction différente de ceux qui ne le sont pas euh loin de là non non pas du tout je n' ai pas changé depuis que je suis membre du Parlement fédéral ceux qui vous connaissent le mieux disent que vous êtes un humaniste c' est encore possible d' être humaniste au vingt et unième siècle alors que veut dire humanisme pour moi l' humanisme il recouvre deux réalités foncièrement différentes tout d' abord l' humanisme euh peut être euh considéré comme une philosophie euh qui attache une grande importance à l' être humain à ses souffrances à ses contradictions à ses aspirations de ce point de vue je suis un humaniste mais le mot ou le concept humaniste euh recouvre une autre réalité à laquelle je suis beaucoup moins moins rattaché l' humanisme c' est aussi cette philosophie qui a émergé surtout au dix-huitième siècle et qui est rupture totale par rapport à la transcendance par rapport à Dieu l' humanisme veut dire dans ce sens que l' homme doit se déterminer absolument seul sans référence supra-humaine et de ce point de vue-là je ne suis pas humaniste suites de syllabes incompréhensibles la question supplémentaire qui est posée est-il possible d' être humaniste au sens où je l' entends c' est-à-dire par la préoccupation portée à l' autre euh est-il possible d' être humaniste dans ce sens-là au début du vingt-et-unième siècle je dirais oui bien que le monde actuel soit de plus en plus déterminé par les impératifs économiques par l' envahissante technologie par la nécessité du rendement chose que je regrette infiniment je dis oui malgré tout nous devons faire un effort pour que l' homme reste euh placé au centre de nos préoccupations l' homme ne doit pas devenir euh l' esclave du système j' ai de plus en plus l' impression qu' il le devient qu' il devient comme euh un instrument au service d' un système alors que c' est bien l' inverse qui devrait être la réalité c' est bien l' économie c' est bien la société c' est bien la culture qui devraient être au service de l' homme et non pas l' inverse dans la prolongation dans le prolongement de de ça vers quelle genre de société-ce que ce qu' on se dirige hier on m' a posé dans le cadre d' une interview je c' est une interview de la télévision suisse alémanique la question suivante comment la Suisse sera-t-elle dans dix ans quel sera son